HT TT TES
La proportion des hommes, des femmes et des enfants audessous de 20 ans est la suivante :
DOS ee ee races, «02 PORTES RES De ae ee ue au à Sn fre PAM RE MR, du re 25 As
La filiation contagieuse, lorsqu'elle a pu être établie, a paru exister entre mari et femme, entre parents et enfants, entre enfants et parents, entre frères et sœurs.
sMEntrormarel femme. Arme C9 Tois.
2° Entre parents et enfants... ..... 48 — 3° Entre enfants et parents......... 5 — 4"REntre:fréres étisŒurse 1046/0290 =
Le mari et la femme, malgré leur intimité familiale, ne sont pas toujours forcément infectés l’un par l’autre, par leurs enfants ou leurs parents. Les chiffres trouvés à ce sujet sont les suivants :
Père et mère infectés. .......,.... 20 fois.
Père sain, mère infectée........6. 41 — Père infecté, mère saine..........… 14 — Père sain, mère saine. . ss s 4 ee core 21 —
Dans les cas de veuvage ou de séparation :
PORC PLAINE er es rs esssescse 0 D'IDIS.
Mère granuleuse............../0. 9 — PÉPBANUPIMNE .. serres cesse Jo — Moroipdemine, RAIN) QU
La mère a paru être contaminée par le père ou réciproquement :
Mere par pére... 18e": 11611 Tois, PÊTO DATIDIOLE cie ele esse een PÉTE OU MERE ee semimneostess +: SR Dita
er | es Les enfants ont été infectés généralement par la mère ou se sont contagionnés entre eux :
Mere el enfants, mn teens un 37 fois.
Froréstel SŒUrS en ER er ARS 20 —
Dans un grand nombre de cas, 47°/, environ, l'infection a été nulle. Dans 27 cas où l'intimité entre sujets sains et granuleux a étélà peu près absolue (lit, linges communs), il n’y a eu aucun cas de contagion.
Depuis la publication du mémoire de M. Truc, nous avons poursuivi l'enquête granuleuse aussi bien à Montpellier qu'à Cette et dans les villages environnants. Elle porte actuellement sur 95 familles,comprenant 414 personnes,dont 170 granuleuses (410/,) et 244 indemnes (59°/,) et se répartissant de la façon suivante :
lo Montpellier : 235 personnes.
ANUS EUR ER Dir 105, 44,7 °/.
ITABTARES RSR AS RER 130, 55,3 °J,.
20 Cette: 40 personnes.
GHANUIENX 1, rec NES 17, 42,5 °/.
INTÉMNES esse 29, 101/00f:
3° Villages : 139 personnes.
CTAIBUX EE ARS 48, 34,5 °J,.
INAGIONOSS SENS EEE set MOIS SRE
La proportion des sujets indemnes est donc ici de 55,3 0j, à Montpellier, de 57,5 °/, à Cette, de 65,5 ‘/, dans les villages.
La proportion des hommes, des femmes et des enfants aue dessous de 20 ans est la suivante :
Hommes. ..... PNEIP ses san 28: SO OMR or es va eee ours aix ED tes ten ee RAT RCE E WAR
AR ee
La contagion entre mari et femme, entre parents et enfants, entre enfants et parents, entre frères et sœurs, a paru se faire dans les proportions suivantes :
1° Entre mari et femme........... : ‘7 fois.
2° Entre parents et enfants... ...... 31 — 3° Entre enfants et parents......... 6 — AMEN fréres el SŒUTS- 2... ec. LOT -—
La contamination du mari ou de la femme l’un par l’autre, par leurs parents ou par leurs enfants, n’a pas toujours été con- Statée. Voici les chiffres que nous irouvons :
ÉSÉOROE RES IDÉES, Se de ce eee 1 Péresain, mère-inféctée.=..…....,...... 29 Père infecté, mère saine....... SR 16 Père et mère sains....... ...... NL
Le père a été contaminé par la mère et réciproquement :
MÉPE DA L Et à « Des ai ete se AU IUIS PÉT DADINO EE ee mentions LS
Les enfants ont été contagionnés habituellement par la mère, moins souvent par le père ou se sont contagionnés les uns les autres :
Gr CORAN QUEUE fee, lire des our. 128 Por Mens. AO. ce ra8 PrÉRS EP SUENNT PR ue ste
Dans 27 familles, où l'intimité était très étroite entre sujets sains etgranuleux (où le lit, les mouchoirs, les linges de toilette, la cuvette, étaient communs), il n’y a pas eu de contagion.
Une fois, la nièce a été infectée par la tante. La bonne a été également en cause une fois.
Ces deux enquêtes ontété faites dans des conditions absolument identiques, la seconde n’est en somme que la continuation et le
…Z"30 ts complément de l’autre. Il sera donc logique, après avoir comparé leurs résultats, de les réunir en une seule. Nous aurons de la sorte des chiffres assez élevés, ce qui contribuera à donner quelque valeur à nos conclusions.
Dans notre statistique, la proportion des sujets indemnes est un peu plus forte pour Montpellier, Cette et les villages que dans celle de M. Truc.
De même, ia proportion des hommes granuleux étant à peu près la même, celle des femmes est plus forte, et celle des enfants un peu plus faible.
La contagion granuleuse entre mari et femme est manifestement moins fréquente; elle est sensiblement la même entre parents et enfants, entre enfants et parents, entre frères et sœurs.
Le nombre des enfants infectés par la mère est également moins considérable.
Enfin, les granulations auraient été prises une fois au régiment et trois fois à l’école, fait qui n'aurait pas été constaté par M. Truc.
La réunion de ces deux statistiques en une seule donne un total général de 218 familles, comprenant 945 personnes. Sur ces 945 personnes, 427 sont granuleuses, soit 45,2 °/,, et 518 non granuleuses, soit 54,8 °/,.
Les sujets sont répartis entre Montpellier, Cette et les villages environnants. Les granuleux de Béziers, Perpignan, Alger, Bône, Oran, Constantine, Espagne, Egypte, etc..., son compris avec les malades des villages.
1° Montpellier : 146 familles, 627 personnes.
Granuleux ..... sis de sou 0 TROUS Indemnes..... ss SI DIS OOMMETT
20 Cette : 25 familles, 111 personnes.
Granuleux .......,,6.6 40 40,5°, INTOMNE ES ss DORE
3° Villages : 47 familles, 207 personnes.
TAUX LAURE + 0. 100,00 MemResUS. Re 134 64,7 «
Ces chiffres démontrent nettement que la proportion des sujets indemnes dans les familles granuleuses est moins forte à Montpellier (50 °/) qu’à Cette (59°/), moins forte à Cette que dans les villages (64 °/,).
Cette différence tient probablement à certaines conditions générales de travail, d'alimentation, de sobriété, meilleures à la campagne qu'à la ville, à Cette qu’à Montpellier. La vie en plein air, les maisons plus spacieuses, plus aérées, les constitutions plus vigoureuses, moins lymphatiques à la campagne qu'à la ville, servent également à expliquer ces différences.
La proportion des hommes, des femmes et des enfants audessous de vingt ans atteints de granulations est la suivante :
Montpellier. Cette. Villages, Total.
Hommes. 66 11 Dit 19080 29 00/0 Femmes. 125 16 27 — 168 — 39,3 « Enfants... 118 18 25, —= 161 — 37,7 «
La proportion des hommes, à Montpellier, à Cette et dans les villages est donc plus faible que celle des enfants et des femmes. A Montpellier et dans les villages, la proportion des enfants est plus faible que celle des femmes : elle est légèrement plus forte à Cette.
Toutes proportions gardées, les hommes granuleux se montreraient plus fréquents dans les villages (28,9 °/,) qu’à Cette (24,4°/,), plus fréquents à Cette qu'à Montpellier (21,3 °/,). Enfin, considérés dans leur ensemble, ces chiffres indiquent que la proportion des femmes (39°/) est plus forte que celle des enfants (37°), celle des enfants plus forte que celle des hommes (23 °/)e
LoSoe
Dans le cours de notre enquête, nous avons eu l’occasion de voir des malades tout à fait guéris, surtout dans les villages ; la guérison était même parfois si complète qu’on pouvait se demander si ces malades avaient jamais présenté des granulations. Mais par contre, dans bon nombre de cas, les granuleux ne se doutaient pas de leur affection; d’autres au contraire, seulement améliorés, se croyaient entièrement guéris. Ges derniers étaient non seulement exposés à avoir de nouvelles poussées, mais encore ils pouvaient être ou devenir une source constante d'infection.
Il n’a pas été toujours bien facile d'établir nettement la filiation contagieuse, faute de renseignements précis.
Néanmoins, cette dernière a paru exister plusieurs fois entre mari et femme, entre parents et enfants, entre enfants et parents, entre frères et sœurs.
1° Entre mari et femme........... 31 fois.
20 Entre parents et enfants. ........ 79 — 3° Entre enfants et parents.....,.,.. 11 —
40 Entre frères et sœurs. .......... 39 —
Nous ferons remarquer toutefois que la contagion, chez un certain nombre de sujets, a pu survenir parfois d’une facon accidentelle difficile à expliquer; par conséquent la filiation indiquée n’est pas toujours certaine, mais seulement probable,
Dans une même famille de granuleux, le mari et la femme, malgré leurs rapports intimes, ne sont pas toujours nécessaire= ment contaminés l’un par l’autre, par leurs enfants ou leurs parents. Le mari peut être sain et la mère infectée et réciproquement, ou tous les deux être sains. Et lorsque l'infection se produit, nous avons remarqué qu’il s’agissait la plupart du temps de sujets scrofuleux ou Iymphatiques, présentant des antécédents oculaires et ayant eu pour la plupart de la blépharite, de la conjonctivite, des taies de la cornée, etc. Les sujets maigres, secs
7 Que ou vigoureux et nonlymphatiques, qu’il s’agisse du mari ou de la femme, sont assez rarement infectés.
Voici quels sont, à ce sujet, les chiffres que nous trouvons :
LPCIC ChMDere NeCIES. es. en de cum co 21
20: Père sain, mère infectée . ..,...-.... 10 3 Père infecté, mère saine............. 30 AU PÈTE SAN, ICT SAME, à 5 es Chen eee 32
Dans les cas de veuvage ou de séparation, nous avons :
ECS UNIES ee Res, 2 CG
MÉTÉO SRE Rs. eue ee T4 ATHÉES TARN, QU Re: 9 NÉE NON OI CORRE NE 4
Le père a pu être contaminé par la mère et réciproquement. Nous trouvons, à cet égard, les chiffres suivants :
Mère par le père...... D mnt eee LI ETC DAL AM TO RM eee ere qd se put 0 POI OMPIBTE core Pile SR
Les enfants ont pu être infectés par le père ; ils l'ont été très souvent par la mère : dans un certain nombre de cas, ils se sont contagionnés les uns les autres.
PÉPO CHEN ST RE te same LD MOTO CIRAD ce nm tan ste auto he atere 44 ee | OU POLE 6 STD ee sua ee Mie De es de TD
Cette enquête nous a permis également de rechercher à quel âge on rencontre le plus fréquemment des granulations. Sur les 427 granuleux que nous avons observés, nous en trouvons 10? âgés de 10 à 20 ans, 88 ayant 20 à 30 ans, 67 de 30 à 40, 60 au-dessous de 10 ans, ete. Voici d’ailleurs la proportion exacte des granuleux relativement à l’âge.
UT
Au-dessus de 70 ans........ Die AOCRER 9 D6160-à OS. LUIMEUS URREEN 20 ER PR Ps 37
quon AU) LE 200) lot es mignie sp ae ae 9 EN — 30 à 40 —....... PRES Lis cn" PU AS) er soc idr sue 88 EAU TA 20 ee Mrs CUS Au-déssonstédUE=,, 0,0, rss 200
D'après ces chiffres, les granulations se rencontreraient surtout de 10 à 50 ans, avec un maximum de fréquence de 10 à 20 ans, puis diminueraient à partir de 50 ans et dans un âge plus avancé. Au-dessous de 10 ans, nous trouvons 60 granuleux, soit une proportion de 12 °/, environ. Ce chiffre est relativement très élevé et semble en désaccord avec les idées généralement admises, à savoir que les granulations sont rares dans le jeune age.
Cette statistique nous donne aussi d’autres enseignements :
Si nous laissons de côté les malades qui, les premiers dans chaque famille, ont présenté des granulations et sont venus réclamer nos soins, et que nous considérons comme la source d’infection pour tous les autres membres, nous trouvons, dans les 218 familles qui composent nos tableaux, 727 personnes survivantes. Ces 727 personnes se sont trouvées exposées au virus trachomateux, les unes pendant des semaines, d’autres pendant des mois, le plus grand nombre pendant des années : or, il est arrivé que 209 seulement ont contracté ia maladie et que 518 ont été épargnées. Sur les 218 familles désignées aux tableaux, 108 ont échappé à la contagion, c’est-à-dire la moitié environ. Il reste par conséquent 110 familles où le mal s’est communiqué au moins à un second membre du foyer.
Parmi les familles où la contagion a été nettement constatée, 8 fois l’infection s’est étendue à tous les membres du foyer.
ms Et Sur ces 8 familles, une (Observ. 181) appartient aux villages, et sept sont de Montpellier. Il n’en existe aucune de Cetté. Une seconde personne s’est trouvée porteuse de granulations palpébrales dans 52 familles, se répartissant de la façon suivante:
MODE DENETES A0, QU ATEUILT) Le LU LOS COUPS UANR MDN À TUE 5) VÉNE CORRE Re )
Deux cas de contagion dans une même famille sont signalés 28 fois : 20 fois pour Montpellier, 3 fois pour Cette, 5 fois pour les villages. Les familles où trois personnes présentent des granulations, à côté de la quatrième considérée comme la source d'infection, se trouvent relatées dans nos tableaux au nombre de 13; 8 pour Montpellier, 3 pour Cette, 2 pour les villages.
Dans 8 familles, appartenant toutes à Montpellier, nous avons observé quatre cas de contagion.
Enfin, une seule fois (Observ. 195), cinq membres d’une même famille ont été contaminés ; et, chose curieuse, c'est dans une famille de village que cette contagion énorme a été constatée.
En résumé, la proportion des cas de contagion dans les familles que nous avons visitées dans la région de Montpellier est la
suivante :
Montpellier Cette Villages Total
{ membre..... 42 D 5 — 52, soit 23,84 °/, 2 = 20 3 5 — 28 — 12,84°/, 3 — 8 3 2 =ut8ue 06,96}, 4 — 8 » D V81=#-18/11°/, 5 — » » Diese) 0002403 Famille entière... 7 » dti CBS ent STI 7,
Cette proportion est donc en général un peu plus forte à Montpellier qu’à Gette, plus forte à Cette que dans les villages,
Dans 54 familles, où l'intimité des sujets sains et granuleux
ER
était absolue, où le lit, les mouchoirs, les objets de toilette (serviettes, cuvette, éponges, etc.), étaient communs à tous les sujets, il n’y à eu aucune infection.
A la Clinique ophtalmologique, dans les salles communes et à la consultation où se trouvent réunis des granuleux et d’autres personnes atteintes d’affections oculaires variées, la contagion grapuleuse est rare.
Depuis 7 ans environ, nous n'avons constaté que 4 cas d'infection. Dans un cas, le malade, entré dans le service interne pour une cataracte traumatique, prit des granulations en se lavant imprudemment les yeux avec une solution boriquée dans laquelle un de ses voisins granuleux trempait ses tampons.Dans un second, le sujet, assistant du service, s’infecta lui-même par les doigts, en donnant des soins à des personnes granuleuses ; dans les deux autres cas, l'infection avait été produite par les assistants ou par les autres malades.
À l’hospice général, chez les garçons ou les filles de huit à seize ans, les granuleux sont en petit nombre.
Sur une trentaine de garçons, on trouve cinq granuleux et sur le même nombre de filles, sept granuleuses. La plupart des malades ont pris les granulations pendant leur séjour à l'hôpital.
Chez les vieillards, le nombre des granuleux est également minime. C’est à peine si l’on trouve sur 48 femmes trois ou quatre granuleuses, et sur 64 hommes deux granuleux.
À la Miséricorde, sur 60 garçons ou filles, nous ne trouvons que cinq granuleux.
À Bon-Secours, sur 55 orphelines de 7 à 21 ans, une seule présente des granulations.
Dans les écoles communales que nous avons pu visiter, les granuleux sont aussi très peu nombreux.
À l’école de Boutonnet, fréquentée par les enfants granuleux
de l'hôpital général, il n’y a aucun granuleux en dehors de ces derniers.
Se
Enfin, dans les casernes du 2° génie et du 142 régiment d'infanterie, il n'existe actuellement aucun soldat atteint de cette affection.
Ces recherches indiquent bien l'existence et le degré de la contagion. Il importe maintenant d'établir les conditions ordinaires de la contagion et de la non-contagion.
La contagion granuleuse existe, elle est même assez fréquente. Elle se produit presque toujours chez les jeunes sujets au-dessous de vingt ans, chez les femmes plus fréquemment que chez les hommes.
Les enfants au-dessous de quatre ans sont très rarement atteints (1,8 °).
Les scrofuleux, les lymphatiques, les débilités, tous ceux en un mot qui, par le fait de leur mauvaise constitution et d’une hygiène souvent déplorable, présentent une résistance moindre, sont particulièrement atteints : et dans plusieurs familles, nous avons souvent constaté que l'infection choisit nettement ses victimes,
L'influence débilitante des couches fréquentes ou compliquées, le catarrhe de la conjonctive observé si fréquemment pendant l'allaitement chez les mères pauvres, constituent autant de causes prédisposantes pour l’éclosion de l’ophtalmie granuleuse chez des femmes qui, sans cela, auraient probablement échappé à l'infection. Venneman signale ces conditions cinq fois. Pour notre compte, nous les avons observées deux fois (Obs. 47 et 81). Il en est de même de la rougeole et de la conjonctivite ou kérato= conjonctivite que l’on trouve souvent à sa suite : nous l’avons notée une fois (Obs. 88). Nous signalerons également l'influence prédisposante générale de la tuberculose : nous l'avons constatée une fois (Obs. 177).
Outre cette prédisposition générale, il faut également tenir compte d’une prédisposition locale. Un état d’irritation continue de la conjonctive, un catarrhe conjonctival récidivé et de longue
PR durée, en amoindrissant la résistance des muqueuses oculaires, préparent l’éclosion du trachome.
Les conjonctivites et les kératites phlycténulaires, les ophtalmies dites strumeuses ou lymphatiques, ont été bien souvent, dans le jeune âge, les précurseurs de l’ophtalmie granuleuse, qui n'est survenue que plus tard (14 fois).
Plusieurs fois, dans certaines familles granuleuses, l’ophtalmie n'a atteint queces enfants marqués, pour ainsi dire, d'avance du sceau de la débilité.
Dans un cas, nous avons noté l'ophtalmie purulente des nouveau-nés dans les antécédents oculaires du malade.
Un cerlain nombre de granuleux avaient présenté des affections lacrymales diverses avant d’avoir des granulations.
Dans 14 cas, il existait du simple larmoiement ; dans 4 cas, une dacryocystite muqueuse ou purulente.
Un de nos malades a eu un glaucome double avant de contracter des granulations.
Des leucomes consécutifs à des kératites ulcéreuses, à des traumatismes ou à des abcès de la cornée sont signalés 11 fois.
Des blépharites simples ou des blépharo-conjonctivites ayant précédé l'apparition du trachome ont été notées dans un certain nombre de cas.
Consécutivement aux conjonctivites catarrhales aiguës que nous avons eu à traiter dans certaines familles où vivaient un ou plusieurs granuleux, nous avons vu quelquefois les granulations naître sur les conjonctives de l’un ou de l’autre membre de la famille épargné jusque-là de la contagion. Cette apparition consécutive des granulations est une preuve de la nécessité de la préparation du terrain pour l’inoculation du trachome. Pour quelques cas de ce genre, nous pouvons affirmer que les granulations n’existaient pas avant l’éclosion de la conjonctivite aiguë. Toute conjonctivite purulente est contagieuse, quel que soit d’ailleurs le degré de sa purulence. Mais le catarrhe ainsi com-
muniqué, pour se transformer en trachome, a besoin de l'inoculation simultanée ou consécutive du virus trachomateux.
En résumé, plus de 60 sujets (18 °/, environ) ont présenté tout d'abord des affections oculaires diverses, telles que blépharites, conjonctivites, kératites, états lacrymaux, etc., et ne sont devenus granuleux que plus tard.
Le mode de contaminalion peut être direct ou indirect et varier à l'infini, mais c'est toujours par le contage que la transmission se fait.
Les doigts mal nettovés, le lit, les éponges, les mouchoirs, les objets de pansement, les essuie-mains, les linges de toilette, les vases à eau servant à plusieurs pour se laver le visage, les baisers, dans quelques cas peut-être certains jeux, sont les modes d'infection les plus ordinaires. Une fois la nourrice a été en cause; dans un autre cas, la bonne a été la source d'infection.
Il est probable que la plupart de nos malades ont été infectés chez eux et entre eux, en se servant des mêmes mouchoirs, des mêmes linges de toilette, etc.
A l’Hôpital-Général, à la Miséricorde, à Bon-Secours, etc., où chaque sujet a sa toilette distincte, où les plus grands soins de propreté sont pris, la contagion s’observe assez rarement. La contagion dans les écoles et à la caserne est rare; toutefois, un de nos malades semblerait avoir pris des granulations au régiment (Obs. 10) et trois autres à l’école (Obs. 188, 190 et 193).
Les ophtalmies printanières sont absolument exceptionnelles puisque, sur 15,000 malades, il nous à été permis d’en rencontrer 4 ou 5 au plus. Nous ne les avons jamais observées à côté des ophtalmies granuleuses.
Les ophtalmies folliculeuses, plus fréquentes que le catarrhe printanier, mais moins que l’ophtalmie granuleuse, ont été assez rarement observées à côté du trachome.
Abe
Si l’origine de ces trois affections était commune, comme certains auteurs ont de la tendance à l’admettre, nous devrions observer ces dernières plus fréquemment et les rencontrer souvent dans les familles en même temps que le trachome.
Les ophtalmies phlycténulaires sont au contraire plus fréquentes ; elles se combinent souvent avec le trachome, formant ce que M. Truc a désigné sous le nom de conjonctivite granulo-lymphatique.
La contagion a paru s'effectuer, en général, pendant les poussées aiguës ou subaiguës des granulations, à la période de suppuration ou de catarrhe; elle n’a été presque jamais observée dans les formes chroniques sèches.
Si la contagion n’est pas rare, la non-contagion est également fréquente, vu le temps souvent très long pendant lequel certains sujets sont demeurés exposés à l'infection. Sur les 945 personnes composant les 218 familles, 518, c’est-à-dire 54.8 °/, sont restées indemnes. La non-contagion est également fréquente dans les familles : sur 218, 108 ont échappé à la contagion, soit 49.54 °/. Ordinairement un second membre a seul contracté les granulations conjonctivales ; moins souvent deux, quelquefois trois, rarement quatre, exceptionnellement cinq.
De prime abord, la contagion semblerait devoir étre très commune de mari à femme, et inversement. Notre enquête démontre qu'il n’en est rien. Cent vingt-sept fois les granulations auraient pu se communiquer d'un conjoint à l’autre, et l'infection n'a eu lieu que vingt-sept fois. Soixante-dix fois le mari a résisté à la contagion à laquelle l’exposaient, des jours etdes nuits multipliés, les conjonctives trachomateuses de son épouse; et la femme, trente fois, n'a pas contracté les granulations de son mari.
Ces chiffres acquièrent encore plus d'importance quand on songe que mari et femme vivent d'ordinaire dans des conditions
identiques de mauvaise hygiène, conditions qui servent à préparer le terrain à la contagion. C’est en effet dans des appartements étroits, humides, mal aérés, le plus souvent sales, pleins de poussière ou de fumée que nous trouvons la généralité des granuleux de notre région. Nous nous hâterons d’ajouter que les hommes qui vont au dehors vaquer à leurs occupations journalières, restent par le fait moins longtemps exposés à ces influences nocives qui préparent le terrain pour la contagion et résistent mieux et plus longtemps à l'infection: aussi leur chiffre de contagion reste-t-il sensiblement moins élevé que celui de la femme. Par contre, l’homme qui travaille dans une usine, dans une fabrique ou dans un atelier quelconque, trouve là des causes irritantes qui vont préparer ses conjonctives à la contagion, et succombe alors plus facilement.
Les adolescents et les adultes, sujets non lymphatiques, forts, vigoureux, ou maigres et secs et sans irritation préalable des yeux, ont généralement échappé à la contagion. La résistance des sujets, comme leur prédisposition, est donc question d'âge, de constitution, de terrain. La non-contagion s'explique par le peu d'écoulement purulent ou muco-purulent, catarrhal ou lacrymal de la conjonctive. Les formes aiguës sont relativement rares; les formes suppuratives absolument exceptionnelles ; nous en avons rencontré à peine trois ou quatre cas depuis la création du service.
Les formes que nous observons le plus ordinairement sont les formes chroniques, sèches, avec quelques poussées aiguës ou subaiguës de temps à autre, mais généralement l'écoulement est minime.
Très souvent dans les granulations lymphoïdes, toujours dans les granulations scléroïdes, la conjonctive est sèche ou à peine humide, il n’y a pas d’excrétion. Dans ces cas, la contagion est nulle ou à peu près nulle. Toutefois, il peut survenir, sous des influences diverses, une exacerbation, une poussée qui donne
Ad ns lieu à la production de sécrétions nouvelles et permet alors l'infection ambiante.
£a contagion est donc fonction de la sécrétion granuleuse : sa fréquence est en raison directe de l'abondance de cette sécrétion et de sa virulence.
L'ophtalmie granuleuse, qui a sévi autrefois avec tant de violence dans la plupart des armées d'Europe, était caractérisée par une abondante sécrétion de pus ; aussi la propagation se faisait-elle aisément et avec une rapidité parfois effrayante.
De nos jours encore, les ophtalmies granuleuses en Algérie, en Egypte, en Orient, sont très souvent purulentes à certaines époques de l’année, pendant la saison sèche notamment ; la contagion est alors fréquente. La contagion est au contraire rare pendant tout le reste de l’année, tant que les granulations palpébrales restent sèches.
En France, les granulations sont actuellement très peu purulentes ; l'état aigu est très rare. Dans la région de Montpellier, la forme aiguë est exceptionnelle ; la forme subaiguë avec sécrétion muqueuse, quoique plus fréquente que la forme précédente, est encore assez rare; par contre, la forme chronique, sèche, est la plus communément observée, sa fréquence est même assez grande ; mais, par le fait même de l'absence de sécrétions, la contagion est diminuée, et souvent même difficile.
La contagion granuleuse dans nos pays est donc actuellement peu redoutable : elle l'est bien moins qu'autrefois, bien moins encore qu'en Algérie, en Egypte et en Orient, etc., à cause de l’extrême rareté des sécrétions chez nos granuleux. Elle n'est à craindre que chez les jeunes sujets, chez les femmes, chez les lymphatiques surtout. La transmission se fait par le contact direct ou indirect,surtout lorsqu'il existe un écoulement catarrhal muco-purulent ou purulent de la conjonctive. L'’infection se produit rarement dans les écoles, dans les casernes, dans les crèches : on l'observe le plus ordinairement dans les familles.