CONSUL T A T I 0 N S
ches de carottes jaunes, un quart de mou de veau, et les cuisses de quatre à cinq grenouilles ; on pourra y faire entrer dix à douze escargots de vigne ou de jardin. Ces bouillons , pris le matin à jeun , seront continués pendant une quinzaine de jours, après lesquels on les remplacera par du petit-lait clarifié de vache ou de chèvre, dont le malade prendra chaque jour quatre à cinq verres. Il jetera dans le premier verre un mélange à parties égales de six onces de sucs exprimés des plantes fraîches de cresson , de chicorée , de cerfeuil et de laitue. Il alternera dans la suite les bouillons et le petit-lait, de manière à prendre quinze jours les uns et quinze jours les autres. Il pourra revenir à l’extrait de douce-amère dont il a déjà éprouvé de bons effets. Il sera, du reste, fort réservé sur l’emploi des autres remèdes dépurans , apéritifs et fondans, qui, à raison de leur action stimulante, pourraientaugmenter la congestion des humeurs sur les poumons. Le malade se nourrira d alimens doux et faciles à digérer. Il les tirera du règne végétal plutôt que du règne animal ; et parmi les substances de cette dernière classe, il préférera les viandes blanches, rôties , bouillies ou
grillées , les poissons frais de mer ou de rivière bouil-
lis ou mis sur le gril , les coquillages , les escargots , les grenouilles , etc. Le riz , forge , le sagou, le vermicelle, la semoule , le salep , la fécule de pomme de terre, la laitue , les épinards , les carottes et les concombres , les scorzonères , les courges , les salsifis , les fruits fondans bien mûrs , les compotes , les gelées de
fruits, etc. , tels sont Ses objets qui doivent former le fond de sa nourriture habituelle. Il évitera les ali mens âcres , échaufïans , aigres , flatueux , indigestes. Il s’abstiendra de tout ce qui est salé et fortement épicé , ainsi que des liqueurs fermentées et stimulantes. Sa boisson consistera en bonne eau de fontaine mêlée avec un peu de bon vin vieux du pays. Il tâchera de s’accoutumer graduellement au lait de vache et de chèvre , jusqu’à ce qu’il puisse en faire sa principale nourriture. On verra si dans la suite il ne serait pas utile de recourir au lait d’ânesse. Un exercice modéré à cheval ou en voilure , l’éloignement des objets qui peuvent émouvoir ou fatiguer l’esprit , les distractions de la société , enfin l’espoir consolateur d’une guérison prochaine , tels sont les secours qui ne dépendent pas de nous et par lesquels le malade assurera le succès des nôtres.
Délibéré , etc.
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