‹ Consultations et observations de médecine de feu C.L.DChapitre 5 sur 83 · H) CONSULTATIONS · texte numérisé non relu

H) CONSULTATIONS

eut trop brusquement recours au moxa , lorsqu’il voulut dissiper la douleur de poitrine par une sorte d’irritation locale; celle du moxa était propre à décider sur cet organe un foyer de fluxion , ou à renforcer au moins celui qui existait déjà. Il a eu tort de se faire ouvrir un cautère à chaque bras^ dont il entretient la suppuration ; je crois que pour obtenir des cautères tout l’efFet avantageux qu’ils sont capables de produire, il importe de les transporter aux cuisses vers les parties sur lesquelles se fixaient les furoncles et les boutons qui éloignèrent une fois le retour de l’hémoptysie. Les sinapismes , les bains de pied , les frictions sur les extrémités inférieures aideront efficacement reffet des autres moyens révulsifs que nous venons de proposer. Le malade fera un usage journalier des pédiluves composés avec un tiers de bon vinaigre et une petite quantité d’acide muriatique oxigéné.

S’il survient une nouvelle attaque d’hémoptysie , on la combattra d’abord par une petite saignée de trois ou quatre onces faite au bras,* qui sera répétée les jours suivans. Si le crachement de sang est augmenté , on donnera fréquemment , et à petites doses * de l’eau très-froide , et l’on fera prendre les alimens froids. Un excellent moyen pour arrêter chaque accès d’hémoptysie, est l’usage d’une émulsion préparée avec les quatre semences froides et la décoction de quinquina, à laquelle on ajoute des doses médiocres de nitre. La périodicité des re-

tours de l’hémoptysie indique l’usage du quinquina , s’il n’était d’ailleurs approprié à la faiblesse de l’organe pulmonaire , ainsi que nous aurons bientôt occasion de le dire. Les acides végétaux , les mucilagineux , l’esprit de vitriol ou acide sulfurique affaibli * pourront être employés dans la vue de dissiper l’attaque.

Mais comme il importe moins d’arrêter l’hémoptysie actuelle que de prévenir ses retours , le malade continuera dans les intervalles l’usage des mucilagineux, des acides * du quinquina à petites doses , et surtout du nitre ; il mêlera , par exemple , demi-once de nitre dans quatre onces de conserve de roses , et il en prendra la grosseur d’une noisette cinq à six fois par jour. Il aura soin d’entretenir la liberté du ventre par des lavemens avec la mercuriale , la poirée , par l'usage des pruneaux et autres fruits laxatifs , et par de petites doses de casse prises de temps en temps le soir à l’heure du coucher. Enfin , comme la congestion sanguine sur les poumons est probablement entretenue ou favorisée par le point douloureux que le malade ressent, il faudra l’attaquer par des frictions et des embrocations qu on pourra faire avec un îiniment composé ainsi qu’il suit :

% Onguent populeum très-frais une once.

Camphre gros.

Huile d’hypericum suif, quant.

Ajoutez liqueur anodine d’Hoffmann, trente goutt.

Si la douleur résiste à ces embrocations aidées par

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