VI. — Ou, si l'estomac est fatigué, le lavement
Hydrate de chloral 4 grammes.
Eau 200 —
VII. — L'opium ne doit pas être employé chez les femmes ayant de la tendance à la constipation. Il augmenterait le tympanisme et les phénomènes dyspeptiques.
Lorsque son emploi est tout à fait nécessaire, je prescris le lavement :
Laudanum de Sydenham XX gouttes.
Camphre pulvérisé 20 centigr.
Jaune d'oeuf N° 1.
Eau 200 grammes.
pour un lavement émulsionné, administré le soir, trois heures après le dernier repas.
B. — Dysménorrhée membraneuse.
On sait que, dans cette variété, également fréquente chez les vierges et les nullipares, l'utérus élimine à chaque période menstruelle une matière organisée pré-
sentant les caractères histologiques de la muqueuse utérine. Dans quelques cas, cette expulsion n'a lieu que tous les trois ou quatre mois et même plus rarement. Les douleurs prennent, dans ce cas, le* caractère expulsif.
Combattre l'élément douleur par le traitement cidessus (A).
Aussitôt que la menstruation commence, placer la malade dans un lit bien chaud, appliquer des serviettes chaudes et de préférence des sacs de caoutchouc remplis d'eau chaude sur les membres inférieurs et le sacrum. Cataplasmes laudanisés très chauds sur l'abdomen:
VIII. — Donner chaque soir, jusqu'à cessation des douleurs, les lavements sédatifs (A, V et VI). Voici une autre formule qui convient particulièrement à la dysménorrhée membraneuse :
Teinture d'asa fœtida 5 grammes.
Teinture de belladone XX gouttes.
Laudanum de Sydenham X —
Eau tiède. 100 grammes.
IX. — Faire toutes les quatre heures, jusqu'à l'arrivée des règles, une injection vaginale très chaude avec :
Eau à 45° 2 litres.
Essence de thym. XX gouttes.
X. — Dans les cas où la dysménorrhée membraneuse résiste aux traitements ordinaires et que la santé générale est sérieusement ébranlée, il faut renouveler la muqueuse utérine et pratiquer le curetage pendant
CONSULTATIONS St'R LES MALADIES IiES FEMMES
l'anesthésie, après dilatation préalable. Le curetage aura, en outre, l'avantage de combattre la stérilité, qui est souvent une des conséquences de la dysménorrhée membraneuse.
G. — Dysménorrhée obstruclive.
Je désigne sous ce nom la dysménorrhée d'origine mécanique. Lorsqu'un obstacle s'oppose à la libre issue du sang menstruel accumulé dans la cavité utérine, il se produit des contractions utérines douloureuses, de la distension abdominale et même des symptômes plus graves. La dysménorrhée obstructive peut également être occasionnée par le séjour dans l'utérus de corps étrangers : produits de rétention ovulaires ou placentaires, petits polypes, etc.
Les causes de cette variété de dysménorrhée sont donc : rétrécissement congénital ou acquis du canal cervical.
Flexions ou versions de l'utérus déterminant le séjour du sang dans la cavité du corps.
Rétention de corps étrangers dans l'utérus.
Traitement. — Combattre la douleur et les conl tions utérines par les traitements ci-dessus (A et B)
trac-
XI. — Lorsqu'il existe du rétrécissement du canal cervical, pratiquer chaque mois la dilatation utérine avec une tige de laminaire parfaitement aseptique.
Introduire, après avoir retiré la tige de laminaire, une bougie utérine ainsi formulée :
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Iodoforme en pondre 1 gramme.
Gomme arabique )
Glycérine pure» | ââ 2 grammes.
Amidon )
pour une bougie ayant 6 centimètres de longueur.
XII. — Dans la rétroversion, cause fréquente de dysménorrhée obstructive, placer un pessaire de Hodge. Faire, pendant toute la période menstruelle, deux injections chaudes par jour (formule VIII). Lç pessaire sera évidemment conservé pendant la menstruation.
XIII. — Lorsqu'on suppose l'existence de débris placentaires ou d'un corps étranger, pratiquer la dilatation, puis le curetage.
Enfin, lorsque tous ces moyens ont échoué, on appliquera à la dysménorrhée obstructive par stricture ou rétroversion les traitements chirurgicaux proposés par Sims et décrits dans les ouvrages classiques (discision du col, amputation du col, etc.).
Le médecin appelé auprès d'une femme atteinte de fibrome ne peut immédiatement pratiquer la myomeclomie ou l'hystérectomie. Il est des cas, du reste, où ces opérations ne sont pas praticables; il en est d'autres où elles devront être dillërées. Je vais m'ellorcer de résumer le traitement qu'il convient d'appliquer dans ces cas, ainsi que dans ceux, trop nombreux, hélas ! où l'électrothérapie aura échoué.
Me trouvant en présence d'un fibrome volumineux donnant lieu aux symptonms habituels : difficulté pendant la marche, due au poids de la tumeur, augmentation du parenchyme utérin, stase sanguine dans les tissus circumvoisins, mélrorrhagies, douleurs dins région pelvienne, cystite et rectite par compression, écoulements vaginaux, etc., je prescrirai le traitement suivant, basé sur les indications. J'énumëre donc que symptôme pour en instituer la thérapeutique :
lentans les
*ns la îssion, ement îc eha-
TRAITEMENT NON" Oi'ÊRATOIRE DES MBROKES CIÉRISS 53
-Poids de la tumeur. Dêceloppement abdominal. Douleurs pendant la marche.
Les femmes atteintes d'un fibrom utérin volumineux seront toujours soulagées par ic port d'une ceinture hypogastrique en tissu élastique léger. Cette ceinture doit Être faite sur mesure et maintenue par des souscuisses pour être réellement efficace.
J'ai obtenu un grand soulagement chez les femmes qui renoncent à la coquetterie en supprimant le corset et en conseillant le port de bretelles destinées à supporter le poids des vêtements inférieurs, toujours assez lourds chez la femme.
Enfin, je conseille le massage comme un excellent moyen de traitement des fibromes; on ne peut espérer obtenir par ce procédé aucune diminution du volume de la tumeur, mais on arrive graduellement à réduire le volume de l'abdomen, à diminuer la stase sanguine et à faire disparaître les symptômes secondaires {tympanisme, constipation, cystite, etc.).
B. — Métrorrhagies.
J'ai indiqué, dans un article spécial (Voir p. 21), le traitement des hémorrhagies utérines, applicable à toutes les métrorrhagies non puerpérales, quelle qu'en soit la cause. Il y a donc peu de chose à dire sur ce point, en ce qui concerne les fibromes. Lorsque les hémorrhagies sont profuses et compromettent sérieusement la santé générale, il faut intervenir par une thérapeutique locale.
J'ai obtenu d'excellents résullats et arrêté des hémorrhagies graves en introduisant une tige de laminaire ou éponge comprimée dans la cavité utérine. Non seulement ce procédé a fait cesser des mélrorrhagios menaçantes, mais il a semblé diminuer considérablement, parla suite, la tendance aux hémorrhagies.
L'électricité, à laquelle j'ai toujours contesté des propriétés cwatives sur les fibromes, est efficace contre les mélrorrhagies. On emploie l'électricité galvanique : le pôle positif dans la cavité utérine, le pôle négatif sur la paroi abdominale.
Je n'ai jamais obtenu de bons résultats de curetage appliqué au traitement des hémorrhagies utérines dues aux fibromes.
Traitement spécial au fibrome.
Je vais indiquer les quelques médications rationnelles proposées pour combattre le développement du fibrome et réduire le volume de l'utérus. On remarquera que les substances employées appartiennent toutes à la catégorie des emméoagogues.
I. — On a attribué à l'hydrastine une action thérapeutique efficace dans le traitement des fibromes. Il était rationnel d'admettre que cet excellent médicament qui contracte l'utérus puisse aider puissamment à la régression du tissu utérin. J'y ai eu recours depuis quelques années et j'en ai obtenu de bons résultats non seulement contre les hémorrhagies, mais contre l'hypertrophie des tissus utérins, qui accompagne presque toujours les fibromes. J'ai eu recours à la médication sous-cutanée.
Voici la formule :
Chlorhydrate d'hydrastine 50 centigr.
Eau distillée 10 grammes.
Une seringue de Pravaz chaque jour.
II. — Dans les cas où les injections sous-cutanées sont mal supportées, j'emploie l'hydrastis canadensis sous la forme de teinture :
Teinture d'hydrastis canadensis 4 grammes.
Sirop thébaïque 30 —
Eau distillée 150 —
Une cuillerée à soupe trois fois par jour.
III. — L'ergotine est de beaucoup le médicament le plus employé, et il mérite, en somme, la confiance du praticien. Je préfère de beaucoup la voie hypodermique, qui est plus efficace. Voici une bonne formule :
Extrait aqueux d'ergot ) ~ 2 fframmeg
Glycérine } ad 2 grammes.
Eau distillée 10 —
Ajouter quelques gouttes de liqueur de Van Swietcn si la solution doit être conservée longtemps.
Injecter une seringue de Pravaz tous les deux jours.
IV. — Lorsqu'il existe des complications cardiaques et une grande distension vasculaire, j'associe la digitale et Tiodure de potassium à l'ergotine :
Sirop de digitale 60 grammes.
Iodure de potassium 10 —
Sirop d'écorce d'orange 30 —
Ergotine 2 —
Une cuillerée à soupe matin et soir.
56 CONSL'LTATTO.VS SUR I.KS MALÀUIES DES FEMMES
V. — L'ergot de seigle peut être également administré par l'estomac chez les malades qui redoutent la voie hypodermique,. Voici la pharmacologie :
Erpnt do seigle pulvérisé a grammes.
Acide sulfurique 1 gramme.
Eau distillée i 250 grammes.
Faire bouillir et évaporer jusqu'à 100 grammes. Ajouter :
■ i yr.Limii
Une cuillerée à soupe toutes les heures.
G. — Constipation.
C'est un symptôme presque constant lorsque les fibromes sont volumineux. Celle-ci s'accompagne souvent de tympanisme et de phénomènes douloureux, dus à la présence d'adhérences inflammatoires et de fausses membranes. Le praticien doit alors trouver avec discernement tantôt les opiacés, tantôt les laxatifs.
La première des indications consiste a soumettre les malades à un bon régime alimentaire et à éviter la dilatation de l'estomac et de l'intestin.
VI. — La magnésie sera utilement associée au salol pour combattre la constipation, le ballonnement du ventre et l'infection intestinale. On l'emploie eu cachets :
cha
En 15 cachets. En prendre un au commencement chacun des trois principaux repas.
igr.
ement de
VIL — Enfin, lorsqu'il existe des vomissements, de l'obstruction des voies biliaires, je préfère le calomel, qui peut être facilement associé à l'opium, pour éviter les coliques ; je prescris :
Calomel 1 gramme.
Extrait thébaîque 5 centigr.
Pour dix pilules. Une matin et soir.
Telles sont les principales médications qu'on peut appliquer au fibrome utérin, en attendant le traitement chirurgical. On n'oubliera pas non plus que la clinique a démontré que les tumeurs fibreuses étaient presque toujours améliorées par les eaux bromurées sodiques, telles que Salins-du-Jura et Salins-Moutiers.
TRAITEMENT NON OPÉRATOIRE DE L'HËMATOCÈLE PELVIENNE
Le temps n'est plus où les traités classiques consa craient de nombreux chapitres à l'hématocèlc périutérine. L'affection aurait-elle cessé d'exister depuis que la gynécologie a été envahie par la chirurgie opératoire et l'affection doit-elle figurer sous \a.r\ibr\quepyosalpynx qui semble absorber aujourd'hui toute la pathologie péri-utérine?
Ce n'est point ici qu'on peut discuter cette question complexe. Comme clinicien et comme praticien, je puis affirmer que l'hématocèle pelvienne existe et mérile, de même que la cellulite pelvienne, une thérapeutique spéciale en dehors de l'intervention chirurgicale applicable aux suppurations abdominales.
Avant de formuler le traitement, je rappelle que, dans l'immense majorité des cas, l'hématocèle est intrapéritonéale, qu'elle survient presque toujours brusquement et qu'elle est toujours accompagnée des symptômes ordinaires de la péritonite aigu6.
TRAITEMENT DE L'hÉMATOCÈLE PELVIENNE 59
II y a donc a distinguer, pour le traitement, une période aiguë et une période chronique.
1" Période aiguë. — Elle est presque toujours accompagnée de péritonite ou de symptômes s'y rattachant (Voir le traitement de la péritonite chez ta femme.) On observe cependant une plus grande soudaineté dans l'invasion de la maladie et une sorte de colapsusse présentant avec des caractères particulièrement graves et non accompagnés de fièvre.
I. — On doit, dans ces cas, outre le traitement général à toutes les phlegmasies abdominales, administrer les stimulants à haute dose (champagne, potion de Todd, etc.), et administrer les médicaments hémostatiques de nature à agir sur l'hémorrhagic interne. Je prescris:
Perculoliirede fer X.\ gouttes.
Sirop d'opium 30 grammes.
Eau distillée 110 —
Une cuillerée à soupe toutes les heures.