PRÉAU COUVERT SERVANT DE GYMNASE
Deux cordes de 2n'.2Û de longueur, ayant à l’extrémité supérieure une boucle, et à l’autre extrémité un anneau en fer étamé de 0m. 1 8 à 0m.20 de diamètre, constituent une paire d’anneaux 6.
Si dans l’ensemble ci-dessus on remplace les anneaux par une barre de bois traversée dans sa longueur par une barre de fer, et qu’on y attache à chaque bout l’extrémité de chacune des cordes, on aura un trapèze 7.
La corde à consoles 8 diffère de la corde à nœuds en ce que la corde, qui est d’un plus petit diamètre, porte au-dessus de chaque nœud, et, s’appuyant sur lui, une embase en bois tourné de 0m.08 à 0m.10 de diamètre, dont la partie supérieure est plane et le centre percé d’un trou qui laisse passer la corde.
Si, au lieu de ces consoles, on met des échelons en bois tourné percés au milieu de leur longueur d’un trou dans lequel passe la corde, on aura une échelle de perroquet 9.
Enfin, en 10, est figurée une corde lisse; septin de 0ni.03 à O"1. 04 de diamètre et de 3m.65 de longueur.
Pour accrocher tous ces agrès au portique, on fait usage d’une perche légère dont une extrémité est garnie d’un crochet en fer.
Les appareils de gymnastique sont installés dans des salles spéciales, lorsque les écoles sont importantes; on peut aussi bien utiliser les préaux couverts; enfin on se contente souvent, comme l’autorise lu règlement, de placer le portique sous un simple abri.
MOBILIER SCOLAIRE
BANCS-TABLES
Nécessité des réformes. — Dans nos anciennes écoles françaises, on s’était peu préoccupé de proportionner les bancs et les tables à la taille des enfants, de leur donner les formes convenables pour que les élèves prissent de bonnes attitudes pendant leur travail ; trop souvent, un type unique servait à tous: les plus jeunes suspendus, les pieds ballants ; les plus grands obligés de se replier sur eux-mêmes ; le corps contractant ainsi des attitudes vicieuses.
Depuis quelques années, d’importantes et heureuses modifications ont été introduites chez nous, à l’exemple des progrès déjà réalisés à l’étranger; le nouveau réglement est venu consacrer ces améliorations, et l’on peut dire que les dispositions adoptées par lui ont été le fruit d’études très attentives, de comparaisons suivies et prolongées ; le résultat est bon dans son ensemble.
Il n’est donc plus nécessaire, aujourd’hui que l’on est sorti de la période des tâtonnements, d’insister trop longuement sur les antécédents, fort complexes d’ailleurs, de cette question. Nous résumerons à grands traits cet historique. Ce travail nous sera d’autant plus facile, que nous en emprunterons une grande partie à un rapport très complet et très précis, publié parM. Buisson aujourd’hui directeur de l’enseignement primaire, qui avait été délégué à l’exposition de Vienne. Nous nous contenterons de compléter ce rapport par les renseignements nécessaires pour le mettre à jour.
C’est des États-Unis qu’est parti le signal de la réforme, dès 1854. En Saxe, vers 1858, puis en Suisse, plusieurs médecins prirent l’initiative d’une transformation qu’ils réclamaient comme absolument indispensable, sous peine de graves conséquences pour la santé et le développement de l’enfant. Appuyés par les spécialistes les plus compétents, entre autres le célèbre Virchow, ces médecins établirent des statistiques telles (jue celle-ci, dont les chiffres ont une terrible éloquence:
Sur 300 cas de déviation de la colonne vertébrale, le docteur Eulenburg en trouve 267 où le développement du mal a eu lieu pendant l’âge scolaire ; le docteur Frey, sur 400 cas observés dans l’espace de sept ans, attribue 300 cas à des causes scolaires, etc. — U y a peut-être quelque excès d’un zèle louable , dans les chiffres qui précèdent, et il paraît difficile d’admettre que le rachitisme provienne d’une disposition défectueuse d’un banc ou d’une table d’école, comme de supposer que les améliorations décidées pour notre mobilier scolaire supprimeront à l’avenir toute déviation parmi les générations appauvries de nos grandes villes. Il n’en est pas moins vrai qu'il faut éviter de placer l’enfant, pendant toute la période critique de son développement, dans de fâcheuses conditions hygiéniques, et que les réformes faites en ce sens doivent être approuvées.
Les phénomènes morbides, disent les médecins spécialistes, qu’entraîne la mauvaise position du corps, peuvent se ramener aux deux groupes suivants:
1° L’enfant n’ayant pas d’appui ne peut, pas plus que ne le ferait l’adulte, se tenir longtemps droit ; les muscles du dos et de la nuque se fatiguent ; et, malgré ses efforts, malgré les réprimandes du maître, il ne tarde pas à s’affaisser, ou à s’accouder, à se pencher en avant ou de côté; tout ce que les maîtres appellent mauvaise tenue est le plus souvent le résulta t de la fatigue physique. La pression des fausses côtes sur les organes digestifs, la compression des organes de la poitrine, les congestions qui se manifestent par l’hémorrhagie nasale, plus particulièrement encore une affection que les écoliers nomme le gros cou et que le docteur Guillaume appelle le goitre scolaire , c’est-à-dire une hyperémie anormale de la glande thyroïde qu’il a constatée chez un très grand nombre d’élèves; tels sont les résultats de la position assise sans appui et de l’affaissement du tronc sur lui-même, qu’elle amène en se prolongeant.
2° La hauteur des tables hors de proportion avec celle du banc et avec la taille de l’enfant, produit ou contribue
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à produire la myopie; elle amène très fréquemment chez les enfants de faible constitution une déviation sensible de la colonne vertébrale résultant de ce que l’élève, pour être plus près de la table, au lieu de rester assis à plein, s’avance tout au bord du banc, le poids du corps portant sur le côté droit; comme il est obligé de lever l’épaule droite pour faire reposer l’avant-bras sur la table et pour se faire du bras droit un point d’appui dans sa position penchée, il n’est pas rare non plus de voir se produire cette légère déformation que les écoliers appellent la haute épaule.
Les causes du mal bien déterminées, on s’est unanimement accordé à reconnaître comme position normale celle qui satisfait aux deux conditions suivantes :
L’enfant étant complètement assis, les pieds posés à plein sur le plancher, les jambes doivent former avec les cuisses un angle droit, et les cuisses avec le tronc un angle droit également.
Il faut de plus que l’enfant, en gardant cette position des membres inférieurs, puisse écrire sans faire prendre au bout du corps une position forcée, c’est-à-dire sans avoir besoin ni de se courber sur le papier ni de hausser l’épaule pour l’atteindre.
Cette règle exige, pour être satisfaite, que le mobilier de l’école comprenne des modèles de plusieurs grandeurs où les enfants seront placés suivant leurs tailles ; dans le modèle de chaque taille, les dimensions seront établies comme il suit :
1° Pour le siège , hauteur égale à la longueur de la jambe jusqu’au genou; profondeur égale aux 3/5 environ de la longueur du fémur; largeur de chaque place égale à celle du corps d’un coude à l’autre, avec quelques centimètres de jeu de chaque côté.
Si l’on met une traverse ou appui pour les pieds de l’enfant, elle doit être placée à distance telle que celui-ci l’atteigne sans avoir besoin de s’avancer au bord de son banc.
On doit toujours fixer au banc un dossier disposé de façon à soutenir la région lombaire. Quelques-uns veulent de plus que ce dossier serve aussi à reposer le dos.
Souvent en admet la règle fixée par M. de Bagnaux : la hauteur des reins au dessus du siège donne, augmentée de quelques centimètres, la hauteur de l’arête supérieure du dossier.
2e Pour la table à écrire ou pour le pupitre, on demande en général qu’ils arri vent à peu près à la hauteur du creux de l’estomac, et que l’inclinaison soit comprise entre 13° et 20°.
3° Un troisième élément reste à déterminer, que l’on fixe généralement en admettant que le bord de la table doit se trouver à l'aplomb de l arête du banc. Pour les plus jeunes enfants, plusieurs spécialistes admettent
que la table déborde de quelques centimètres sur le banc; pour les plus grands, on accepte volontiers, au contraire, un certain jeu.
On ajoute cette règle, pour fixer les positions relatives du banc et de la table, que la distance horizontale, entre l’arête du pupitre et le dossier du banc, doit dépasser de quelques centimètres l’épaisseur du corps.
Si l’on se conforme, dans la construction des modèles de diverses grandeurs, à ces recommandations, l’élève sera convenablement assis. Mais il est nécessaire, d’une autre part, que l’enfant puisse accéder à sa place, circuler, et au besoin se tenir debout, pour certains exercices, à la place qui lui est assignée; or les dispositions que nous venons d’indiquer, laissant peu ou point d’intervalle entre la table et le banc, s’y opposent. Il faut donc chercher à concilier ces deux exigences contradictoires, et « c'est d'apres le mode de solution adopté à cet égard que l'on doit apprécier et classer les différents genres de bancs d école. »
Disons tout de suite qu’il n’y a que deux solutions générales possibles : le banc à distance variable qui permet, avec le même matériel, de réaliser la position assise sans qu’il y ait d’intervalle entrele banc et la table, aussi bien que la position debout, avec intervalle; — le banc à distance fixe qui est, le plus souvent, un compromis acceptant un certain intervalle entre la table et le banc, pour permettre à l’enfant de se lever, sans que cet inter valle soit assez grand pour compromettre gravement la position assise. Dans certains types, cependant, cet intervalle reste nul ; alors, les bancs ne peuvent être qu’à deux places pour que les enfants n’aient pas besoin de circuler, ce qui leur serait impossible; parfois on ne fait même que des sièges isolés.
Statistique. — Le but à atteindre étant donc bien nettement défini, reste à savoir par quelles dispositions on réalisera les conditions ainsi reconnues nécessaires, et pour cela la première recherche à faire, c’était d’établir une statistique de la taille etdes proportionsdu corps correspondant à chaque taille, parmi les enfants. En France, M. Cardot a fait très soigneusement ce relevé sur près de 4000 élèves des écoles parisiennes ; voici le résultat de ses observations :
Sur 3940 enfants, on a trouvé:
21 p. 100 d’élèves dont la taille n’atteignait pas lm.10;
22 p. 100 d’élèves dont la taille était comprise entre lm.10 et 1”.20 ;
44 p. 100 entre I m . 2 0 et lm.35;
11 p. 100 entre 1 m 35 et U". 50;
2 p. 100 seulement d’enfants fréquentant les écoles ont une taille dépassant lm.50.
Il n’y a aucun doute que les moyennes ainsi établies ne soient exactes et applicables en toute confiance aux
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écoles de Paris; mais il n’en saurait être ainsi pour d’autres régions. Comparons, par exemple, aux chiffres de la statistique dressée par les commissions scolaires de la ville de Zurich, chiffres qui seraient, de préférence, acceptables pour nos régions de l’est; nous trouvons pour les filles d’abord :