Canons d'acier
i". — Les avantages du bronze ont maintenu son emploi jusqu'au milieu du xix" siècle, La fabrication est facile; les canons hors de service peuvent être refondus sans dépréciation sensible. Enfin, le bronze à canon est un métal doux : l'allongement avant rupture (déterminé sur une éprouvette cylindrique d'essai) est considérable (de 40 à 60 p. 100) : l'éclatement est à peu près impossible.
Malheureusement son peu de dureté rend le bronze inutilisable pour les pressions énormes que donnent les poudres modernes pyroxylées. On a essayé de l'écrouir par déformation (§ 14). Mais la
fabrication de l'acier (méthodes Martin et Bessemer) a fait de tels progrès dans les cinquante dernières années qu'aujourd'hui la plupart des canons sont en acier.
L'acier est coulé en un lingot auquel on donne l'homogénéité et Técrouissage voulus par un forgeage énergique au moyen de puissants marteaux pilons. On n'utilise que la partie centrale du lingot, les extrémités étant généralement moins homogènes. Le martelage n'est considéré comme suffisant que s'il réduit dans un rapport déterminé le-diamètre du lingot.
Le forage s'effectue sur des tours proportionnés à la dimension du tube à obtenir ; quelques-uns sont gigantesques. Dans certains cas, le tube foré est trempé (c'est-à-dire chauffé et refroidi brusquement), puis recuit. On procède enfin à un alésage qui amène les dimensions intérieures et extérieures aux valeurs fixées.
L'impossibilité de marteler à cœur des lingots de trop grand diamètre oblige le plus souvent à entourer le tube de tubes extérieurs, de frettes,... qui augmentent la résistance.
2°. — Classification des canons. Rayures.
Les canons se divisent en trois catégories d'après leur longueur relativement à leur diamètre. S'ils ont plus de 20 diamètres (calibres), ce sont des canons proprement dits, destinés au tir à grande distance avec trajectoire tendue. La vitesse du projectile au sortir de l'arme est considérable ; elle atteint et dépasse 600 mètres à la seconde. Entre 10 et 20 calibres, on a les canons courts ou obusiers. Au-dessous de 10 calibres, on a les mortiers, destinés à envoyer relativement près des projectiles relativement gros : on les utilise sous des angles pouvant atteindre 45°.
LV//WC du canon comprend trois parties : la chambre, qui est limitée à l'arrière par la culasse et où se trouve l'explosif; la partie rayée, dont le diamètre est un peu plus petit; enfin le cône intermédiaire de raccordement. Le calibre du canon est le diamètre de Y inné compté entre les sommets de deux cloisons diamétralement opposées; les cloisons sont les parties proéminentes séparant les rayures.
Le projectile porte ordinairement une ceinture de métal doux; elle est forcée dans les rayures par la pression des gaz résultant de l'explosion. Une espèce de filetage est ainsi créé : d'où le mouvement de rotation nécessaire à la stabilité.
La pression maxima est de l'ordre de 2 000 à y 000 atmosphères. Les rayures sont nombreuses et peu profondes. Pour fixer les idées, dans les gros canons de marirîe leur inclinaison, nulle au départ, est de l'ordre de 7° à la bouche.
8, Fabrication des billes pour bicyclettes et autos.
I'\ — La fabrication des billes d'acier a pris, dans ces derniers hMnps, une extension considérable, en raison de leur emploi dans 1rs roulrments et coussinets a billes. C'est un bon exemple d'emploi successif sur le tour d'outils ébaucheurs, finisseurs et coupeurs.
FABRICATION DE QUELQUES OBJETS USUELS &sl
On part d'une barre cylindrique d'acier qui tourne. Elle s'avance automatiquement d'un peu plus du diamètre de la sphère à obtenir. Des outils viennent alors la travailler, successivement et automatiquement. La sphère est d'abord grossièrement façonnée par les deux premiers agissant en face l'un de l'autre, ébauchée par les seconds, finie par les troisièmes, détachée par les quatrièmes. Les outils de U troisième paire ont une section demi-circulaire.
Les billes sont polies entre deux plateaux d'acier. L'un d'eux est creusé d'une rainure ondulée pour forcer les billes à présenter toutes leurs faces au polissage. On interpose de la poudre d'émeri.
Les billes sont trempées à l'huile. On les trie en les faisant rouler sur deux rails convergents disposés au-dessus de récipients où elles se classent automatiquement. On les polit au rouge d'Angleterre entre deux plateaux de bois dur.
Cette fabrication est susceptible d'une infinité de variantes.
Voici un dispositif inté- / reBsant de meulage. La bille B s'appuie contre les bords des plateaux P/Tixe et Pm tournant; elle est entraînée par le plateau Q
tournant et subit l'action m
de la meule M. Pour la forcer à tourner dans tous
les sens, l'axe AA du sys- Fig. 22.
tème est excentré.
2°. — ■ Voici un bon exemple d'emploi du laminoir.
La barre d'acier, chauffée au rouge dans un four à l'abri de l'air, passe dans une série de trois laminoirs dont les cylindres sont creusés de manière à ébaucher, à finir et à couper les billes : et il ne reste plus qu'à les polir.