‹ Construction et aménagement des salles d'asile et des maisons d'écoleChapitre 25 sur 223 · GROUPE SCOLAIRE DE LA RUE DU PONT-DE-LODI · texte numérisé non relu

GROUPE SCOLAIRE DE LA RUE DU PONT-DE-LODI

CHAUFFAGE ET VENTII.ATIO: .

Coupe verticale d’une moitié de l’édifice.

Plan d'une moitié de l’édifice

L’air vicié est extrait au bas des murs, par des orifices pratiqués dans les pieds des tables ; les conduits circulant sous le plancher l’amènent jusqu’au bas de la cheminée d’appel qui est chauffée par le tuyau de fumée; ce tuyau a été coudé, comme nous le disions, pour redes-

cendre et pénétrer dans la cheminée d’appel dès le pied de celle-ci ; on utilise ainsi pour le tirage toute la hauteur disponible.

Un foyer spécial ou des brûleurs à gaz permettent d’activer le tirage de ventilation lorsque le chauffage est ralenti ou môme cesse de fonctionner.

Des expériences faites il résulte que le cube d’air extrait peut s’élever jusqu’à 30 mètres cubes par élève et par heure; la température extérieure était de 3 degrés, celle de la cheminée de 35 degrés. On établirait facilement la dépense de combustible par la méthode que nous avons suivie.

On a également remarqué que le volume d’air entrai) t et passant par le calorifère était loin d’être égal au vc* lume extrait, ce qui ne doit pas surprendre, ainsi que nous l’avons déjà expliqué ; il serait étonnant, au contraire, qu’il en fût autrement. Une grande partie de l’air qui afflue pénètre par les fentes des portes et des fenêtres : lorsque l'on ventilait à raison de 30 mètres cubes d’air par heure et par élève, il ne pénétrait par la chambre de chaleur que 10 mètres; lorsqu’on ventilait à raison de 23 mètres extraits, il pénétrait toujours 10 mètres.

La cause de ces faits est facile à discerner : lorsqu’on force le feu, comme dans les expériences précédentes, la quantité de chaleur transmise par les parois de la cloche ne s’accroît pas beaucoup, car cette quantité dépend surtout de la surface invariable de cette cloche. Elle dépend aussi de la température de la fumée ; mais celle-ci reste à peu près la même; ce qui augmente, c’est le volume de la fumée, et ce volume n’a pas d’influence sur la transmission de chaleur à travers les parois.

L’aii1 frais venant du dehors ne reçoit donc pas beaucoup plus de chaleur que dans une lionne marche normale ; sa température reste à peu près la même ; le tirage de l’air introduit et, par suite, sa vitesse d’introduction ne sont pas très sensiblement modifiés, C’est pourquoi on observe une sorte de constance dans le volume de l’air passant autour du calorifère.

Venons maintenant au chauffage de l’air vicié et à son évacuation. Quand on force le feu, disions-nous, le volume de la fumée augmente, et par suite sa vitesse. La fumée n’a pas eu le temps de se refroidir dans son rapide passage à travers la cloche, elle arrive dans le tuyau qui parcourt la cheminée d’appel, à une température supérieure à celle que l’on observait en marche normale. Par suite de cette plus grande différence entre la température de la fumée et celle de l’air vicié, il y aura cette fois un plus rapide échange de chaleur. L’air vicié sera plus chauffé, son tirage sera plus actif, et le volume d’air extrait augmente.

En résumé, l’excès de combustible imposé à l’appareil profite surtout au tirage de l’air évacué, et fort peu au tirage de l’air introduit. Aussi voyons-nous le cube

CU.AUFFAGIS PAU

d’air introduit rester toujours égal à 10 mètres cubes environ par élève, et le volume d’air extrait s’élever de 23 à 30 mètres lorsqu’on pousse davantage le chauffage.

Pour éviter, dans la mesure du possible, cet inconvénient des rentrées d’air par les portes et les fenêtres, il faut d’une part raccourcir et élargir autant qu’on le peut les orifices et les conduits d'introduction, et d’autre part proportionner convenablement les surfaces de chauffe affectées, soit au chauffage de l’air introduit, soit au chauffage de l’air extrait.

Système Geneste- llerscher. — Tout récemment, MM. Geneste-Herscher, constructeurs à Paris, ont imaginé et appliqué dans plusieurs écoles, notamment à Saint-Ouen, une disposition toute différente de celles qui jusqu’à présent ont été employées en France.

Gomme les constructeurs américains, ils ont pensé que la surface chauffée doit être établie le long des parois > refroidissantes, en dessous des baies d’éclairage. Mais en Amérique, on a recours ordinairement à l’eau chaude ou à la vapeur d’eau. Pour des maisons d’écoles françaises on ne peut, le plus souvent, songer à des installations aussi compliquées. L’idée originale de MM. Geneste-Herscher a été de cherchera obtenir les mêmes résultats en chauffant simplement avec le tuyau d’un poêle ordinaire.

Voici quelles sont exactement les considérations qui les ont guidés, nous disent ces constructeurs.

« Une salle d’école est généralement comprise entre quatre parois dont l’une est plus spécialement froide comparativement aux trois autres; c’est ordinairement la face qui comprend les baies d’éclairement direct à la gauche des élèves.

u Dans une salle d’école, comme dans toute salle chauffée, même sans aucun renouvellement d’air, il s’établit naturellement un courant d’air ascensionnel près des causes d’échauffement et un courant descendant près des causes de refroidissement. Ce courant descendant fait donc sentir surtout son action sur la face froide, et la constatation de ce fait n’est pas indifférente pour le placement dans la salle des émissions de chaleur.

« Si, maintenant, on examine ce qui se passe par le fait de la ventilation par appel, à laquelle on est obligé de recourir, et qui sollicite l’entrée de l’air du dehors par toutes les ouvertures exist mtes quelconques, on constate que les appareils de chauffage ne peuvent fournir inévitablement qu'une partie de l’air de ventilation dont une très notable quantité s’introduit par les fissures naturelles, et conséquemment, quoi qu’on fasse, par les fentes des fenêtres. Il y a là encore une cause additionnelle de courant froid descendant le long des parois les plus exposées aux influences extérieures. »

C’est donc au bas de ce courant descendant d’air froid

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