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Rôle des phares

Le navigateur veut, au moyen des phares, reconnaître à distance relativement grande la côte au voisinage de laquelle il se. trouve; au moyen des feux et fanaux de port, il veut à moindre distance repérer sa direction par des alignements.

i*. — Admettons que pendant 24 heures le navire ait tenu une route fausse à 1° près et qu'il ait fait 15 milles à l'heure (le mille marin, ou minute d'angle au centre à la surface terrestre, vaut 1.852 mètres). Il a donc parcouru en 24 heures 360 milles.

L'erreur d'un degré équivaut à une erreur de position de :

360x0,01745=6,28 milles.

On admet que l'erreur de route peut atteindre 10 milles et plus par chaque 24 heures à partir du dernier point astronomique. On voit donc l'utilité pour les feux dits de grand atterrissage (Ouessant pour la Manche, la Coubre pour la Gironde, Planier pour Marseille) de feux puissants qui remettent le navire sur sa route à grande distance du point d'atterrissage. D'où le problème d'une portée notable, même par temps relativement bouché.

Les feux devant toujours être vus à grande distance par rapport à leur élévation au-dessug* du sol ou de la mer, l'observateur se trouve sensiblement dans le plan horizontal passant par le feu : le flux lumineux doit par conséquent être concentré au voisinage du plan horizontal.

2°. — 11 faut que le marin reconnaisse aisément les feux devant lesquels il se trouve, d'où la nécessité de les diversifier. On peut les colorer : mais l'expérience montre qu'en dehors du blanc, seul le rouge est admissible pour de grandes portées; le vert et le bleu sont trop absorbés par l'atmosphère. Au surplus, par temps brumeux, les feux blancs virent au rouge. Les feux importants sont donc blancs; on réserve les couleurs pour les ports ou les feux d'alignement à distances relativement petites.

Les feux se classent en feux fixes (à intensité constante) et feux à éclats.

Les éclats sont réguliers (toutes les n secondes et pendant une

fraction de seconde, voisine de 0,2, le marin reçoit un faisceau lumineux), ou régulièrement groupés par 2, par 3, toutes les n secondes.

Les feux à occultations (feux fixes dont la lumière est périodiquement supprimée) ne sont plus employés; ils ont les inconvénients des feux fixes sans les avantages des feux à éclats.

Quand les éclats sont réguliers, la période est en général de 5 secondes. Quand les éclats vont par groupes de deux, la période est de 10 secondes ; les éclats ont lieu aux temps 0 et 2ft,5. Quand les éclats vont par groupes de trois, la période p est de 15 à 20 secondes; les éclats ont lieu, par exemple, aux temps 0, 3, 6;;, P + 3jP + 6...

De toute manière, le marin n'a jamais à déterminer la période; il lui suffit de compter le nombre des éclats rapprochés.

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