Couteaux. Rasoirs
i'- — Un couteau se compose de trois parties : la lame, Y embase et la soie. La soie est ce qui entre dans le ..' .-' manche; l'embase est le renforcement qui sépare la lame de la soie. Jadis le couteau était obtenu à la forge et au marteau; aujourd'hui on se sert d'un laminoir {S 17) dans les cylindres duquel sont creusées les deux parties du moule. On présente au laminoir une baguette d'acier chauffée au rouge; il restitue un couteau qu'il faut ébarber, tremper, recuire, polir, aiguiser. {Voir l'Appendice III.) •] La trempe est l'occasion d'une infinité de
.' 1 recettes sur lesquelles il n'y a pas lieu d'in-
*/ ', sisler; il faut chauffer au-dessus d'une certaine
Fig. «. • " température et refroidir assez brusquement.
Le recuit se fait de jour en jour plus scientifiquement, c'est-à-dire avec uue détermination plus précise des températures.
La couleur que prend l'acier quand on le chauffe est, du reste, un signe excellent de la température atteinte îjj 70).
Le polissage et l'aiguisage sont obtenus à la meule. 2". — IUsoius.
Une lame de rasoir vue en coupe est un triangle isocèle dont la base est à peu prés le quart des longs côtés. Généralement les faces sont évidées comme le représente (avec exagération) la partie droite delà figure 41. Cette forme est due au meulage avec une meule dont le rayon de courbure est précisément celui de la concavité. Sur une laine de coupe triangulaire donnée, on réalise ainsi un tranchant d'autant plus aigu, mais d'autant moins solide, qu'on diminue davantage le rayon de courbure de la meule.
J'our affûter un rasoir on utilise une pierre de grain très fin, plane
TRAVAIL PAR DIVISION r,;,
el huilée. Le rasoir est placé à plat sur la pierre dont la surface serait figurée en AH.
On forme «Jonc simultanément un biseau sur le dos H et sur l'arête ■lu rasoir; pour que ce dernier biseau ait une inclinaison convenable, on donne au dos à peu près le quart de la largeur de la lame. A mesure que la laine en s'usant diminue de largeur, il est par suite bon que son dos s'amincisse.
Le cuir sur lequel on frotte le rasoir en adoucît le fil : il supprime les dents de la scie microscopique formée par l'arête. On enduit le cuir de rouge d'Angleterre, généralement d'abrasifs qui polissent les biseaux en atténuant le tranchant de l'outil. Dans les rasoirs pour tuivrotomes (voir plus loin), une des faces est maintenue plane.