‹ Construction et aménagement des salles d'asile et des maisons d'écoleChapitre 9 sur 223 · ORIENTATION · texte numérisé non relu

ORIENTATION

En résumant la discussion soutenue devant la Société d’hygiène et de médecine publique, nous avons sommairement indiqué quelles raisons guidaient les hygiénistes dans le choix de l’orientation qui leur paraît la plus favorable.

D’après eux, nous allons reprendre cette analyse et signaler la conclusion à laquelle elle aboutit. La question d’orientation, disent-ils, se posera d’une manière tout à fait différente pour les groupes scolaires urbains et pour les écoles rurales ; les règles ne sont pas les mêmes pour les classes éclairées unilatéralement que pour celles qui reçoivent le jour des deux côtés; mais, dans tous les

DISTANCE DES CONSTRUCTIONS VOISINES

cas, on doit éviter l’exposition d’une classe au midi, comme tout à fait intolérable pendant l’été, surtout dans les villes, où l’école n’est pas déserte pendant la moisson. Il faut proscrire plus sévèrement encore, disent les hygiénistes, l’exposition au nord, qui leur paraît inacceptable pour un rez-de-chaussée, fùt-il sur caves, et malgré l’emploi des baies d’insolation.

1° Dans les cas où, par suite de nécessités spéciales, on aurait recours à Y éclairage unilatéral , et pour le climat de Paris, on devra préférer pour la face d’éclairage les expositions variant du N.-E. au S.-E. d’une part, et de l’0. au N. -O. d’autre part, à moins d’être assuré que les volets des baies d’insolation seront manœuvres scrupuleusement. En réalité, il faut compter qu’ils resteront presque toujours clos. Avec l’exposition S. -O, la classe présenterait l’inconvénient d’être exposée au soleil dans l’après-midi, précisément au moment où la température extérieure est encore assez élevée et où la salle est chauffée par les émanations des élèves qui y ont séjourné une bonne partie de la journée; de plus, la pluie étant plus souvent chassée par les vents du sud-ouest, les expositions qui sont sous ces vents ne permettent pas de tenir, en été, les fenêtres ouvertes autant qu’on le désirerait. Il faut bien se mettre dans l’esprit que l’on ne peut pas employer sans réserve, pour les classes, tous les moyens de défense contre la chaleur qui sont en usage pour les habitations particulières, car ces moyens sont une cause d’assombrissement, et non seulement il est indispensable qu’il fasse clair près des fenêtres, — où l’homme de cabinet ou l’artisan établissent la table de travail ou l’établi, — il faut encore que le fond de la pièce, qui, dans les écoles, est non moins peuplé que le voisinage des fenêtres, soit suffisamment éclairé en toute saison.

2° Dans le cas le plus fréquent, celui de Y éclairage bilatéral , l’axe de la classe, perpendiculairement aux bancs, ne devra pas trop s’écarter de la direction N. -S. Cependant trois raisons concordent pour lui faire prendre, de préférence, la position du N.-E. au S. -O. En effet, l’ardeur du soleil, qu’il faut éviter en été, est plus grande vers deux heures qu’à midi ; il importe de lui opposer l’un des murs pleins qui forment les extrémités de la classe. D’autre part, en hiver, il est utile que la salle, qui devrait être lavée tous les jours, soit insolée largement le matin : l’action oxydante et désinfectante de la lumière solaire est de plus en plus reconnue ; il est bon qu’elle agisse largement avant l’entrée des élèves. Enfin, vers le soir, la paroi exposée au nord-ouest sera moins échauffée que si elle était en plein à l’ouest.

Dans les écoles rurales, et particulièrement dans le nord, pendant les jours les plus courts, les classes seront toujours trop somDres au commencement et à la fin de la journée, c’est-à-dire vers 8 heures et 4 heures ; pendant près cl’un mois, par 51 degrés de latitude, le soleil

se lève après 8 heures et se couche avant 4 heures du soir. Par 42 degrés de latitude, le jour dure alors une demi-heure de plus, matin et soir. Il est préférable que, pendant les jours courts, le soleillevant ou couchantsoil plutôt derrière les élèves que devant eux, de manière à éclairer en plein leurs livres et cahiers par les lueurs de l’aube et du crépuscule : quand cela se pourra, la table du maître devra donc faire face au midi. Dans les écoles urbaines où des dispositions sont prises pour l’éclairage artificiel, ce conseil perd de son importance.

Il résulte du rapprochement de divers articles du règlement actuel que, dans les écoles construites entièrement au rez-de-chaussée, la superficie bâtie n’atteindra jamais la moitié de la superficie totale du terrain : dans le cas le plus défavorable, celui d’une classe unique de cinquante élèves, la superficie bâtie est des deux cinquièmes environ ; il sera donc toujours facile d’orienter le bâtiment comme on le jugera convenable, au milieu d’un terrain beaucoup plus étendu que lui. Encore fautil que les municipalités et les architectes se résignent à penser tout d’abord au confortable des installations et à sacrifier au besoin la direction des façades et une fausse symétrie.

Pratiquement, voici comment on procédera pour orienter le bâtiment : le plan étant tracé, on y reportera les directions N.-E. au S. -O., et N. -O au S.-E. ; on prendra pour axe de la classe la ligne GA qui tombe entre le N.-O. et le N.-E., et l’on rejettera CB qui tombe entre le N.-E. et le S.-E. Les bancs se placeront parallèlement à CB et les faces d’éclairage sont celles qu’indique la figure.

DISTANCE DES CONSTRUCTIONS VOISINES

Les hygiénistes attachent la plus haute importance, pour obtenir un éclairage convenable, à ce que les constructions voisines de l’école soient à une distance suffisante en raison de leur hauteur. Ils font observer avec raison que toutes les dispositions prises, hauteur, largeur et nombre de baies, sont de nul effet lorsque le

ECLAIRAGE

jour utilisable, c’est-à-dire celui qui vient de liant, se trouve arrêté par des bâtiments trop rapprochés ou trop étroits.

L’importance de ce sujet, dit le docteur Javal à qui nous empruntons ces considérations et les règles pratiques qui s’en déduisent, est absolument prépondérante . Il a été démontré au congrès d’hygiène de Paris, en 1878, qu’on ne peut compter sur d’autre lumière que sur celle qui vient directement du ciel considéré comme source lumineuse, et que, pour apprécier si la classe est suffisamment éclairée, il faut rechercher si l’œil, placé contre la table la moins favorisée, aperçoit une fraction suffisante de la voûte céleste. Il pourra s’élever des discussions sur le quantum de ciel qui devra être vu de la place la moins favorisée ; l’expérience seule permettra de poser des

règles précises à cet égard. Quoi qu’il en soit, sur la coupe en travers de chaque classe, en partant du pied du mur d’insolation si l’éclairage est unilatéral, on tracera une ligne droite venant toucher le linteau de la fenêtre, et si cette ligne, prolongée au dehors, rencontre un obstacle quelconque, le projet doit être modifié; dans le cas de i’éclairage bilatéral, du centre de la classe on tracera deux lignes qui viendront toucher de même les linteaux de deux fenêtres opposées et qui , l’une et l’autre, devront pouvoir être prolongées sans obstacle jusqu’au ciel.

Telle serait donc l’application la moins rigoureuse possible de cette prescription du règlement d’après laquelle on doit toujours « avoir égard à la hauteur des constructions voisines ». Mais il ne suffit pas de se borner à l’application stricte du principe ; il faut que l’école soit vraiment bien éclairée, et nous sommes d’avis qu’il est utile de laisser la lumière directe du ciel pénétrer au moins par une hauteur de fenêtres évaluée à un mètre; nous pensons même qu’il faut avoir égard, non seulement aux constructions existantes, mais à celles qui pourraient être élevées par la suite. Il faut donc tracer l’épure précédente en s’appuyant, non plus sur le linteau, mais sur un point situé à un mètre en dessous du plafond, puis s’assurer qu’aucune construction, aucun obstacle, ne viendra jamais se placer dans l’angle compris entre les deux lignes ainsi tracées, pour être certain d’avoir une classe d’un éclairage irréprochable.

Voici comment on tracera l’épure dont nous parlons. Bornons-nous à examiner le cas d’une école construite à Paris ; les mêmes raisonnements pourront être em-

ployés partout ailleurs, en changeant les chiffres, s’il y a lieu, d’après les règlements de voirie en usage.

D’après le Décret du 27 juillet 1859, la hauteur des maisons neuves ne saurait dépasser :

H'“ 70 dans les rues où la largeur est inférieure à 7m.80 14 .60 — — — 9 .75

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