‹ Constructions Romaines. Anciennes églises des Bouches-du-Rhone. grottes préhistoriques des Bouches-du-RhoneChapitre 3 sur 8 · DE ROGNES · texte numérisé non relu

DE ROGNES

Tournefort.

1° Une statue de Priape, dieu des jardins; le buste

(1) Notice sur Puyricard, p. 8.

et le bas des jambes manquent. Pierre de Calissanne.

2° Une statue de Mercure, de grandeur naturelle. Elle est acéphale et en pierre de Calissanne,

3° Un autel votif consacré à Mercure, dieu de l’éloquence. Une bouche au milieu d’un grand M, sur le haut de la face principale. Pierre de Rognes.

4° Une stèle avec rinscription :

AC

CO

RO

A Accorus.

Pierre de Galissanne.

Beaulieu.

Une statuette acéphale, en pierre de Galissanne, représentant un juge assis, portant la bulle suspendue à un collier, avec cette inscription :

STATIA PHTËNGIS DAT.

M. Faurisde Saint-Vincens a écrit, en 1812, un mémoire sur cette statuette.

Les Caiwins.

i® Un petit pavé en marbre.

2“ Un moyen bronze de Balbinus, un peu fruste. Médaille assez rare.

Au Grand-Saint-Paxd.

1° Un gnomon ou horloge solaire portative, coupé par le milieu. Pierre de Galissanne.

2° Deux mortiers en pierre dure.

3® Un moulin à bras en basalte.

4® Un autel votif avec la cuvette en forme de navette. Pierre de Rognes.

S® Une statue représentant un prêtre de Bacchus. Un cordon tressé ceint la tête. du personnage, descend sur les épaules, se croise sur le milieu de la poitrine et redescend sur chaque jambe. De ce cordon, de distance

en distance, se détachent des feuilles de vigne, de lierre, et des pommes de pin. Cette intéressante statue, à laquelle il ne manque que les bras et le bas des jambes, a dû autrefois être peinte, à en juger par quelques traces de vermillon. Elle est d une pierre aussi fine et

aussi blanche que le marbre.

6° Une grande brique consulaire remontant au consulat dePAETINVS et d’APRONIANVS, en l’an 123 de J. -G. , 7® année du règne d’Adrien.

T Une brique sigillée avec la marque, en forme de fer à cheval, du potier ; NEVSTOMI.

8“ Sept disques en brique avec un trou au milieu. Ces instruments devaient servir comme polissoir ou comme meule à aiguiser. Lun deux seulement ressemble parfaitement à une poulie avec sa rainure tout

autour. Se trouve rarement.

9° Une cassolette en bronze. Cette petite boîte en forme de cœur était suspendue au cou par les dames

gallo-romainess. Les trois petits trous pratiqués sui un

côté servaient à donner issue aux parfums que contenait cet ornement féminin.

10° Deux bagues en bronze.

11° Deux [petites cuillères en bronze un peu usées. 12° Deux fioles dites lacrymatoires en verre.

13° Trois lacrymatoires en terre cuite.

14“ Quatre lampes funéraires enterre cuite, avec des sujets représentés dessus.

15" Deux os de bœuf ; le premier a deux petits trous à égale distance, et l’autre un seul au milieu. L usage

de ces objets paraît inconnu.

16° Dans une fosse renfermant des ossements humains : une lame d’épée en fer, longue et à deux tranchants ; quelques débris de son fourreau en fer ; une

longue lance en fer [cuspü) avec la pointe en fer [spéculum) pour la ficher en terre ; en outre deux anneaux en fer ayant servi au ceinturon. C’est l’armement com" plet d un guerrier mort et enterré sur les lieux.

17 Huit haches en silex, dont une d’une grosseur peu commune.

48 Cinq médailles marseillaises ayant au revers le taureau cornunète. (P. B.)

Deux médailles consulaires en argent.

Un Divus Augustus. (G. B.)

Un Néron magnifique. (G. B.)

Un Claude. (M. B.)

Un Adrien superbe. (G. B.)

Une Faustine vieille , admirable de conservation , avec une patine à faire pâmer d’aise un amateur (G. B.)

Un Lucius Verus, étincelant de beauté,. (G. B.)

Un Septime Sévère. (M. B.)

Un Caracalla qui a fait l’admiration de M. Laugier. C’est tout dire. (G. B.)

Un Mamæa. (G. B.)

Deux Gordien III le pieux. (G. B.)

Une Etruscilla. (M. B.)

Un très joli Gallus. (G. B.)

Un Postumus. (G. B.)

Un Tacite. (P. B.)

Sur notre sollicitation, M. Alfred d’Aubergue écrivit pour nous une nouvelle note, non plus touchant Rognes, mais relative à la commune de la Roque-d’Anthéron.

La Statistique du département des Bouches-du- Rhône dit . On ne trouve dans tout son territoire aucune TRACE DU SÉJOUR DES ROMAINS.

Ce qui était peut-être vrai en 18M, c’est-à-dire à l’époque où venait de paraître cet ouvrage, ne l’est plus aujourd’hui. En effet, les grands travaux exécutés pour le canal de Marseille, en premier lieu, et ensuite les nombreux défrichements qui se sont faits , non seulement dans cette commune, mais encore dans toute la Provence, pour les plantations de vignobles dont le rendement donnait alors la fièvre à tout le monde, ont successivement mis à découvert une très grande quantité d’objets prouvant tout le contraire de l’allégation de la Statistique. Le territoire dont nous allons nous occuper est très riche en antiquités gallo-romaines. Dans presque toute l’étendue de la haute plaine, l’on rencontre ces nombreux fragments de poteries,' très variées, ’qui témoignent d’un long séjour dans ces parages.

'' Nous n’avons aperçu aucune trace des Gaulois, point de haches en silex, aucun débris de cette poterie si grossière qui leur est attribuée. Nous dirons la même chose quant à ce qui concerne les Grecs- Phocéens : point de médailles.

Pour ces derniers, il faudrait se rendre sur le vaste et pittoresque plateau de Sainte-Anne de Gouiron.

Sur les bords du canal de Grapponne, dans les terres avoisinant les quelques masures qui furent autrefois la baronnie de Gontard, on aperçoit beaucoup de débris de tuiles à larges rebords, de poteries, etc. Un des propriétaires cultivateurs nous donna, dans le temps, une jolie petite cuillère en bronze, trouvée dans son champ. Cette pièce, dans un état parfait de conservation, est bien de l’époque gallo-romaine. Elle a malheureusement été décapée, comme presque toujours. Provenant du même endroit, il nous est tombé entre les

mains un moyen bronze de Néron, portant au revers un ora paçis, et une médaille en argent à l’effigie de Trajan.

Le Castellas, au midi et tout près du village, est ce haut rocher qui, vu de loin , ressemble à des fortifications à moitié rasées. A la cime de ce rocher, dont la plate-forme est assez rétrécie, et sur deux parties seulement, on aperçoit les restes de quelques pans de murs dont les appareils ne paraissent pas remonter au delà du moyen âge. Quoi qu’il en soit de sa véritable date, les Romains y avaient construit un castellum, car à sa base l’on remarque une grande quantité de débris de larges tuiles [tegulæ), de briques, de poteries. A 1 abri et au pied meme de ce cüstellum, s’étaient groupés, pendant et après la domination romaine, un certain nombre de colons.

Il y a quelques années, dans cet endroit même, nous fîmes faire quelques fouilles. Le terrassier mit à découvert beaucoup de ces débris dont nous venons de parler, des restes de fondations d’habitations et des ossements de bœuf.

En quittant le pied de la montagne, sur laquelle s élève la roche du Castellas, on arrive, en peu de moments, sur un plateau cultivé en partie et appelé le Pigeonnier . Là, il y a cinquante ans environ, les propriétaires du sol mirent à découvert un grand nombre de tombes renfermant, outre les squelettes, des médailles, des lampes funéraires, dont un étranger s’empara. Devant la maison d’habitation il existe encore, taillés dans le roc, des tombeaux de différentes dimensions. Les travaux d amélioration entrepris, à diverses époques, ont fait surgir de la terre une quantité prodigieuse d’ossements. Ces amas de restes mortels, amon-

celés un peu partout, arrêtaient les troupeaux de brebis qui passaient dans ces lieux.

Si du Pigeonnier on descend dans le chemin qui conduit à la Jacourelle^ on arrive, après une course de un kilomètre, au quartier de Jaumas. Là, dans les terrains qui bordent le chemin, sur les murs qni servent de clôture, on trouve des amas considérables de débris de tuiles, briques et poteries fines et grossières de l’époque gallo-romaine. Nous y avons ramassé, entre autres objets, deux lames de couteau et de jolis morceaux de poterie rouge, bien fine et ornée de dessins très délicats. Les bois de pins qui avoisinent ces terres, doivent recé- 1er une foule d’objets; et si, plus tard, des défrichements avaient lieu, nos conjectures pourraient bien se changer en réalité.

Dans le vallon de la Jacourelle, les terrains qui, de ce pont, vont aboutir au chemin deCharleval, sont couverts de débris de toutes sortes : jarres, briques, tuiles, poteries, moulins à bras en basalte, etc. Il y a vingt ans environ, à la suite des travaux de terrassement exécutés par la commune de Gharleval pour amener dans le pays les eaux qu’elle venait d’acheter, on découvrit encore de nombreux débris et une foule d’objets encore intacts ; mais tout fut impitoyablement brisé, anéanti, dispersé. On sauva seulement une longue et large épingle en bronze et un moyen bronze d’Antonin le Pieux. C’est dans ces mêmes terrains, auprès de l’aqueduc dont on creusait les fondations, que l’on déterra un autel votif [ara turicrema) consacré à Diane : DIANAE. Il est en pierre de Rognes et fait partie de notre collection.

Nous voici arrivés à la partie du territoire de la Roque, où l’on trouve le plus de ruines et de débris de l’époque gallo-romaine. Les plantations de vignes ont amené de ▲. S. %

nombreuses et intéressantes découvertes; l’avenir en réserve bien plus encore.

C’est là même et dans une terre en contre-haut du chemin de Gharleval, que l’on découvrit, en 1868, cette caisse en plomb de forme cylindrique qui renfermait trois belles urnes en verre de la plus belle irisation, brisées sur le champ par les intelligents inventeurs. Elles renfermaient : 1“ une bulle en or; 2“ les cendres et débris d’ossements de l’enfant incinéré ; 3“ les jouets, les hochets du jeune fils du patricien, consistant en un objet d’argent ciselé, un diminutif de nos encensoirs d’église, avec ses quatre chaînettes en argent; puis trois douzaines environ de sujets en ambre, représentant divers animaux et des personnages mythologiques. Chaque pièce avait un petit trou à la base, afin que l'enfant pût les enfiler les unes à la suite des autres. Nous possédons un seul de ces objets en ambre : il représente un enfant et une jeune fille qui s’embrassent. L’ambre a pris la couleur de la très vieille résine.

De l’autre côté du chemin de Charleval, presque en face du champ où eut lieu cette riche découverte, aux Grès, près du pont de d’Aubergue, nous avons mis à jour, en faisant planter une vigne, plusieurs médailles avec cette patine si recherchée des amateurs ; un collier en bronze que la pioche brisa malheureusement en plusieurs morceaux ; une petite roue en argent avec des denticules, qui devait être suspendue à l’extrémité de ce collier ; puis un poids en terre cuite ; des fils à plomb en terre cuite également, et une foule de tombes faites avec de grandes tuiles à larges rebords. Il y en avait tellement, que le dégoût nous avait saisi à la vue de toutes ces têtes nous montrant des dents blanches comme l’ivoire. Tous les champs voisins fourniraient

les mêmes résultats, s’ils étaient creusés profondément.

Enfin, il y a trois ans, au même quartier, dans la terre dite le Fenouillet, appartenant à M. Seguin, juge au Tribunal civil de Marseille, on a découvert une grande pierre tumulaire. La forme de cette pierre, qui est de Callissanne, est un carré surmonté d’un triangle, avec des cornes à la naissance du triangle. Voici l’inscription assez bien conservée qu’on y lit.

APHRODDIA

COMICE (pour Comici ou Comicae)

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