INTRODUCTION
La contagion du trachome est généralement admise par les classiques. Dans ces derniers temps toutefois, elle a été vivement contestée. Cette question est très importante au point de vue pathologique et clinique ; elle ne l’est pas moins au point de vue social, et il y aurait grand intérêt à la trancher. En l’absence de critérium bactériologique ou expérimental, des enquêtes sont nécessaires. Venneman, en Belgique, a étudié à cet égard un certain nombre de familles granuleuses et constaté que la contagion est réelle, mais relativement rare. À Montpellier, des études du même ordre ont conduit à des conclusions à peu près analogues. Depuis l’origine de la clinique ophtalmologique où les granuleux abondent, notre Maitre, M. le professeur Truc, s’est préoccupé de la propagation de l’ophtalmie granuleuse.
IL a suivi ses nombreux malades et a pu les examiner jusque dans leur milieu. Un article de la Semaine médicale du mois de décembre 1893 fournit le résultat de l'observation de 123 familles.
Avant pris une part active à ces recherches, nous avons cru utile de les continuer. Notre enquête personnelle a porté sur 95 familles, ce qui, joint à celle de M. Truc, donne un chiffre respectable de 218 familles. C’est, croyons-nous, la statistique da plus considérable que l’on ait publiée.
Sans trancher absolument la question de la contagion du tra-. «home, elie sera probablement de quelque poids. Elle aura en.
NO es tout cas une réelle portée régionale. Nous la donnons d’ailleurs pour ce qu'elle vaut, en toute sincérité.
Notre enquête a été faite parmi les granuleux de Montpellier
et des environs. Voici comment nous avons procédé :
Nous avons d’abord noté ceux qui se sont présentés à la consultation où qui sont entrés dans le service interne. Nous nous sommes attaché à étudier la forme particulière des granulations qu'ils présentaient, les complications palpébrales, kératiques ou lacrymales, leur tempérament, leurs antécédents généraux et oculaires ; nous les avons visités ensuite à domicile et, de la sorte,nous avons pu rechercher dans quelles proportions les divers membres de chaque famille étaient atteints, étudier leurs habitudes, leur état social, établir la filiation des granuleux, le mode de contagion, etc.
Notre travail est divisé en deux parties :
Dans une première partie, nous exposons les idées émises par les auteurs sur la nature du trachome, sur les divers éléments auxquels on attribue la contagion de cette maladie et sur son mode de propagation.
Dans une seconde, après avoir dit quelques mots de l'enquête faite par M. Truc et de notre enquête personnelle, nous donnons les résultats de ces deux enquêtes réunies: nous terminons cette seconde partie par quelques considéralions générales sur la prophylaxie du trachome ei l'isolement des granuleux.
À la suite de ce chapitre,nous plaçons, sous forme de tableaux, les osservations des 218 familles qui composent notre statistique.
Avant d'entrer en matière, qu'il nous soit permis de dire l'émotion que nous éprouvons au moment de quitter les bancs de cette École. Nous ne saurions oublier l'accueil bienveillant que nous avons reçu de Maitres éminents, soit à la Faculté, soit dans les hôpitaux. |
Uest avec un. sentiment de profonde gratitude que nous prions M. le professeur Truc de recevoir nos plus sincères remerciements pour les conseils éclairés qu’il n’a cessé de nous donner et la sollicitude avec laquelle il à guidé nos premiers pas dans la carrière médicale.
I nous a été donné de suivre, pendant plus de cinq ans, ses savantes leçons, et de recevoir dans la Clinique ophtalmologique un enseignement à la fois pratique et élevé. Nous lui exprimons notre plus vive reconnaissance pour son extrème bienveillance et pour l'honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de notre Thèse.
https://archive.org/details/IA41555606 0003
DE
(TRACHOME)