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SUB LES

TRAITEMENT DE L'AMÉNORRHÉE

Je ne m'occupe ici que de l'aménorrhée par pauvreté physiologique, quelquefois désignée sous le nom d'aménorrhée essentielle. Cette affection coïncide presque toujours avec des troubles trophiques : maigreur, obésité, chlorose, anémie, etc. Dans l'immense majorité des cas, la matrice a subi un arrêt de développement (utérus infantile), ou une régression (cessation précoce des règles).

L'aménorrhée peut être absolue ou relative (menstruatio perça).

Je n'envisagerai donc pas dans cette note thérapeutique les cas où l'aménorrhée est due à une atrésie des organes génitaux ou à une affection générale grave (tuberculose, fièvre typhoïde, etc.).

Le traitement peut être général et local. Le traitement général a surtout pour but de fortifier l'organisme et d'augmenter les hématies ; le traitement local vise l'utérus lui-même dont on veut réveiller la contractilité et augmenter Thyperhémie.

A. — Traitement général.

I. — On conseillera les exercices physiques, la gymnastique, l'hydrothérapie, les bains de mer, les bains chlorurés (Salins-du-Jura, Salins-Moutiers) et tous l*s moyens généraux de nature à relever l'organisme.

II. — J'ai employé avec succès le mercure associé à l'arsenic, à la strychnine et au fer :

Bichlorurc de mercure \

Arséniate de soude > âà 5 ceotigr.

Sulfate de strychnine )

Carbonate de potasse ) «

Sulfate de fer. . | aa 2 grammes.

Pour 60 pilules.

Une au commencement de chaque repas.

III. — Dans d'autres cas, lorsque l'estomac est trop fatigué pour supporter l'hydrargyre, je le remplace par le manganèse, qui est un bon stimulant de la fonction utérine :

Arséniate de fer 10 centigr .

Extrait de noix vomique 1 gramme.

Sulfate de manganèse 5 grammes.

Pour 60 pilules.

Une pilule avant chacun des deux principaux repas.

IV. — Lorsque la femme aménorrhéique est constipée, ce qui est fréquent, j'associe à ces formules de l'aloès, qui a en même temps des propriétés emmenagogues.

TRAITEMENT DE L AMÉNORRHÉE 7

Je prescris :

Cabonale de fer \

Gomme ammoniaque > âa 5 grammes.

Aloès socotrin )

Sirop d'absinthe Q. s.

pour faire 50 pilules.

Une avant chacun des deux principaux repas.

V. — Lorsque l'aménorrhée coïncide avec l'obésité, il faut insister sur les purgatifs associés avec les emménagogues. Voici deux bonnes formules qui conviennent surtout chez les femmes qui ont encore le molimen menstruel, mais chez lesquelles la menstruation est insuffisante :

Aloès socotrin 1 gramme.

Rue )

Sabine [ aa 50 centigr.

Safran )

pour 10 cachets.

Un avant chaque repas, ou :

Eau distillée 120 grammes.

Sirop de safran 30 —

Huile essentielle de rue j ^ ^ gouttes

Huile essentielle de sabine j ®

Une cuillerée à soupe troi? fois par jour pendant la période correspondant au molimen menstruel.

VI. — Les préparations d'armoise, si populaires, méritent d'être essayées. Je donne la préférence à l'infusion (5 grammes de feuilles pour un demi- litre) ou un lavement (£0 grammes pour 500 grammes).

J'ai peu de confiance dans les médications nouvelles.

Cependant, j'ai employé avec succès, dans un cas, trèfle d'eau, recommandé par Poliak (mempanthh trifoliata). Il faut prendre, pendant un temps assez long, chaque matin a jeun, une infusion chaude préparée d la façon suivante i on fait infuser environ 30 grammes de trèfle d'eau desséché dans 150 grammes d'eau bouillante. On laisse macérer toute la nuit et on fait réchauffer l'infusion au moment de la prendre.

fi.

Traitement local.

Je lui attache une importance considérable et j m'étonne que les auteurs n'aient pas insisté davanlagf sur les avantages qu'il présente dans l'aménorrhée essentielle.

Les jeunes femmes atteintes d'aménorrhée ou i mensi rualio perça ont presque toutes un utérus infantile. Le col est petit, conique, et la cavité utérini sure de 4 à 5 centimètres de longueur. Le traitemenl local consiste à exercer sur l'organe une action stimulante locale qui peut même se transmettre auv ova On y arrive par les moyens suivants :

Cathétérisme utérin;

Introduction de tentes;

Courants électriques intra-utérins;

Lavements stimulants;

Injections et irrigations vaginales.

VII. — Il y a plus de quinze ans que j'ai employé li catkctérUme utérin comme traitement systématique de

TRAITEMENT DE L'AMÉNORRDÉE

l'aménorrhée, et j'ai obtenu de nombreux succès, sur- , tout dans les cas où la menstruation a déjà existé. J'introduis un cathéter souple, du modèle que Mathieu a construit sur mes indications, tous les deux jours pendant la période de molimen menstruel. Je laisse la sonde dans l'utérus pendant quelques minutes, puis je pratique sur le col une injection avec de l'eau très chaude.

L'introduction de tentes est encore plus active. J'emploie de préférence des tiges de laminaire que j'applique à l'époque du molimen et laisse en place pendant un temps plus ou moins long, suivant la tolérance des malades. L'accoutumance s'acquiert, en général, assez facilement. Dans certains cas, suivant le conseil de Simpson, je laisse en place pendant plusieurs jours un petit pessaire intra-utérin. C'est certainement grâce à ce procédé que j'ai pu ramener la fonction menstruelle dans un assez grand nombre de cas. Il est facile de comprendre que l'action stimulante de ces procédés s'exerce, non seulement sur l'utérus, dont le volume augmente graduellement, mais aussi sur l'appareil ovarien.

Lorsque je retire la sonde, j'injecte dans l'utérus 1 ou 2 centimètres cubes de la mixture suivante :

Chlorhydrate de cocaïne 40 ccntigr.

Eau distillée 10 grammes.

On sait que la cocaïne joint à ses propriétés analgésiantes des propriétés antiseptiques. Ces injections intra-utérines sont toujours suivies de contractions utérines qui augmentent l'hyperhémie et peuvent réveiller la fonction ovarienne.

VIII. — L'électricité doit être essayée. Je préfère les courants induits qui agissent sur le muscle utérin. J'introduis le pôle + dans l'utérus et j'apptiqui sur la région lombaire.

le pôle -

IX. — £<; traitement local doit-il être appliqué chez les vierges ?

Je n'hésite pas à répondre par l'affirmative lorsque les intéressées y consentent. L'absence de la menstruation détermine parfois des troubles généraux assez graves pour qu'on puisse passer sur le très petit ini vénient de léser une membrane hymen. D'un autre côté, beaucoup de familles hésitent a marier leurs tilles tant que la fonction menstruelle n'est pas établie.

X. — Il va sans dire que le praticien consulté pour un cas d'aménorrhée doit s'assurer que la gi n'est pas possible avant de pratiquer aucune manœuvra intra-utérine. Mais le gynécologue exercé ne s'y trom pera pas et appuiera surtout son diagnostic sur le t petit volume de l'utérus des femmes aménorrhéiques.

XI. — Enfin, je terminerai l'exposé du traitement local en signalant les lavements et les injections stimulantes qui font partie de la médication rationnelle.

J'emploie, toujours à l'époque du molimen, de préférence des lavements chauds, additionnés de sel d'aloès ou de savon. Ce sont do simples adjuvants qui ont leur importance, surtout lorsqu'il existe de la constipation.

Tous ceux qui font de la gynécologie savent que le médecin est souvent consulté par déjeunes époux qui viennent lui demander pourquoi l'acte sexuel, au lieu d'être accompagné chez la femme de sensations voluptueuses, n'inspire souvent que répugnance et dégoût.

La question de la frigidité chez la femme est plus sérieuse qu'on ne le croit généralement : elle peut, dans certains cas, avoir une importance considérable en séparant les époux; elle doit donc être traitée comme une véritable entité morbide.

La difficulté est de formuler un traitement précis en dehors des conseils moraux et hygiéniques que le médecin peut et doit donner avec tout le tact que comporte une matière aussi délicate.

La frigidité chez la femme est souvent liée à l'aménorrhée et à un développement insuffisant de l'appareil

sexuel ; elle est, dans un bon nombre de cas, attribuable au mari, qui n'a pas su faire naître le désir vénérien. Il existe cependant certains cas où la thérapeutique purement médicale peut être utilement appliquée à Tanaphrodisie.

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