DÉPÔT POUR LES PANIERS
Il faut, dans la construction des lavabos, éviter toute matière qui s’écaillerait, s’oxyderait et retiendrait par ses pores ou ses aspérités les impuretés de l’eau; éviter que l’eau ne rejaillisse sur les enfants; il faut que l’évacuation soit rapide et complète.
Voici ce que dit à ce sujet M. G. Daly dans son étude sur le mobilier des préaux couverts :
Les premiers lavabos étaient isolés; ils se composaient de deux rangs de cuvettes se remplissant par un tuyau au moyen de gargouilles et se vidant par le fond. Les cuvettes étaient en fonte émaillée, le dessous en bois revêtu de zinc, et le soubassement en bois à panneaux mobiles, afin de pouvoir visiter et réparer la plomberie cachée.
Ces lavabos avaient plusieurs inconvénients: 1° l’émail des cuvettes se détachait par parcelles qui s’introduisaient dans les éponges et écorchaient le visage; 2° la jonction de ces cuvettes avec le dessous en zinc formait un relief sous lequel les ordures s’amassaient;
3° enfin le tuyau et les gargouilles faisant saillie au-dessus du lavabo formaient, avec les reliefs des cuvettes, un système difficile à nettoyer.
C’est pour remédier à ce système que M. Uchard a imaginé un nouveau lavabo qui a été mis en usage dans plusieurs des asiles de Paris.
Le dessus, formant un demi-décagone, est en étain et contient cinq cuvettes pour débarbouiller les enfants et une cuvette centrale pour laver les éponges. Ces cuvettes se remplissent toutes à la fois, par des trous pratiqués dans la partie supérieure des cuvettes, au moyen d’un robinet de distribution, et se vident toutes à la fois par le fond, au moyen d’un robinet de décharge.
Sous le lavabo est une dalle creusée en pente vers son centre qui est occupé par une cuvette où se réunissent les eaux provenant des lavabos, et d’où elles s’écoulent par un caniveau.
Les panneaux de la menuiserie extérieure sont appliqués sur six petits bâtis en chêne, rayonnant autour de l’axe du système. Un de ces panneaux est mobile, ce qui permet de visiter et de raccommoder en tout temps l’appareil de plomberie enfermé dans le soubassement.
Le dessus du lavabo et les cuvettes sont en étain, et soudés de façon à ne former qu’un ensemble ; on n’y trouve aucune saillie, tout y est lisse et poli, sans aucun angle ou solution de continuité où la malpropreté puisse se loger.
L’eau arrive dans toutes les cuvettes à la fois au moyen d’un tuyau qui est ployé en demi-cercle pour passer sous la série des lavabos; un seul robinet, dont la poignée en porcelaine est placée au-dessus du lavabo, sert à lâcher l’eau.
Les cuvettes se vident aussi à la fois, au moyen d’un second tuyau semblable au précédent, et d’un tuyau de décharge qui s’ouvre par un robinet dont la poignée, aussi en porcelaine, est placée au-dessus du lavabo, parallèlement à la première.
On voit que tout le mécanisme de la plomberie est rattaché aux cuvettes par des raccords en cuivre à écrous, et qu’il est renfermé dans le coffre en hois formant soubassement, dont un panneau est mobile, de sorte que tout le système peut se démonter et se réparer sans toucher au reste du meuble.
Le seul inconvénient de ce lavabo est de coûter assez cher : il est difficile à établir en raison de la complication de son mécanisme, et l’étain est coûteux. Aussi M. Uchard a-t-il proposé une variante.
Le dessus et les cuvettes de ce nouveau lavabo sont en zinc, et sont surmontés d’un petit réservoir, aussi en zinc, avec des gargouilles versant l’eau dans chacune des cuvettes, qui se videraient constamment par le fond.
Les figures ci-contre représentent un lavabo isolé exécuté pour l’asile rue du Marché-aux-Chevaux ; il est
SALLES D’ASILE
semblable à celui que nous venons de décrire, mais avec cette différence que l’eau, au lieu de couler dans une espèce de gouttière et de servir à plusieurs enfants,, tombe dans des cuvettes où les enfants peuvent se laver séparément.
A indique la clef du robinet de distribution de l’eau, qui sort par un champignon placé au sommet de la pyramide, coule sur ses faces jusque dans la rigole qui en entoure la base, et se jette par huit gargouilles dans les huit cuvettes ; B est le tuyau courbé en cercle destiné à recueillir les eaux qui s’échappent par le fond des cuvettes au fur et à mesure qu’elles se remplissent ; G est le tuyau de vidange, branché sur le tuyau précédent.