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Canons de bronze

1°. — Modèle et moule.

Jusqu'au milieu du xix* siècle, les canons étaient coulés en bronze; l'Autriche môme utilise encore cet alliage.

Voici comment on opérait.

Pour obtenir le modèle, autour d'une poutre de sapin conique plus longue que la pièce, montée horizontalement entre pointes, on enroule une corde de paille (natte) dont le rôle sera de faciliter l'enlèvement du modèle hors du moule. Sur cette natte, on applique de la terre grasse mélangée de poudre de brique, de crottin de cheval,...; on la tasse à mesure et on la dessèche avec un feu de bois. On réalise ainsi approximativement le modèle. Pour le parfaire, on le tourne devant une planche convenablement entaillée servant de gabarit: on obtient ainsi un corps de révolution. On pose les anses, les devises, les armes (en cire). Enfin on fixe deux tourillons en bois. Le modèle est complet. On le dessèche, on le laisse refroidir et on l'enduit copieusement de suif.

Pour obtenir le morde (chape), on entoure le modèle de terre grasse et fine, mélangée de crottin (le suif empêchera l'adhérence au modèle); on continue le travail jusqu'à ce que la couche ait une dizaine de centimètres d'épaisseur. On sèche convenablement, puis on frelle avec des bandes de feuillard passées en long et en lar<ce.

Quand le moule est sec, on enlève les tourillons, puis la fausse

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pièce; c est facile, parce que la tige de sapin est conique (elle a de drpouillv) et ([ne la natte se déroule aisément. On chauffe Pintérie

la intérieur

du modèle : le suif fond et permet l'enlèvement par morceaux de la terre du modèle.

On remplace le modèle par un noyau réservant l'âme de la pièce. C'est un cylindre de fer recouvert d'une pâte de cendres desséchée et fixée avec du fil de fer.

2°. — On a construit séparément le moule de la culasse; on l'attache au moule de l'âme. On dispose généralement plusieurs moules semblables, côte à côte verticalement, culasse en bas, dans une fosse voisine du four de fusion. On comble la fosse avec de la terre tassée, de manière à constituer une espèce de bloc à la surface duquel on ménage les rigoles de coulée.

On a prolongé suffisamment le moule du côté de la bouche pour que le métal utile soit comprimé par le- métal en excès (masselotte). Après la coulée et le refroidissement, on scie la longueur en excès.

Le bronze (8 à 11 d'étain pour 100 de cuivre) est fondu dans un four à réverbère, construit en briques réfractaires, dont la sole est de niveau avec le haut de la fosse. Le chauffage se fait en amenant la flamme sur le métal. Quand l'alliage est bien liquide, on le remue, on le décrasse, on débouche le trou du fourneau : le liquide se précipite par les rigoles dans les moules.

} 3*. — On laisse refroidir quatre ou cinq jours; on déterre les moules, on les tire de la fosse et on les casse au marteau. On enlève le noyau, on coupe les bavures au ciseau (décrottage).

Pour donner le calibre à la pièce, autrefois on la suspendait verticalement sur un échafaudage au-dessus d'un énorme foret que des hommes faisaient tourner avec un manège. Aujourd'hui on emploie le tour.

Il ne reste plus qu'à ciseler les ornements (nos pères faisaient de leurs canons de véritables œuvres d'art) et qu'à percer la lumière pour la poudre d'amorce ou pour Vétoupille au fulminate. On préférait la pratiquer dans le milieu d'une masse de cuivre rouge bien martelé, placé dans le moule à l'endroit où doit être la lumière.

Je décris en détail cette technique bien que les canons de bronze aient à peu près complètement disparu, parce que la fonderie en bronze des grosses pièces est restée la même depuis toujours.

Qu'on mette statue à la place de canon, l'opération est actuelle.

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