‹ Consultations sur les maladies des femmesChapitre 2 sur 72 · IDE, BOULEVARD SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

IDE, BOULEVARD SAINT-GERMAIN

J'ai cru pouvoir utilement réunir dans un pelit volume les indications thérapeutiques médicales les plus importantes sur les affections gynécologiques qu'on rencontre fréquemment dans la pratique.

C'est volontairement que j'ai retranché de ces Consultations tout ce qui est chirurgical, non par esprit d'hostilité contre le courant qui a entraîné la gynécologie vers la chirurgie pendant ces dernières années, mais parce que j'estime qu'il cxisle un grand nombre d'affections gynécologiques qui ne sont pas justiciables du bistouri. Bien plus, je crois que le chirurgien gynécologue doit être aussi médecin et qu'il n'existe pas d'aiïeclion gynécologique qui ne soit susceptible, à un moment donné, d'être traitée médicalement.

Une telle assertion demande quelques développe-

raenls. Gomment, en effet, appliquer une thérapeu tique purement médicale aux tumeurs, aux fibromes, ,u cancer, au vaginisme, etc. ?

Je prends comme exemple le néoplasme qu'on encontre le pins fréquemment dans la pathologie ulérine, le fibrome. Est-il rien de plus chirurgical que le traitement des corps fibreux? Néanmoins, j'estime qu'il convient, dans la plupart des cas, d'instituer une thérapeutique médicale, non seulement parce que tous les fibromes ne sont pas opérables, mais parce qu'il est souvent utile de faire précéder l'opération d'un traitement préparatoire auquel le bistouri est tout à fait étranger. Aussi, aî-je pu donner dans ce volume, sans craindre d'être traité de réactionnaire, un traitement non opératoire des corps fibreux.

N'en est-il pas de même du cancer utérin, dans lequel l'intervention chirurgicale ne donne, le plus souvent, que de la survie, si elle n'a pas lieu tout a fait au début de l'affection?

Du reste, la grande chirurgie n'a rien à voir dans beaucoup d'affections gynécologiques, telles que l'aménorrhée, les vulvitos, les vaginites, la dysménorrhée, etc. Pour toutes ces maladies, le praticien devra formuler un traitement local et général a-"]'iei le bistoitri stra le plus souvent ét''nn<;cr.

On ne s'attend pas à trouver dans ce petit livre ni érudition, ni développements pathologiques. J'ai surtout cherché à être pratique et à formuler, en suivant l'ordre alphabétique et sous une forme aussi claire que possible, le traitement qui m'a donné les meilleurs résultats. Après une expérience clinique de vingt années, j'ai pensé être utile à mes confrères en groupant, autour de chaque affection bien caractérisée, les formules et les méthodes thérapeutiques les plus usuelles.

Je ne voudrais pas être considéré comme un gynécologue réactionnaire et figurer dans le groupe déjà très nombreux des médecins qui pensent que la chirurgie contemporaine est allée trop loin dans la « voie ablatwe ». J'eslime, au contraire, que, en gynécologie, toute médication générale ou locale appliquée à un néoplasme dont l'ablation est possible est une erreur grave ou une perte de temps.

Mais, quelque brillante, quelque avancée que soit aujourd'hui la gynécologie opératoire, on m'accordera bien qu'il existe encore, dans la pratique de chaque jour, de nombreux cas où l'intervention chirurgicale n'est pas immédiatement indiquée ou peut être évitée. Ce sont ces cas que j'ai eus en vue dans ce mémento- formulaire.

Enfin, j'ai ajouté h la fin de ce petit volume quelques considérations pratiques sur V examen gynécologique, sans empiéter toutefois sur les développements techniques qu'on trouve dans les traités spéciaux.

On remarquera, du reste, que les meilleurs traités de gynécologie qui donnent avec tant de développements la pathologie, le diagnostic et le pronostic des maladies, sont souvent très sobres de détails sur la thérapeutique. J'espère donc que ce mémento sera utile aux praticiens, en résumant, sous une forme essentiellement pratique, le traitement qu'il convient d'appliquer aux affections gynécologiques les plus fréquentes.

Janvier 1895.

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