‹ Construction et aménagement des salles d'asile et des maisons d'écoleChapitre 102 sur 223 · CLASSES, PREAUX ET DEPENDANCES · texte numérisé non relu

CLASSES, PREAUX ET DEPENDANCES

Cette disposition a de plus l’avantage qu’elle facilitera la surveillance des privés par les maîtres ; le constructeur doit vérifier avec grande attention sur ses plans que cette recommandation du règlement (art. 53) est bien observée. Il est toujours facile de tirer une ligne allant de l’emplacement des privés à la chaire du maître pour s’assurer que la vue ne rencontrera pas d’obstacle. Que de tous les points de l’école, comme dit l’article du Règlement, cette surveillance puisse s’exercer, cela n’est pas toujours possible, mais il suffit que de sa place habituelle, l’instituteur voie les privés. Dans les écoles à plusieurs classes, en raison du plus grand nombre de stalles, il faut que deux des maîtres au moins puissent exercer cette surveillance; tout au moins que chaque case sans exception soit aperçue par un des instituteurs.

Il est une précaution qu’il importe de signaler: lorsque l’on fait usage de fosses fixes, il faut avoir le plus grand soin de ne pas les placer au voisinage d’une de ces citernes qu’on installe dans beaucoup de nos écoles pour l’alimentation d’eau. Des infiltrations sont toujours à craindre, qui, atteignant le dépôt d’eau, pourraient amener de véritables épidémies. Avec l’emploi de la tinette mobile, cet inconvénient est moins redoutable; mais il est toujours plus sage d’installer la fosse à distance de tout réservoir, de toute cave ou citerne.

Le nombre des privés est fixé à quatre pour la première centaine d’élèves et deux pour la deuxième centaine suivante ; celui des urinoirs devra être en nombre égal. Lorsque l’école comprend des filles et des garçons, les privés pour les deux sexes seront distincts. Un privé sera réservé pour le personnel des maîtres.

Pour compléter ces indications générales, nous dirons quelques mots des escaliers : ceux-ci doivent être droits (art. 84 et suivants), coupés de 15 en 15 marches au plus par des paliers de repos ; dans les écoles recevant plus de 200 élèves, on placera un escalier à chaque extrémité du bâtiment.

Pour l’étude des détails secondaires, nous prions nos lecteurs de se reporter au Règlement lui-même (1).

DISTRIBUTION DES PLANS

Salles d Asile. — La disposition est toujours très simple puisque l’ensemble ne comprend que la salle de classe, le préau couvert, parfois une classe auxiliaire, et le logement des institutrices. L’asile doit toujours être au rez-de-chaussée.

Habituellement on place la classe et le préau bout à

(1) Voyez le Nouveau Règlement pour la construction et l aménagement des écoles primaires , avec analyse , commentaires et développements pratiques.

bout ; le dégagement sur les deux faces s’établit ainsi naturellement, la communication de l’un à l’autre est directe. Quelquefois cependant on interpose le bâtiment comprenant le parloir et le logement; il faut alors que celui-ci contienne un large vestibule pouvant servir de dépôt pour les vêtements, les paniers, etc., et qui doit établir largement la communication nécessaire.

En général on préfère reporter l’habitation à l’une des extrémités du bâtiment en laissant ainsi une indépendance complète entre l’asile et le logement. Si l’on a à ménager une classe auxiliaire, on peut à volonté la placer en retour d’aile ou la mettre à la suite de la classe, avant l’habitation. Ces dispositions ont à peu près les mêmes avantages ; c’est surtout la forme du terrain qui détermine le choix.

Comme le préau doit recevoir les lavabos où les enfants font leur toilette à l’entrée, à la sortie, il importe que l’accès de l’asile donne le plus directement possible entrée dans ce préau. Il est bon que les enfants prennent les mêmes soins après la récréation; il y a donc tout avantage à ce que le préau couvert communique aussi directement avec le préau découvert.

Asileset écoles. — Lorsquel’asile est adjoint àuneécole, on doit établir une indépendance aussi complète que possible entre les deux services; les entrées seront distinctes. On remarquera même que, pour des raisons d’ordre intérieur, on n’accole pas habituellement les préaux couverts de l’école et de l’asile, môme dans les grandes villes où il y aurait pourtant et le plus souvent avantage, au point de vue de l’hygiène, à créer ainsi un grand espace découvert entre les bâtiments. On préfère interposer un des bâtiments entre les cours pour éviter tout contact des enfants d’âges différents.

Écoles. — Le règlement français semble imposer le préau couvert, c’est-à-dire, à proprement parler, une salle close comme dans les écoles de Paris; nous ne pensons pas que telle soit sa véritable intention. Le préau ainsi compris occasionne une dépense trop élevée pour la plupart de nos écoles rurales; tandis qu’il peut, et non sans avantage, être remplacé par un simple- abri couvert. Quel est en effet le but qu’on se propose? Lorsque la pluie tombe, lorsque le sol est couvert de neige, on ne veut pas exposer les enfants à l’eau, à l’humidité, un abri y suffit; et nous croyons qu’il vaut bien mieux, au point de vue hygiénique, mettre les enfants dehors, tel temps qu’il fasse, que de les confiner dans un endroit clos. Les autres considérations que l’on fait valoir pour justifier rétablissement des préaux nous paraissent secondaires, surtout dans la campagne. Aussi croyons-nous que l’on fera bien, dans la plupart des cas, de maintenir dans les projets un simple abri, comme on le faisait autrefois. Les dépenses qu’entraînent les exigences, fort légitimes d’ailleurs, du nouveau règlement, sont déjà bien assez con-

DISPOSITIONS D’ENSEMBLE

sidérables pour qu’on ne les augmente pas davantage lorsqu’il n’y a pas véritable nécessité. On remarquera d’ailleurs que dans plusieurs des pays étrangers où les écoles sont le mieux étudiées, comme l’Autriche et la Belgique, on se contente habituellement de l’abri couvert.

L’entrée de l’école demande à être étudiée avec soin, surtout dans les écoles urbaines. Dans les établissements parisiens qui, à plusieurs titres, peuvent être pris comme de bons modèles, le type est à peu près définitivement arrêté : l’entrée, passant près de la loge du concierge, donne accès au préau qui occupe le rez-de-chaussée et à l’escalier qui conduit aux étages où sont reléguées les classes. Celles-ci sont habituellement rangées sur une seule file, et un couloir longitudinal partant de l’escalier dessert toutes les classes. Nous avons déjà, à plusieurs reprises, parlé de cette disposition et du parti qu’on en tire pour l’aération.

Il semble que ce soit le meilleur à adopter lorsqu’on construit une école à plusieurs étages, ce qui devient nécessaire lorsque le terrain est coûteux ou insuffisant, comme il arrive dans les quartiers populeux des grandes villes. Il ne faudrait cependant pas imiter cet exemple sans nécessité; aussi voyons-nous les constructeurs belges disposer presque toujours l’école à simple rez-de-chaussée, et multiplier alors les entrées de telle façon que chaque classe soit directement mise en communication avec le dehors et avec la cour intérieure; on trouve de plus dans cette disposition des facilités particulières pour l’installation des vestiaires, cabinets de toilette, etc.

L’ inconvénient peut être une dépense un peu plus élevée; la différence n’est cependant pas toujours considérable si le terrain est peu coûteux, car les bâtiments à simple rez-de-chaussée n’exigent pas des murs aussi solides ni des fondations aussi lourdes, et l’économie qui en résulte peut compenser parfois le plus grand développement des toitures. La nature du sous-sol, la résistance du terrain sont ici des éléments très influents sur le .prix de la construction, et nous croyons qu’il serait peu raisonnable de décider à priori que l’on trouvera plus d’économie à construire suivant Lune ou l’autre disposition. .

Les écoles américaines présentent, comme les écoles belges, de très nombreuses entrées, ce qui facilite beaucoup les mouvements des élèves à l’entrée, à la sortie, et dans l’intérieur de l’école. Ces entrées desservent un grand corridor de dégagement placé au centre du bâtiment; nous reviendrons, à l’examen de chacune des écoles, sur l’étude des avantages et inconvénients de ce système; dès à présent nous ferons remarquer qu’il n'est acceptable que moyennant des entrées larges et nombreuses qui permettent d’aérer facilement ce couloir

central. Plusieurs écoles hongroises et autrichiennes reproduisent cette disposition, mais sans les précautions d’aérage prises par les américains ; elles sont, en conséquence, moins heureusement établies, nous semble-t-il, que les écoles des États-Unis ou que les écoles parisiennes. Si l’on veut comparer entre elles ces dernières, on remarquera qu’à Paris les bonnes conditions hygiéniques sont mieux assurées, mais qu’en Amérique le service est mieux groupé et la surveillance plus facile.

Dans les écoles américaines on observera encore, comme dans les écoles hollandaises, cette particularité que les water-closets sont placés à l’intérieur des bâtiments. Nous avons eu l’occasion d’indiquer avec quels soins sont établis, dans ces pays, tous les détails d’aménagement des cabinets d’aisance, qui ne sont point comme chez nous de simples latrines; les syphons placés sur divers points de la canalisation, au pied des sièges; l’abondance d’eau, la ventilation amplementassurée par des appareils spéciaux, peuvent justifier l’emploi de cabinets placés à l’intérieur, surtout lorsqu’ils sont entretenus avec autant d’attention et de propreté que dans les appartements les mieux tenus. Dans les pays que nous citons, on trouve cette propreté et ce soin attentif ; il n’en est malheureusement pas de même chez nous, et l’on comprend qu’il ait paru nécessaire de reléguer les cabinets d’aisance dans les cours des écoles. Il serait pourtant à désirer que l’on ne crût pas avoir fait assez en se débarrassant de ce voisinage, et que l’entretien des cabinets ne fût pas en conséquence négligé comme il l’est trop souvent encore.

Écoles de filles et de garçons. — Dans les écoles pour les enfants des deux sexes, la disposition des classes, préaux, logements, etc., reste la même que pour les écoles dont nous venons de parler ; une précaution spéciale à prendre, c’est de séparer complètement l’entrée des filles de celle des garçons. Même lorsque l’école ne renferme qu’une seule classe, celle-ci étant divisée en deux parties, il est facile de ménager une entrée d’un côté et l’autre du côté opposé, ainsi que l’indiquent les plans que nous reproduisons.

Lorsque l’école contient plusieurs classes, on place habituellement l’entrée des garçons à l’une des extrémités, l’entrée des filles à l’autre extrémité du bâtiment. Les préaux sont séparés, et cette indépendance des deux services se maintient dans les logements d’instituteurs et d’institutrices qu’il convient de distinguer aussi nettement que possible, soit en les reléguant dans des bâtiments séparés, soit en les séparant tout au moins par un mur plein, sans communication.

Lorsque les deux écoles se développent en façade, rien n’est donc plus facile que d’établir des entrées séparées ; lorsque la forme du terrain en profondeur exige que l’on établisse l’une seulement des écoles en façade

DISTRIBUTION DES PLANS

et l’autre rejetée en arrière, on établit une entrée directe, à gauche, par exemple, sur la première; à droite on ouvre une allée qui traverse le premier bâtiment, sans communication avec celui-ci, et qui se prolonge pour atteindre le bâtiment postérieur.

Il y a de grands avantages à établir le service des filles dans des bâtiments absolument indépendants de ceux qui sont consacrés au service des garçons, car ces deux services sont eux-mêmes tout à fait indépendants l’un de l’autre; on n’a pas ici à ménager une surveillance générale, commune aux deux écoles ; l’instituteur en chef dirige l’école des garçons; l’institutrice en chef dirige de son côté celle des filles.

Il faut surtout séparer complètement les water-closets des deux sexes ; il serait même difficilement acceptable qu’ils fussent adossés à un mur plein. Ou doit les établir à distance suffisante les uns des autres ; il faut encore éviter que des classes de garçons on puisse avoir vue sur les cabinets des filles, et réciproquement; le mur de séparation, avec la hauteur ordinaire, crée un obstacle suffisant lorsque les classes sont à rez-de-chaussée. Dans les écoles urbaines où les classes sont placées aux étages supérieurs, il n’en serait plus de même; aussi convientil de placer le corridor qui dessert latéralement les classes, du côté de la cour où se trouvent installés les privés ; de cette façon, par l’interposition d’un corridor qui a deux mètres de largeur, on empêche que le regard des élèves placés dans la classe ne puisse plonger pour apercevoir la cour.

Ecoles avec services communaux. — Le mieux est encore d’établir la Mairie dans un bâtiment à part, si cette Mairie est de quelque importance. Mais dans beaucoup de localités rurales, celle-ci se réduit à une salle de délibération et une pièce pour les archives ; le mouvement de va-et-vient est si peu de chose qu’il n’y a pas un grand inconvénient à réserver dans le bâtiment de l’école une ou deux chambres pour le service communal, sans même se préoccuper beaucoup de-ménager des entrées distinctes.

Mais dès que le service communal prend quelque importance, il faut que le plan établisse une sépartion très nette. Le plus souvent on établit alors la Mairie dans l’axe delà construction, avec une entrée spéciale ; l’éoole des filles est rejetée d’un côté, celle des garçons de l’autre ; cette séparation des deux écoles n’a guère que des avantages comme nous venons de dire. Quelquefois on rejette la Mairie sur l’arrière, laissant les écoles, côte à côte, en façade ; cette disposition paraît moins bonne, car les allants et venants de la Mairie doivent constamment traverser l’école.

On peut sans inconvénient rapprocher le logement de l’instituteur des pièces occupées par la Mairie, surtout

lorsque cet instituteur est occupé parla commune comme archiviste, secrétaire, etc.

On utilise parfois les classes de l’école, la Mairie étant insuffisante, pour des réunions publiques, des conférences. Nous croyons qu’il serait préférable de laisser chaque établissement à sa destination propre; ces sortes de déménagements intérieurs ne sont pas toujours favorables au mobilier, non plus que les séances qui peuvent n’être pas toujours très paisibles. S’il y a utilité à rendre fréquentes les réunions de ce genre, ne vaudraitil pas mieux en accepter franchement les conséquences, et, à l’exemple des Anglais et des Américains dont nous commençons à imiter les mœurs, réserver dans chaque école une grande salle destinée au public, pour les fêtes, les distributions de prix, les conférences publiques?

Groupes scolaires. — Dans le groupe scolaire complet on ajoute aux écoles de filles et de garçons une salle d’asile pour les plus jeunes enfants. Il n’y a donc, pour chacune des parties de cet ensemble, qu’à se conformer aux observations faites pour l’Asile et sur l’Ecole. En ce qui cuncerne l’ensemble lui-même il faut observer q uelq ues p récaution s .

C’est ainsi que l’asile doit toujours se trouver voisin de l’école des filles et non de celle des garçons; il est préférable qu’il ait son entrée distincte, mais on peut admettre que les plus jeunes enfants passent par la même entrée que les filles.

Dans les écoles rurales on est habituellement maître de placer l’asile dans un bâtiment à part; il n’en est plus ainsi dans les villes, où le terrain est parcimonieusement distribué; le groupe devient une agglomération très resserrée des trois édifices.

Il va sans dire que l’asile sera toujours à rez-dechaussée ; habituellement il occupe un bâtiment séparé qui n’aura que cet étage, tandis que les écoles sont à plusieurs étages comme les constructions riveraines ; aussi y aurait-il intérêt, dans la mesure du possible, à utiliser l’asile pour contribuer à fournir de grands réservoirs d’air dans l’intérieur du .groupe scolaire. A ce point de vue nous allons passer en revue les principales dispositions adoptées.

Trop souvent, à Paris, le terrain d’un groupe se présente en profondeur, avec deux façades très étroites, à chaque extrémité, parce que, sous cette forme, le terrain est moins coûteux ; il arrive même que l’on n’a qu’une façade sur rue, le côté opposé du quadrilatère étant mitoyen à d’autres constructions. C’est là le cas le plus défavorable et qui, fort heureusement, ne se présente pas toujours : le terrain est ordinairement assez long pour atteindre une seconde rue ou tout au moins un espace découvert.

En pareil cas la disposition à adopter s’impose forcément : il faut placer transversalement et à la suite l’un de l’autre les trois bâtiments, séparés par leurs cours

DIMENSIONS PRESCRITES POUR LES MAISONS D’ÉCOLE DANS LES DIFFÉRENTS PAYS

15 DISPOSITIONS D’ENSEMBLE

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