ADRESSÉ AU NOM DU PRINCE LOUIS DE ROHAN
Nous, médecin consultant , soussigné, avons lu attentivement le Mémoire a consulter sur les circonstances de la mort violente du duc de Bourbon, prince de Condé, arrivée dans la nuit du 26 au 27 août i83o, au château de Saint-Leu, qui nous est soumis par le mandataire du prince Louis de Rohan , intervenant comme partie civile dans l’instruction relative à cet événement; nous avons également pris lecture des actes de l’enquête sommaire faite au château de Saint-Leu , le lendemain de la mort du Prince : lesquels consistent i°. en un Procès-verbal du Maire de Saint-Leu , con-
statant les faits relatifs à la découverte du corps du Prince; 2°. en un Rapport de M. Letellier, docteur en médecine à Saint-Leu , et de M. Bonnie , chirurgien du Prince, dressé à Saint-Leu, le 27 août au matin; 3°. en un Rapport de MM. Deslions et Godard, docteurs en médecine à Pontoise; 4°- et enfin en un Rapport de MM. Marc , Marjolin et Pasquier, docteurs en médecine à Paris, sur l’état extérieur du corps du prince de Condé , commencé le 27 août et achevé le 28 août à Saint-Leu, en présence de M. le Procureur général à la Cour royale de Paris. Ces quatre dernières pièces ont été rendues publiques par impression dans un Mémoire publié par M. le docteur Marc, l’un des experts, dans le Cahier de janvier i83i des Annales dy Hygiène publique ; elles ont été reproduites dans un Mémoire médico-légal sur la mort violente du prince de Condé, inséré par nous dans le Cahier de mars du Journal les Transactions médicales ; elles sont avouées et reconnues authentiques et exactes par la partie civile.
Nous nous sommes transporté au château de Saint- Leu le 3i janvier dernier, pour examiner les lieux où s’est passé l’événement sur la nature duquel nous devons donner notre avis et pour en bien apprécier toutes les circonstances ; nous nous sommes ensuite livré à des expériences directes propres à déterminer la valeur des empreintes trouvées sur le cou des individus suspendus avant ou après la mort. Ces recherches et expériences, ainsi que les remarques que nous avons faites sur les lieux, se trouvent consignées dans notre Mémoire susindiqué, et duquel un exemplaire sera annexé à la présente consultation.
Avant de discuter les faits établis par l’enquête et de
motiver notre opinion , nous croyons devoir rapporter textuellement le Mémoire a consulter qui nous est soumis. Nous nous en référerons , pour les autres pièces déjà publiées , et pour faire apprécier les circonstances de la mort violente du prince de Condé, sur lesquelles nous nous sommes déjà prononcé, à notre Mémoire inséré dans le Cahier de mars des Transactions médicales.