Vis à droite, vis à gauche
1°. — La vis à droite est celle qu'on enfonce en tournant le tournevis dextrorsum (dans le sens des aiguilles d'une montre dont on regarde le cadran). La vis à gauche est celle qu'on enfonce en tournant sinistrorsum la tête du tournevis. Une tige filetée est à droite ou à gauche indépendamment du bout qu'on regarde.
Au point de vue symétrie, une tige filetée indéfinie possède une infinité d'axes binaires normaux à l'axe du cylindre générateur de la vis. On la restitue identique à elle-même par rotation de 180° autour d'un quelconque de ces axes ÂA.
Les vis ordinaires sont à droite [tire-bouchon). Dans certains cas, on doit employer des vis à gauche, par exemple pour le filetage et les écrous qui empêchent les roues de voiture de quitter leur axe. Il faut que la roue, dans sa rotation, tende à serrer son écrou. Le lecteur vérifiera aisément que le filetage du bout droit de l'essieu (on suppose que l'observateur regarde le cheval) doit être à droite (fi g. 98); le filetage du bout gauche doit être à gauche.
\)0. — Dans sa rotation sur le tour, la pièce à fileter se déplace de haut en bas du côté du tourneur, pour que l'outil qui la reçoit résiste en pressant sur le banc du tour. D'autre part, la poupée fixe P est à gauche du tourneur. D'où résulte que pour le filçtage d'une vis à droite, le burin doit aller de droite à gauche, c'est-à-dire en se rapprochant de la poupée fixe.
C'est l'inverse pour le filetage d'une vis à gauche. La vis mère du tour est généralement une vis à droite. D'où résulte que pour le filetage d'une vis à droite, elle doit tourner dans le même sens que l'arbre principal du tour; elle rapproche le chariot de la poupée lixe, ce que nous venons de voir nécessaire* Dernière remarque : dans l'entraînement de deux roues dentées
adroite
à gauche Fibr. 97.
VIS ET REGLES GRADUÉES IIS
parallèles, le sens de rotation des arbres change. Donc à partir de l'arbre principal jusqu'à la vis mère, le nombre de roues dentées du train doit être impair pour le fdetage des vis à droite, pair poulie filetage des vis à gauche.
Ce nombre est généralement de 5 pour le filetage à droite, dont quatre roues changeables pour obtenir les divers pas.
Pour le filetage à gauche, on introduit entre deux roues une sixième roue ayant même pas que l'une de celles avec lesquelles elle engrène : on modifie ainsi le sens de la rotation de la vis mère, sans toucher à sa vitesse y\g. m.
angulaire relative par rapport à l'arbre principal du tour; autrement dit, le pas reste le môme.
83. Obtention d'une vis d'après sa définition : taraud de charpentier.
1". — Dans ce qui précède nous obtenons des vis par copie; la question se pose donc de savoir par quel moyen on peut obtenir une
Fig. 99.
vis mère. A ce propos je décrirai l'outil connu sous le nom de taraud du charpentier : la vis est obtenue en partant de sa définition même. On veut creuser une vis sur un cylindre de bois que nous supposons tourné bien rond et bien cylindrique. Sur une feuille de papier i%. 99), on trace des lignes parallèles équidistautes a A, bB..., dont 1 éejuidistance égale le pas désiré. On l'enduit de colle de pâte et on la colle sur le cylindre, de manière que toutes les Iiynes coïncident entre elles, une ligne venant dans le prolongement de la suivante, comme l'indique la figure 99 à droite. Le lecteur exécutera l'opération pour se rendre compte (sans coller, bien entendu; ; il apprendra «qu'est une vis simple, double, triple,... en mettant une ligne dans
lie. COXSTBVCTlO.y DES IXSTRVME.XTS DE MESURE
le prolongement, non plus de la suivante, mais de celle qui vient après,... et ainsi de suite. Le papier peut sans inconvénient (s'il est mince) être plus large qu'il n'est nécessaire pour faire un tour complet dii/cvlindre. On laisse sécher.
2°. — Falsse vis.
Pour obtenir un guide hélicoïdal {fausse vis), on utilise une scie « dossier (lame de scie dont la monture est une règle de bois R creusée d'un trait de scie, par suite ne laissant dépasser la lame que de la profondeur du trait à obtenir). On scie dans le cylindre à une profondeur de 5 à 10 mm.
(selon le diamètre), en suivant exactement le trait Fig. îoo. du papier. On creuse ainsi
une hélice.
Il ne reste plus qu'à monter le cylindre dans un fût F (fig. 100) percé d'un trou de même diamètre et fixé sur l'établi. Deux lames d'acier, solidement vissées sur les faces d'entrée et de sortie et pénétrant dans le trait hélicoïdal, servent de guide. Quand on fait tourner la vis au moyen de sa tête T, elle avance proportionnellement à la rotation. On conçoit que la fausse fis serve de support à un grain d'orge (fixé diamétralement) et permette de fileter des écrous.
On a donc réalisé un véritable taraud, I |
le taraud des charpentiers.
,9°. — Filetage d'une vis a la main.
Recommençons l'opération précédente, mais traçons sur le papier (à l'encre rouge pour éviter la confusion) des traits intermédiaires (interrompus sur la figure *J9. Collons comme précédemment : nous obtenons une double vis (l'une noire, l'autre rouge). Scions suivant les deux
traits; puis, avec un ciseau et un mail- Fig. loi.
let, enlevons le bois qui se trouve entre
le trait noir et le rouge voisin. H ne reste plus qu'à polir le filet, ce
qu'on fait commodément en montant la vis sur un tour.