‹ Constructions Romaines. Anciennes églises des Bouches-du-Rhone. grottes préhistoriques des Bouches-du-RhoneChapitre 8 sur 8 · QUESTION · texte numérisé non relu

QUESTION

Quelles sont les principales grottes préhistoriques connues, situées soit sur les bords du Rhône, soit dans l’intérieur du pays.

De toutes les grottes du département des Bouchesdu-Rhône, les plus intéressantes sont, assurément, celles qui portent le nom de Calés.

Ces grottes sont situées au nord du village -de Lamanon, sur une montagne composée de trois formations de sol plus ou moins bien superposées et couverte, en grande partie, de pins vigoureux. Les archéologues ont, à notre avis, tout à dire à leur sujet. Nous savons bien que plusieurs écrivains en ont fait des descriptions, et qu’on pouvait considérer comme exacte, à l’époque où elle a été publiée, celle qui se trouve dans la Statistique du département, t. II, p. 270.

Nous sommes de ceux qui pensent, qui disent et qui ont écrit que ces grottes ont dû être habitées, dès les premiers temps, par les Celtes, les Ligures, les Gaulois, si l’on veut ; en un mot, par les peuples aborigènes du pays. Mais nous croyons aussi, et nous serions en état de prouver, avec quelques développements, que ces excavations, qui occupent les parties inférieures des deux rochers marneux qui dominent immédiatement le château moderne de Lamanon, ont été taillées de main

d homnie, par des gens inexpérimentés, il est vrai, dans lait de 1 architecture, mais ayant assez d’intelligence . pour se mettre à l’abri de la pluie et du froid.

Personne encore n a fait la description vraie de Calés, et ce n est, d ailleurs, que depuis cinq ou six ans que M. le marquis de Panisse, possesseur de toute la montagne et de la plaine de Lamanon, voulant découvrir, dans la partie occidentale du Grand Calés, des grottes presque entièrement enterrées, en a mis au jour un certain nombre, ainsi que des fragments de murs des anciennes habitations, a relevé une porte et des remparts, et rendu à l’ensemble du site l’aspect qu’il devait avoir au xiv® siècle, époque à laquelle il a été à peu près abandonné.

Ces travaux ont démontré que les grottes étaient aussi nombreuses d’un côté du vallon que de l’autre. Dans plusieurs d’entre elles, il y a des silos de 1“ 50 de profondeur, des auges, des réduits, et, sur le rocher, des rigoles destinées a conduire l’eau de la pluie dans des réservoirs. On trouve aussi, dans bon nombre de ces excavations, au plafond du rocher, des anneaux creusés pour suspendre des objets divers.

Il nous a paru incontestable, chaque fois que nous avons parcouru et examiné de près ces grottes curieuses, qu’en principe les habitants qui cherchaient dans les montagnes un refuge contre les inondations de la plaine et les maladies qu'engendraient les marais sans écoulement, sont venus gîter dans les excavations primitives qui s’ouvraient dans les flancs des rochers de Calés ; mais la nature de ces rochers, qui sont tendres et friables, s’y prêtant, ils ont peu à peu agrandi ces excavations, leur ont donné des formes plus régulières et des fonds plus confortables , si bien qu’ils en sont

progressivement arrivés à se faire des abris sérieux contre les intempéries des saisons. L’examen des parois des rochers ne permet pas de douter que, en avant de ces excavations, qui constituaient l’arrière-logement, il y avait des toitures formant auvent ou même des cabanes qu’à l’aide de planches, de fascines et même de troncs d’arbres grossiers, on pouvait rendre, jusqu’à un certain point, confortables. De tous les aménagements supplémentaires, il ne reste rien, il est vrai, mais n’oublions pas que les Vandales ont existé à toute époque, et que les plus grands destructeurs de nos anciens châteaux, villages ou refuges, sont justement les propriétaires de ces ruines qui ont à faire, dans leurs propres terres, des constructions nouvelles.

Ce que nous avons vu de plus curieux et d’inédit, au centre du vallon de Calés, c’est une salle presque rectangulaire, longue de 11 mètres et large de 5 mètres, dont la destination primitive mérite d’être étudiée.

Nous aurions peut-être dû dire tout d’aboi d que Calés se compose de deux vallons : le Grand et le Petit Calés ou Calai, nom dont l’origine nous est absolument inconnue.

Le Grand Calés consiste en une sorte de cirque ou de vallon fermé au nord et au sud par deux barres de grès ou safre; à l’est et à l’ouest, par deux murs sur lesquels s’ouvre une porte à plein cintre. Ces deux murs ont été réparés, notamment celui tournant vers le nordouest, par M. de Panisse ; l’autre était presque intact.

Le Petit Calés est plus agreste que le premier, plus étroit et entièrement ouvert. Tous ces rochers ont leur base percée d’un très grand nombre d’excavations toutes laillées, agrandies ou arrangées à des époques indéter-

minées. Aucune ne ressemble aux autres par sa forme ou son étendue.

Les travaux exécutés par M. de Panisse ont fait découvrir un amas de cendres ayant i mètre de hauteur sur 3 mètres de largeur et 5 mètres de longueur, entassées dans les grottes de gauche et en avant de ces mêmes grottes; en outre, au centre du cirque, cette sorte de salle taillée dans le grès, dont nous avons déjà parlé et qu’avoisinent deux autres salles moindres et en contre-bas, dont l’une se cachant en partie sous le rocher. La grande salle a dû être voûtée, car on voit un commencement de mur et les entailles deslin jes à porter les pierres formant la voûte.

Il n’y a que deux excavations formant un étage : l’un au-dessus de l’autre. Sur un point faisant en quelque sorte l’angle de la barre, on voit un petit escalier grossièrement taillé conduisant à des sièges où l’on peut s’asseoir ou même s’allonger.

Les ruines du château d' Allamanone se montrent sur le rocher qui sépare le Grand Calés du Petit Calés ; il y a des restes de la porte dite de Salon, tout auprès de deux silos et d’un petit escalier très raide taillé dans les rochers. Une autre porte a le nom de porte d’Avignon.

Le rocher sur lequel tient encore debout une tour avec mâchicoulis, est creusé de grottes de diverses dimensions, non seulement dans la partie inférieure, mais encore dans la partie élevée. Il y a même une suite d’excavations spacieuses qui paraissent avoir fait partie du château du moyen âge ; cette fortification était formée par un mur qui suivait toutes les sinuosités de l’escarpement, qui n’est abordable aujourd’hui que par la porte de Salon.

Gontinuera-t-on maintenant à répéter ce qu’écrivait naguère M. E. D. G...?

« Il y avait, dans les grottes de Calés, un collège de druides qui procédait à des sacrifices sur un autel encore debout. »

Nous espérons bien que non. Les druides ont valu beaucoup mieux que la réputation qu’on leur a faite depuis qu’ils ont disparu; nous aimons mieux répéter, avec M. Révoil, que ces grottes entaillées dans les rochers de Galès sont de construction celtique. A l’appui de son opinion, il indique l’absence de tout caractère religieux dans l’ornementation. Si ces grottes avaient été creusées postérieurement à l’époque indiquée, il n’en serait certainement pas ainsi.

Mais si ces excavations ont été en principe habitées par les Celtes ou les peuples primitifs de la contrée, nous croyons que, jusqu’à nos jours, pour ainsi dire, elles ont continué à servir d’habitations. Diverses monnaies recueillies par M. le marquis de Panisse, dans le sable qui remplissait les grottes découvertes par lui, le prouvent surabondamment.

En voici une nomenclature fidèle, dressée sous nos yeux parle sagace M. Laugier, à qui nous les avons montrées :

Petit bronze massaliète ;

Petit bronze des Volces Arécomiques ;

Denier melgorien ;

Denier anonyme de la principauté d’Orange ;

Denier d’Urbain V, pape d’Avignon ;

Liard de François P", roi de France;

Liard de Henri III, roi de France ;

Patard d’Avignon ;

Denier d’Etienne de la Garde, archevêque d’Arles ;

Gros d’argent de Martin V, frappé àAvignon;

Sol couronnât de Jeanne, comtesse de Provence ;

Pièce de 2 sols de billon de Louis XV, Aix, 1739 ;

Pièces de 1 centime de l’an VII de la République française.

D’après ce que nous venons dire on peut juger de l’intérêt qu’aurait offert' une excursion à Lamanon, d’autant mieux que le Congrès archéologique aurait trouvé sur place, pour lui servir de guide, M. le marquis de Panisse, dont l’urbanité parfaite ne le cède peutêtre qu’à un savoir très étendu.

L’excursion n’ayant pas eu lieu, nous offrons au Congrès une gravure faite d’après une photographie et deux photographies levées par nous-même pendant notre dernière apparition à Lamanon.

Les deux grottes préhistoriques du département des Bouches-du-Rhône dont l’existence a été révélée avec quelque éclat durant ces dernières années, sont celles de Lascours et du vallon de Saint-Clair.

Il nous sera permis de dire que nous tenons personnellement pour quelque chose dans la notoriété qu’elles ont acquises, puisque nous soulevâmes à leur sujet, dans les journaux de Marseille, une polémique qui fut suivie avec intérêt.

La découverte de la grotte de Saint-Clair date du mois de décembre 1874.

Peu importe de savoir comment un chasseur y pénétra le premier et comment, après lui, nous pûmes y entrer ; il suffira de connaître qu’elle est située dans le vallon dit de Saint -Clair, du nom d’une chapelle ruinée, qui fut jadis un habitat ou oppidum celtique. Le tout est à proximité de Saint-Jean-de-Garguier, le plus antique emporium de la contrée.

On peut atteindre aujourd’hui la grotte sans difficulté ; mais au moment où elle fut découverte, son accès était périlleux. Son ouverture se montre à une trentaine de mètres au-dessus du fond du vallon. L’intérieur se compose d’une première grotte largement ouverte, mais se rétrécissant rapidement dans la partie inférieure. De forme très irrégulière, la seconde grotte a trois rnètres environ de largeur et sa partie supérieure, d’une hauteur de six mètres environ, affecte la forme d’un dôme ogival.

Sur ses flancs, la roche présente quelques excavations et laisse apercevoir un certain nombre de concrétions peu remarquables.

Les recherches pratiquées alors que l’entrée de la grotte était encore encombrée par les blocs qui s’étaient jadis détachés de la partie supérieure du rocher, nous permirent de constater qu’il y avait au fond de la grotte une couche de sable très fin et parfaitement sec, dans lequel se trouvaient entassés, dans un grand désordre, des ossements d’hommes entiers ou brisés, des ossements de femmes et d’enfants dans un état pareil, trois crânes entiers, dix-huit os maxillaires inférieurs, et parmi ces débris de squelettes humains des couteaux en silex plus ou moins conservés et des débris considérables de vases de poterie grossière.

Nous devons ajouter qu'il y avait aussi des fragments de cornes de moutons et des mâchoires de porcs, mais ces derniers débris avaient évidemment été transportés là par les bêtes fauves qui, à différentes époques, y avaient établi leur repaire.

Des savants de Marseille, et parmi eux citons MM. Gatta et Marion, n’ont pas hésité à dire que les ossements téiuoignenl que les liunnnes à qui ils appartenaient

étaient de la race mongole, qui a peuplé le Midi de la France dans les temps primitifs.

M. Quatrefages, l’illustre savant, après avoir examiné les débris qui lui furent transmis par la Faculté des sciences de Marseille, n’hésita pas à déclarer que ces restes remontaient à l’âge néolithique.

Que les squelettes découverts dans la grotte de Saint- Clair aient quelques siècles de plus ou de moins, il est certain que les silex et les poteries mélangés aux ossements déterminent l’époque à laquelle ils appartiennent, en ce sens qu’ils sont de l’âge préhistorique.

Resterait â étudier cette grotte au point de vue de ia destination qu’elle remplissait. Or, tout bien examiné, nous avons tiré cette conclusion : que, si elle a pu servir en principe d’habitation, en dernier heu, elle fut utilisée exclusivement comme heu de sépulture et que les personnes ensevelies avaient jadis résidé dans l’habitat établi sur le sommet de la montagne qui la domine.

La grotte de Lascours ne ressemble en rien â celle de Saint-Clair, car elle est bien plus spacieuse et est composée de plusieurs étages, que l’on peut parcourir au jourd’hui sans inconvénient, l’individu auquel elle appartient ayant ménagé des rampes et pratiqué des escaliers qui permettent de l’examiner dans tous les sens.

Considérée dans son ensemble, elle forme une sorte d abîme où l’on peut trouver trois étages non superposés, d’une hauteur totale de 54 mètres. L’étage inférieur, le plus étendu, a 90 mètres de longueur sur 32 mètres de largeur.

Toutes les parois du rocher sont tapissées de stalactites d’une dureté variable et ^des anfractuosités nombreuses s’aperçoivent dans tous les sens.

C’est le 27 février 1879 que quatre squelettes furent

découverts par le nommé Étienne Négrel, dans une de ces anfractuosités, placée au deuxième étage, à gauche de l’entrée. Les ossements ayant dû appartenir à quatre individus, un vieillard, deux adultes et un enfant, étaient enfouis dans le sable, mêlés avec des débris de poterie grossière, et quelques fragments de silex.

A peine découverts, ces débris divers attirèrent les curieux et furent en grande partie enlevés par eux ; mais arrivé nous-même l’im des premiers, nous pûmes sauver de la destruction plusieurs fragments considérables.

La comparaison que nous fîmes entre les poteries de Lascours et celles de Saint-Clair n’a pas laissé le moindre doute dans notre esprit. Elles sont tellement identiques qu’on les dirait fabriquées par la même main, et les conditions dans lesquelles nous avons pu les recueillir sont tellement semblables que nous n’hésitons pas à croire qu’elles étaient de la même époque et avaient rempli les mêmes destinations.

N’oublions pas de dire que la dernière grotte dont nous parlons est à un kilomètre du village de Lascours, situé lui-même à trois kilomètres au nord-ouest de Roquevaire. Elle est creusée dans la partie supérieure septentrionale du vallon de la Culasse^ à l’endroit dit le Marseillais, au-dessus d’une source assez considérable qui s’échappe d’une crevasse de rochers.

Plusieurs membres du Congrès pourront, sans doute, citer d’autres grottes préhistoriques existant dans le département des Bouches-du-Rhône. Nous savons qu’il y en a un certain nombre dignes d’être décrites ou tout au moins mentionnées ; mais, en ce qui nous concerne, fidèle à notre principe de ne parler jamais que de ce que nous avons vu, nous leur abandonnons le soin de s’en occuper spécialement.

Mais si nous n’avons plus rien à dire au sujet des grottes, il nous semble de notre devoir de rappeler ce qui a été découvert par d’autres de stations préhistoriques dont les traces étaient, il y a peu de temps encore, parfaitement reconnaissables.

Dans la commune d’Aix, au quartier du Colombier^ au sommet du vallon des Gardes, au-dessous du plateau connu sous le nom de collines des Pauvres, M. Marion a découvert les restes d’une ancienne station de chasse.

Elle consistait alors en une épaisseur de 30 centimètres d’une terre noirâtre empâtant de nombreux débris de charbon et quelques fragments calcinés de molasse, restes bien caractérisés d’un foyer. Cette couche de lerre, d’une longueur de six mètres environ, renfermait une quantité très considérable de silex taillés de différentes grandeurs, d’os de lapin, une incisive de cueval, une molaire et quelques incisives et plusieurs os de cerf.

Le même M. Marion a remarqué naguère â Co-de- Botle, dans la commune d’Allauch, une autre station où il a recueilli des ossements humains (âge de la pierre polie) et des silex admirablement taillés en forme régulière, parmi lesquels une scie et des pointes de flèches: ces dernières surtout sont remarquables par la netteté des contours.

Et puisque nous citons les découvertes de M. Marion, nous n’avons pas â craindre de transcrire les deux paragraphes suivants extraits du t. II de notre Dictionnaire des Bouches-du-Rhône , p. 106 :

« En suivant, dit-il, le chemin qui conduit de l’Estaque aux fabriques de ciment de la Nerte, on rencontre, avant d’arriver en vue du chemin de fer, un immense

banc calcaire, violemment soulevé, et qui, se dressant perpendiculairement, présente de nombreuses cavités, dont la plus vaste peut servir encore d’abn.

« Les dolomies sablonneuses du jurassique supérieur, qui succèdent normalement aux calcaires compactes corolliens, forment le sous-sol de cette cavité et la route les a profondément entaillés de manière a faire disparaître toute la partie intérieure du refuge. Au-dessus des dolomies jurassiques, se trouvait une couche d'alluvions de 75 centimètres d’épaisseur, dont la base noire et charbonneuse attestait les restes d’un foyer

primitif. - ,

Le savant professeur ayant découvert dans cette

couche, en même temps que des silex taillés, des os de lapin, de blaireau, d’oiseaux et des coquilles de patelles, s'e crut en droit d’avancer que la grotte dont il est ici question, servit, durant de longues années, d habitation à une famille ou à une tribu entière des premiers colons de la Provence , bien avant l’époque ou l’homme construisait des huttes ou des maisons en

M. le docteur G. Jacquème, de Marseille, rendait compte, il y a peu d’années, dans le Sémaphore, de Marseille, d’une découverte faite dans les environs d’Aix. L’article était intitulé : Le Turnulus de la Blaque. Nous en avons extrait les lignes suivantes :

« Sur la roule qui des Milles se dirige vers Aix, environ à égale distance de ces deux localités, se trouve une campagne appelée la Blaque, appartenant a M Arnoux. Située sur la rive droite de 1 Arc, a cinq cents mètres environ de ce cours d’eau, elle occupe une

des collines qui dominent en ce point la vallee. a, pendant les derniers jours du mois de septembre, des

ouvriers, occupés à creuser les dernières ramifications du canal de Verdon, ont mis à découvert des ossements humains, cachés sous de nombreuses pierres plates. Quelques armes en silex taillé, trouvées parmi les ossements, ont éveillé l’attention des personnes chargées de la direction des travaux,

« Cette sépulture, située à trois mètres au-dessous du niveau du sol, est distante de deux mètres en arrière d’un talus ayant une hauteur sensiblement égale à trois mètres. Elle avait été, sans doute, établie devant le talus, mais elle a été recouverte, par le temps et par l’homme surtout, de toute la terre qui se trouve sur elle. Le talus s’avançaat peu à peu vers le nord a caché aux regards ces restes appartenant à des hommes qui ont vécu dans des siècles bien éloignés de nous. Les pierres qui forment ce tumulus décrivent un carré longtourné de l’ouest à l’est, suivant la direction actuelle du talus. Les unes petites, pesant de 10 à 20 kilos, constituaient les quatre bords du carré, les autres grandes et plates, pesant plus de 200 kilos, servaient de couvercle et protégeaient les objets contenus dans ce caveau primitif. La composition de ces pierres est identique à celle des pierres qui se trouvent au sommet de la colline, à environ 200 mètres de distance (molasse miocène).

« Les squelettes, au nombre de dix environ, reposent directement sur le sol. Ils ont tous la tête dirigée vers le nord et les pieds vers le sud. Ils ont dû être déposés sous ces pierres simultanément et après une période de temps plus ou moins longue, car quelques crânes présentent, collés contre leurs parois, des ossements de cadavres voisins.

« Un seul squelette d’enfant accompagne ces osse-

ments appartenant tous à des hommes d un âge avancé. L’épaisseur des os de la tête, et surtout 1 usure des surfaces dentaires, nous permet d’avancer ce fait. Les crânes ayant été en grande partie brisés, par les ouvriers, il est bien difficile d’en donner la description anatomique. Cependant, une partie de la boîte crânienne, composée du frontal, d’une partie de l’occipital et des pariétaux, possède tous les caractères d’un crâne dolichocéphale ; le diamètre antéro-postérieur est de beaucoup plus grand que le diamètre transversal; les arcades sus-orbitaires sont très proéminentes; une certaine symétrie est présentée par cette partie crânienne, le côté gauche est plus aplati que le côté droit. Les os des membres sont gros et longs ; ils possèdent de puissantes saillies pour l’insertion des muscles. Nous n’avons trouvé aucun ossement d’être autre que l’homme, si ce n’est le maxillaire inférieur d’une souris.

« Les objets trouvés parmi les ossements sont des armes en silex taillé ;une pointe de flèche ayant la forme d’un losange ; trois pointes de lance ayant 15 centimètres de long sur 7 de large, et les deux parties tranchantes dentelées comme une scie; un couteau non dentelé ayant 12 centimètres de long, .mais brisé en deux morceaux; la cassure est ancienne, car sa surface présente, comme le reste du silex, une patine. Paimi ces objets étaient des fragments de poterie grossière, et quelques perles blanches formées d une substance osseuse. Des parties de crâne, de tibia et d humeras étaient sans ordre sur les pierres mêmes qui recouvraient les squelettes.

« Quelle est l’origine de ces restes mutilés? Auraiton massacré des personnes sur le tumulus, apiès la

sépulture? Des bêtes fauves auraient-elles retiré de dessous les pierres des parties de cadavre pour les dévorer? Cette seconde hypothèse paraît plus rationnelle.

« Ce tumulus peut, sans aucun doute, être assimilé aux sépultures primitives trouvées à Allauch, à Gémenos et sur plusieurs autres points de la Provence. »

Le dernier gîte, station ou habitat préhistorique récemment découvert, est celui que M. Alphonse Roux a décrit au mois de maiî880, dans une publication mensuelle, honorablement connue, la Revice de Mar&eüle. Il serait à désirer que cet article fût reproduit, car il énumère un nombre considérable des objets qui furent trouvés dans un espace restreint, et d'où l'on pourrait conclure que, dans les temps les plus reculés, nos ancêtres savaient vivre aussi bien sur le bord de la mer et des étangs que dans les grottes cachées au centre des montagnes.

'\inpr. Paul bousm, 5, Hue de Lucé. — Tourt.

Page 1