V. — Gloutikre pour clou de tapissier
Le clou de tapissier est à grosse tête de cuivre ronde et creuse, et à courte tige.
On part d'une bande de cuivre qui avance par saccades, subit l'action d'une poinçonneuse et fournit de petits disques percés en leur milieu.
Le disque glisse sur un plan incliné et vient reposer au centre d'un étau-enclume. Le (il de fer pour la tige est poussé dans la cannelure de l'étau et dans le trou central du disque. Un coup de marteau le rive au disque. Des couteaux font la pointe. On possède donc ainsi un disque plan qui constitue la tète d'une pointe de Paris. Une pince le prend et l'amène sous une presse à emboutir qui donne à la tête la forme hémisphérique. Tout ce travail est fait par une machine unique : les organes sont plus nombreux que dans la cloutière ordinaire, mais les opérations isolées sont aussi simples.
048 construction des instruments de mesure
?°. — Machines a épingles.
L'épingle ne diilere de la pointe que par le polissage plus soigné et l'apointage plus régulier; on la fait en acier ou en laiton, peu importe.
Pour obtenir une tête assez grosse, on la façonne en plusieurs fois, au moyen de quatre coups de marteau entre lesquels le fil avance d'une petite quantité. Il faut donc que l'étau soit desserré et serré quatre fois par période. Le marteau est une véritable bouterolle dans laquelle est creusé un trou hémisphérique dont rëtauenclume porte le complément.
Les couteaux coupent simplement l'épingle à la longueur voulue. La pointe est façonnée par une meule horizontale en acier de petit diamètre, de 30 cm. de longueur, contre laquelle les épingles, retenues verticalement par leur tête, sont appuyées au moyen d'une règle d'entraînement qui joue le rôle du pouce dans le procédé à la main (App., § 1). Dans son mouvement de va-et-vient, elle force les épingles à tourner autour de leur axe de figure et à présenter successivement tout leur pourtour à la meule. Pour obtenir la forme conique, la meule est animée (outre son mouvement de rotation) d'une translation de bas en haut.
2*. — Machines a épingles a cheveux.
Le fil en botte est dressé par son passage entre des galets, coupé de longueur et entraîné par des courroies sur des meules d'acier qui appointent les deux bouts. L'épingle est alors pliée par un poinçon, puis transportée par une chaîne sans fin (tapis roulant) dans un bain de vernis. Au sortir du bain, elle tombe sur une autre 'chaîne sans fin qui la conduit dans un tube de fonte de 2 mètres de longueur, chauffé à 200°, où le vernis est cuit et séché. En sortant du tube, les aiguilles sont reçues sur une troisième chaîne sur laquelle elles se refroidissent et qui les dispose en tas réguliers.
Nous avons ici un exemple de remploi des transporteurs sans fin (tapis roulants), dont l'usage comme chargeur et déchargeur de navires se généralise. Rien n'est curieux comme de voir dans un port un train se ranger à côté d'un tapis roulant, le minerai dont il est chargé, jeté sur le tapis et venant, de tapis en tapis, reposer dans la cale du navire à 300 mètres de là, sans que la main de l'homme intervienne.
De même, pour décharger le blé que les navires contiennent en vrac, une sorte de noria élève le grain à quelques mètres au-dessus du pont, le déverse sur un tapis roulant qui va le porter dans les wagons ranges le long du quai. Que ce soit des épingles, du minerai, du blé ou dos cacaoueltes, le procédé est le même.