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Jet de sable

f, — Le principe de la méthode est simple. Par un procédé quelconque du sable est mélangé avec de l'air sous pression qui sort par un ajutage; les grains prennent une grande vitesse; reçus par

la surface d'un corps, ils y creusent un petit trou si l'incidence est normale, un sillon si elle est inclinée.

Le sable type pour l'opération précédente est connu sous le nom de sable de Fontainebleau. C'est de la silice à peu près pure; il est exempt de matières terreuses et d'argile; les grains sont anguleux; il crie sous la main. Il doit être parfaitement sec. On peut lui substituer la poudre de carborandum ou de la poussière de fonte préparée par projection dans l'eau froide qui trempe la matière.

A l'air sous pression on peut substituer la vapeur sèche. II est impossible de dire quelque chose de général sur la pression nécessaire : suivant les appareils et les circonstances, elle varie de 0,4 à 7 kilogs par cm*.

Un des procédés employés pour mélanger l'air et le sable consiste à produire une aspiration au moyen du jet d'air et à faire converger le sable dans le jet (Gg. 32).

Le mélange ne s'effectue qu'en dehors des tubes. Parfois le tube extérieur se prolonge : mais alors l'action érosive se produit violemment sur son extrémité; il semble cependant plus avantageux de changer ce nez (ou buse) quand il est usé, que de le supprimer. On le fait en fonte grise dure.

La figure 32 en bas représente un système à aspiration de sable qui rappelle l'injecteur Giffard.

2°. — Applications.

Le jet de sable sert au nettoyage des pièces de fonderie, des coques de navire en fer et en acier, des plaques de blindage. Avec lui on enlève les vieilles peintures et les souillures des ponts et charpentes en fer; on désable (§ M) les pièces de fonte.

Il sert à dépolir le verre. A ce propos, voici des remarques intéressantes. Le sable agit d'autant plus que la matière sur laquelle il bute est plus dure, plus capable de fournir des éclats. D'où résulte qu'on protège efficacement le verre avec des patrons en celluloïd, en ébonile,... qui sont à peine attaqués. Le sable agit dans les vides laissés par le patron.

On utilise encore comme réserve des vernis qui sèchent, ne sont pas attaqués par le sable et s'enlèvent par lavage. On préconise le caoutchouc en solution, le bitume de Judée, le mélange de dextrine et de glycérine.

Le jet de sable sert à marquer les bouteilles, à effacer les pierres lithographiques (voir mon Cours sur la Vision,..), à rendre mates

Fitf. 32.

(mater) les surfaces des bijoux, à ornementer les porcelaines et faïences, etc., etc.

On l'utilise aussi (c'est un emploi qui tend à se généraliser' à réaffûter les vieilles limes. Nous savons que les limes se font à la main. Elles s'usent vite ; elles ne durent qu'une dizaine d'heures de travail continu. Pour les refaire, on les détrempe, on les meule et on les retaille. Le jet de sable permet de les recreuser sans avoir à les détremper.

42. Théorie du finissage. Cirage des souliers et des parquets.

1*. — Dans l'opération du polissage, l'idée la plus naturelle est de considérer le finissage (polissage proprement dit) comme ne différant du dégrossissage que par la grosseur des grains de l'abrasif. On substituerait des sillons invisibles à des sillons visibles. Osmond et Cartaud croient celte opinion insuffisante. Ils posent que la couche superficielle obtenue par polissage est d'une autre nature que les couches profondes. Ils appuient leur opinion sur la persistance du dégrossissage sou,? le polissage.

On attaque une surface métallique polie par un réactif; pour une action ni trop peu ni trop poussée, on aperçoit les raies du dégrossissage auparavant invisibles. L*n bronze chauffé aux couleurs de revenu est moins beau qu'avant le chauffage : l'oxydation révèle, par la différence des colorations, les stries de dégrossissage.

Poinçonnons une tôle d'acier; nous faisons apparaître des lignes de déformation permanente. Effaçons-les par un polissage. Déformons la tôle : elles réapparaissent.

Estampons à froid avec des lettres une barrette d'acier; effaçons les empreintes à la lime, repolissons : une compression générale rend les lettres lisibles.

•J*. — Ces expériences sont très inégalement probantes. Elles s'accordent toutefois avec la théorie, qui n'est pas neuve pour les pfii/siriens, de l'existence d'une tension superficielle à la surface des métaux. Le frottement rend les molécules superficielles mobiles, leur facilite le bouchage des sillons, la diminution de la surface libre (c'est la définition même de la tension superficielle), la réalisation d'un plan ou d'une surface quasi géométriques, l'obtention du poli spéculaire qui en est la conséquence.

Voilà pas mal d'années que Brillouin invoque la tension superficielle des solides pour expliquer l'impossibilité d'obtenir un tranchant géométrique : la tension exercerait une pression infinie sur >■•• tranchant et l'écraserait plus ou inoins. L'impossibilité d'obtenir un sillon extrêmement fin, c'est-à-dire de courbure extrêmement grande, résulte du même raisonnement. Le polissage sr ferait donc automatiquement, l'abrasif ne servant qu'à secouer les molécules, à leur donner une mobilité suffisante pour qu'elles obéissent aux forces superficielles.

Dans ces conditions, le dégrossissage peut subsister sous le polissage; ses sillons ne sont pas arasés; ils ne sont que bouchés. Or, après dégrossissage la matière est plus ou moins écroule, c'est-àdire transformée (§ 14); la matière de remplissage, tout en ayant même constitution chimique centésimale que le substratum, n'est pas exactement dans le même état; elle réagit différemment sous l'influence des réactifs et des déformations : d'où l'explication immédiate des expériences citées.

,y>. — Osmond s'appuie sur les propriétés particulières de la couche superficielle réalisée par le polissage pour expliquer la soudure par simple contact de deux corps dont l'un au moins est poli.

Il rappelle à ce sujet les curieuses expériences de Spring.

Spring dresse des surfaces planes (argent, cuivre, zinc, plomb, antimoine) en découpant au tour de précision une section droite dans des cylindres de 2 cm. de diamètre sur 5 cm. de hauteur. Les surfaces absolument fraîches sont appliquées l'une sur l'autre; on chauffe très au-dessus du point de fusion ; en douze heures les cylindres se soudent au point de ne former qu'une masse unique. Si les métaux sont de même nature, le joint disparaît; sinon, il se forme un alliage. Le cuivre et le zinc donnent du laiton sur une épaisseur de 0,25 mm. Le couple étain-plomb s'allie sur une épaisseur de (> mm. Puisqu'une telle mobilité est expérimentalement démontrée, on ne trouve aucune difficulté à admettre le glissement et la régularisation de la couche superficielle sous l'influence des frottements qui font nécessairement vibrer les molécules comme un archet fait pour une corde.

Que la couche ainsi obtenue soit dans un état particulièrement apte à la diffusion, devient également admissible.

'i°. — GlRAGK DES SOULIERS ET DES PARQUETS.

Cette théorie du polissage s'applique exactement à l'opération vulgaire du cirage (des souliers et des parquets).

Le cirage des meubles et des parquets s'obtient avec de Vencaustique (solution de 500 gr. de cire jaune fondue dans 1.000 d'essence de térébenthine). On étend avec un linge ou un pinceau. Le brillant résulte du frottement par un chiffon de laine. On peut admettre que, sous Faction du frottement, les molécules superficielles obéissent aux forces dites capillaires : d'où l'obtention d'une surface géométrique et du poli spéculaire.

Dans l'encaustique, l'essence n'intervient que pour faire pénétrer la cire dans les petites cavités; elle permet une égalisation plus facile; puis elle s'évapore. Pour cirer les parquets, on peut se dispenser de dissoudre la cire : on frotte directement le parquet avec un morceau de cire tenue au bout d'une longue pince en bois, puis avec une brosse dont on se chausse, ou qu'on manœuvre avec un bâton; dans ce cas il faut la surcharger d'un poids d'une dizaine de kilogs. On pourrait aussi bien faire reluire avec une brosse circulaire mise en mouvement par une petite dynamo.

TRAVAIL PAR VSt'RE. — RODAGE SA

La théorie du cirage des souliers est analogue. Sur le cuir jaune on étend un encaustique contenant de la vaseline et de l'huile de ricin pour maintenir le cuir souple. On fait briller avec un chiffon de laine. Le cirage noir a pour éléments fondamentaux :

iu, 2 litres;

mélasse, 2 kilogs.

noir, 2 kilogs.

plus des traces d'acide sulfurique, de noix de galle et de sulfate de fer. On fait briller avec une brosse.

Travaux divers par rodage et usure.

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