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Obtention d'un plan

Les seules surfaces applicables Tune sur l'autre absolument (c'està-dire dans tous les sens) sont les sphères de même rayon, par suite les plans.

Conséquemment, si Ton frotte l'un contre l'autre deux corps jusqu'à ce qu'ils Fir s'appliquent exactement

fe* dans tous les sens, on ob-

tient deux sphères de même rayon. La difficulté technique est précisément d'obtenir cette application par une pression bien uniforme. La réalisation d'un plan est un cas particulier de celle d'une sphère.

/°. — Marbres industriels.

Précisons le problème à propos des marbres et tables à tracer. Un marbre est un plan de fonte ou d'acier. On le dresse comme il est expliqué ci-dessus pour une règle : on le rode sur un autre marbre. On obtient alors généralement une sphère. Aussi procède-t-on par série de trois Mh M2, M3. On rode Mj sur M2, puis sur Ms. On corrige M2 et M,, par rodage l'un sur l'autre, puis M, par rodage sur l'un des autres,. ..jusqu'à ce que les trois surfaces s'appliquent exactement Tune sur l'autre : elles ne peuvent être alors que des plans. La ligure 34 représente un marbre à poignées pour dresser les tiroirs.

;'°. — Pierres litiiographioves.

Le procédé de rodage par séries de trois n'est employé que pour les pièces dont la planéité quasi parfaite est nécessaire. Dans bien des cas, on se contente de roder deux pièces l'une sur l'autre; l'ouvrier vérifie la planéité avec une règle; il parvient à supprimer la courbure quand elle existe, en exerçant des pressions convenables

Par exemple, la lithographie utilise des pierres de grain très fin

généralement calcaires. On les débite en tables plus ou moins grandes et épaisses : il s'agit de les polir.

On place une pierre sur une table horizontale (table à grainer); on tamise dessus du grès très fin, on mouille et on applique une seconde pierre à peu près de mêmes dimensions, qu'on promène eu la tenant par deux angles opposés. On imprime à cette pierre tantôt un mouvement de translation, tantôt un mouvement de rotation, en variant le plus possible. On use ainsi peu à peu les surfaces des deux pierres.

Lorsque le grès forme de la boue, on lave les pierres et on recommence après avoir mis dessus la pierre de dessous. Après six ou huit grès et retournements, les pierres sont dressées, ce qu'on vérifie avec une règle.

Pour polir, on procède de la même manière avec du sable de plus en plus lin.

L'opération est longue et difficile. On est forcé de dresser et de polir à nouveau la pierre chaque fois qu'il s'agit d'effacer un dessin [voir mon Cours sur la Vision...).

Second exemple : voici comment les graveurs obtenaient euxmêmes leurs planches, au temps où l'on se servait de ses mains.

La planche de cuivre rouge (de 2 a 4 mm. d'épaisseur) est grossièrement forgée et planée, à froid et au marle.au, par un chaudronnier; le métal est durci par ce traitement. Pour la polir on se sert d'un morceau de grès en arrosant avec de l'eau. On a le soin de passer le grès dans tous les sens. Quand les principales inégalités ont disparu, on substitue au grès la ponce, puis le charbon, toujours en arrosant d'eau. Ce charbon est obtenu avec des grosses branches de saule écorcé, coupées et mises dans un fou de charbon de bois, avec d'autre charbon et de la cendre dessus et dessous pour éviter le contact de l'air. La carbonisation demande deux heures environ. Pour terminer le polissage on se sert d'un brunissoir, outil d'acier de forme arrondie, qu'on frotte sur la surface avec interposition de quelques gouttes d'huile.

.V". — Polissage mécanique.

Tous les dressages et polissages donnent lieu aux mêmes opérations. Mais ce qu'il est possible de faire à la main pour des pierres lithographiques, deviendrait trop long et trop coûteux pour les plaques de marbre et pour les glaces : il faut procéder mécaniquement. Nous allons retrouver les deux mouvements de translation et de rotation; le polissage est toujours le résultat d'un mouvement épicycloïdal.

Par exemple, la glace (ou le marbre) est posée sur une plaque horizontale animée d'un mouvement île rotation. La pièce qui sert à la polir (appelée parfois moellon et ordinairement de la mémo matière), qui est beaucoup plus petite, est animée d'un mouvement alternatif, de manière à parcourir toute la surface de la première.

Parfois c'est la pièce à polir GG qui est placée sur un chariot Y

animé d'un mouvement alternatif de translation; le moellon M est monté sur un axe vertical tournant A, axe qui est lui-même au bout d'un bras horizontal B tournant autour d'un second axe vertical A'. Les courroies C et C transmettent les vitesses. En déplaçant le bras B autour de A', on peut amener le moellon .dans telle partie de la plaque à polir qu'on désire.

Le nombre des combinaisons mécaniques analogues est infini; Dans tous les cas, le moellon doit être équilibré de manière que dans toutes ses positions il exerce la même pression.

4°. — Dressage d'une surface optique.

Quand on se propose d'obtenir un miroir optiquement plan de 2 mètres de diamètre (§ 183), on n'opère pas autrement,, à cela près que les glissières sont aussi parfaites que possible.

La masse de verre de 30 cm. d'épaisseur (pesant 3 tonnes) repose

V777777777777777777/7/M7/77777777MmmW

Fig-. '3ï bis.

sur un plateau horizontal mobile autour d'un axe vertical et faisant uniformément deux tours et demi par minute. Au-dessus sont disposées deux glissières parallèles et rectilignes à 0,1 p près (c'est le constructeur qui le dit).

Elles ont 2m,40 de long et ont été rodées sur deux règles de même longueur (§ 43). Sur ces glissières fixes glissent deux glissières mobiles supportant le plateau rodoir (moellon) auquel on impose un mouvement alternatif. 11 fait une oscillation environ par tour du plateau. Pour supprimer les flexions des glissières, les trois quarts du poids du rodoir sont portés par quatre galets qui roulent sur deux rails de fer et sont liés au rodoir par des ressorts (§ 61).

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