‹ Construction et aménagement des salles d'asile et des maisons d'écoleChapitre 10 sur 223 · supérieure à · texte numérisé non relu

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Transportons une des classes-types qu’indique le règlement, au rez-de-chaussée d’une maison bordant la rue,

et, sans tenir compte de l’épaisseur des murs ni de la hauteur des tables, recherchons si, dans cette classe représentée en coupe par le rectangle ABCD, le point A reçoit la lumière directe du ciel.

Dans ce but, mesurons à partir du point B des distances de 7m.80, 9"'. 75 et 20 mètres, et aux points G, H et I ainsi déterminés, élevons des verticales mesurant respectivement llm.70, 14”. 60, 17”. 55 et 20 mètres, puis par les points K, L, M et N ainsi obtenus, menons des horizontales; enfin prolongeons la verticale GK jusqu’en O. Nous obtenons alors une sorte de gradin JKOLMPN; la prolongation de l’oblique AO se trouve entièrement sous ce gradin, jusqu’à l’abscisse 24; le point A ne verra donc le ciel que si la classe est située sur une avenue d’une largeur supérieure à 24 mètres.

Passons au premier étage et supposons qu’on ait sacrifié le rez-de-chaussée pour d’autres services et que le plancher soit à 4 mètres au-dessus du sol; la classe sera figurée par le rectangle CDEF. Sauf une exception pour les rues dont la largeur est comprise entre 6 et 8 mètres, ce n’est qu’à partir de la largeur de 14”. 20 qu’il parviendra une parcelle de lumière directe en D, et encore avons-nous négligé les lucarnes qui peuvent s’élever au-dessus de la hauteur accordée pour les façades des maisons. Même sur un boulevard de 20 mètres, l’éclairage d’une classe située au premier étage sera compromis. On voit donc qu’il ne sera pas toujours possible dans les villes de « disposer d’un jour suffisant » pour permettre l’emploi de l’éclairage unilatéral; heureux si l’on parvient toujours à obtenir assez de lumière au moyen de baies percées dans les deux faces.

Pour que l’éclairage soit véritablement bon, il faut au moins faire voir le ciel à travers les impostes aux quelles nous donnons une hauteur de l mètre; on

ECLAIRAGE DU SOIR

obtient ainsi, non plus les obliques AG et DF, niais AG' et DF' qui démontrent qu’à Paris une classe de 6 mètres, au rez-de-chaussée, ne sera vraiment claire qu’en face d’un espace libre large de 30 mètres; au premier étage, il faut encore une avenue de 25 mètres, plus large que bien des boulevards.

ÉCLAIRAGE DU SOIR

Les principes généraux qui règlent l’éclairage diurne sont évidemment applicables à l’éclairage de nuit. Il faut beaucoup de lumière, il faut éviter les ombres qui gênent la lecture ou l’écriture ; beaucoup de personnes affirment qu’il convient de faire prédominer le jour de gauche, ce qu’il est plus facile d’obtenir avec l’éclairage artificiel que pendant le jour.

L’éclairage par lampes à lmile avait le grand avantage de donner une lumière douce et égale ; malheureusement on y substitue presque partout l’éclairage au gaz, par raison de commodité, d’économie, de propreté. Celui-ci a le grave inconvénient de fournir une lumière crue et tremblotante ; c’est à ce désavantage qu’il faut surtout essayer de remédier.

Le bec nu doit être absolument rejeté, car la flamme est sans cesse vacillante ; il doit être garni d’une cheminée qui donne à la flamme beaucoup plus de stabilité, en même temps qu’elle devient plus blanche et plus éclairante. Les réflecteurs blanchis à l’intérieur contribuent à augmenter la quantité de lumière et à en améliorer la qualité.

Depuis quelques années on fait usage de cheminées en verre dépoli ; ou bien on place à la base de la flamme un écran en verre dépoli, dont la forme est celle d’un cône renversé. Bien que M. Liebreich soit ennemi de cette disposition, disant que le verre dépoli diffuse la lumière dans tous les sens, que les écrans donnent un éclairage indécis, et, s’ils sont en face de l’œil, sont éblouissants et nuisibles, il semble que l’usage se prononce en leur faveur, et ce fait nous semble facile à expliquer.

Dans les objections de M. Liebreich, il y a d’abord contradiction. Si le verre dépoli diffuse et disperse la lumière, ce qui est très vrai, il s’ensuit que la lumière passant par ce verre sera bien moins éblouissante que celle de la flamme nue: au lieu d’un point très lumineux, on a alors une surface éclairante, et l’éclat de cette surface est d’autant moindre que la surface est plus grande ; en ce sens les cônes renversés nous paraissent préférables aux simples cheminées en verre dépoli.

Ensuite on ne voit pas très bien pourquoi une lumière diffuse serait nuisible, ni pourquoi le verre dépoli employé pour l’éclairage au gaz donnerait un jour plus indécis que celui de la flamme nue du gaz.

Supposons d’abord que l’on disposât d’un seul foyer lumineux ; plus ce foyer serait réduit en surface, plus l’éclairage serait franc ; le type de cet éclairage est celui du foyer électrique qui se réduit à un point ; les ombres sont alors d’une grande netteté, d’une franchise parfaite, la lumière n’est nullement indécise; ce qui, par parenthèse, ne prouve pas que cet éclairage soit le meilleur, tant s’en faut. Je ne crois pas que personne se soit avisé de soutenir que ce soit là l’éclairage modèle pour une salle de lecture. Un seul foyer, d’une intensité extrême ne paraît pas être ce qui convient. Il paraît même évident, au contraire, qu’il faut de la lumière diffuse pour un bon éclairage.

Maintenant le gaz avec verres dépolis donnera-t-il un jour plus indécis que le gaz à feu nu? Pour répondre à cette question, il ne faut pas oublier que, d’ordinaire, l’éclairage n’est pas obtenu au moyen d’un seul foyer lumineux ; que toute salle est éclairée par plusieurs becs répartis sur sa surface. Il est bien clair alors que ces becs ainsi répartis, à feu nu ou avec verre dépoli, donnent nécessairement des lumières contrariées, aussi bien dans un cas que dans l’autre.

Ce qui importe véritablement, c’est que, danslu mesure du possible, les foyers lumineux soient placés en dehors du champ visuel, dans l’attitude habituelle de l’élève. Ge qui fatigue la vue, c’est que les rayons trop vifs de la lumière viennent frapper les yeux lors même qu’ils sont fixés sur le livre ou le papier; c’est encore que des ombres mal dirigées viennent obscurcir ce livre ou ce papier.

On trouvera le remède, à notre avis, en multipliant les sources de lumière afin d’éviter des foyers trop éclatants ; à lumière égale, des foyers nombreux et faibles valent beaucoup mieux qu’un petit nombre de foyers éclairants; en choisissant convenablement l’emplacement des becs de gaz pour qu’ils soient autant que possible en dehors du champ visuel ; et surtout en les plaçant suffisamment haut. Cette dernière disposition a ce double avantage de soustraire à la vue le foyer lumineux et de raccourcir les ombres projetées.

Tout ce que nous venons de dire du gaz s’appliquerait nécessairement aux éclairages que l’on voudrait essayer au moyen des huiles volatiles, surtout des huiles lourdes qui paraissent présenter de sérieux avantages sur les huiles légères.

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