SEX. IVLI VS. SERAN VS. H. S. E
Un autre collaborateur, M. Ernest Thioux, nous fit parvenir à la naême époque (1882) un croquis avec une note que nous reproduisons presque en entier :
« A 3 kilomètres au N. -O. des ruines imposantes du château de Puyricard, construit en 1657 par Grimaldi, archevêque d’Aix, et détruit en 1709 par son successeur, Vintimille du Luc, sur le versant sud de la chaîne de la ïrévaresse, se trouve l’ancien domaine de messire Rolanc,! de Matheron, seigneur de Salignac; il fut acheté, en 1732, par noble Charles de Rians, écuyer d’Aix, dont il a conservé le nom.
« Rouchon-Guigues dit « que le domaine de Rians est « peut-êtreencorelamême chose, sans altération aucune, a que l’ancienne villa des Serenus, où ceux-ci avaient « édifié leur sépulcre, et où leurs affranchis avaient « élevé un modeste autel à Jupiter, dans le voisinage du « temple dédié a cette même divinité» . Cet auteur va un peu loin selon nous, car la construction actuelle n’a rien d’antique, ni dans sa forme, ni dans ses matériaux ; malgré cela il est incontestable qu’elle a remplacé une villa romaine dont elle a utilisé les fondations.
« Les vestiges antiques abondent dans cette localité.
« Un aqueduc souterrain existe encore, sur une assez grande longueur, entre la ferme et la montagne dans le sein de laquelle il va recueillir les eaux d’infiltrations.
Ce canal est à une profondeur de 4 à 8 mètres, il est
en grande partie creusé dans le roc vif, le reste est construit en petit appareil. — Sa longueur est de près de 200 mètres, sa hauteur sous clef de 1“20, et sa largeur moyenne de 0“60.
« Il n’amène plus les eaux jusqu’à la ferme ; mais, à 200 mètres environ de celle-ci, on a construit une citerne où elles sont recueillies.
« A 800 mètres au N. -O. de la ferme, il existe une construction isolée au milieu des pins, sur le versant d’un vallon ; c’est la chapelle de Saint-Vincent. « On a de la peine à croire que ce monument, qui a plutôt la forme d’une grotte que d’un véritable sanctuaire, fût anciennement une église desservie par des prêtres de Saint- Sauveur. Cependant le pape Gélestin III en fait mention dans sa bulle de 1191, adressée au chapitre d’Aix... Cet oratoire renfermait un tableau du Rosaire que la famille de Matheron-Salignac céda , avec l’oratoire meme, à la maison de Rians. — En 1720, les bourgeois, léfugiés dans leurs Campagnes voisines, pour échapper au fléau de la peste, venaient chaque dimanche y entendre la messe (1).
« Cette construction, qui, certainement, a remplacé un temple païen, comme le prouvent les deux inscriptions dont nous allons parler, ne paraît pas remonter au delà du IX® ou du x® siècle ; c’est un parallélogramme de 6 mètres sur 4, orienté N. et S., les murs de 0™50 d’épaisseur, sont construits en appareil moyen, relié par un assez mauvais mortier. — La perte qui regarde le sud a 2 mètres de large sur 2 de haut sous clef.
« Deux pierres antiques sont au fond de l’oratoire.
« Un cippe est debout, au milieu ; c’est un bloc de molasse analogue à la pierre de Calissanne, de I mètre de haut sur 0“50 carré ; cette pierre est aujourd’hui sans valeur, car la molasse en s’effritant a détruit presque complètement l’inscription qu’elle portait. — Cette inscription est sur trois lignes, nous la reproduisons d’après l’abbé Roustan (2).
(1) Abbé Roustan, Notice suv PuyviccLvd.
(2) Ibid., p. 9.
SEX Ml. S. REM LIE. BMCCHYVS
« La seconde inscription est gravée sur un magnifique bloc de marbre blanc, couché au pied du cippe. Ce
bloc a environ 1 mètre de long sur 0,60 de large ; trois faces seulement ont été dressées et les angles abattus,
— iO —
Voici l’inscription :
SEXIVLIO-SE VOL-VERINO MINI ■ AEDILII NERARIO- PAT TRIVM DECVI NVM CVM FIL.
VIVSSIBI-FEC
« L’abbé Roustan (1) s’est trompé en mettant à la prenière ligne VIVVS, c'est VIVS qu’il y a. Du reste ce n’est pas la seule erreur qu’il y ait dans son livre.
« Il est regrettable que ce marbre, qui est dans un parfait état de conservation , ne soit pas au musée d’Aix; certes, il n’y serait pas déplacé, et l’on pourrait au moins Tétudier plus commodément. »
Nous avons essayé, il y a peu d’années, d’obtenir, de quelques personnes habitant diverses communes du département des Bouches-du-Rhône, des renseignements certains sur les découvertes archéologiques faites sous leurs yeux, ou tout au moins dans les circonstances qui ne laissassent pas le moindre doute sur la provenance des objets.
Une seule de ces personnes, M. Alfred d’Aubergue, dAix, répondit à notre appel. On jugera par ce qui suit de l’intérêt que l’ouvrage dont nous avions conçu le plan aurait offert , s’il avait pu s’exécuter comme nous l’aurions désiré.