‹ Contagion de l'ophtalmie granuleuseChapitre 5 sur 31 · GENE RONDE SA UEREUES · texte numérisé non relu

GENE RONDE SA UEREUES

Tous les classiques, en général, admettent la contagiosité du trachome. Quelques auteurs cependant prétendent ne l'avoir jamais constatée : tels, Furnari et Roustan en Algérie, Dianoux à Pen-Bron, Chibret à Clermont-Ferrand, etc.

Tout récemment encore, dans un mémoire publié dans les Annales d’oculistique (janvier 1893), Mutermilch l’a niée formellement.

Pour lui, le follicule trachomateux ne serait pas spécifique ; il est absolument banal et peut se rencontrer dans toute conjonctivite chronique, de n'importe quelle origine.

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Il se fonde, pour émettre cette opinion, sur ce fait que l’inoculation des divers microbes des granulations n’a donné de résultats positifs qu’à leurs auteurs. Les inoculations vérificatrices, exécutées par d’autres expérimentaieurs, sont restées négatives. Le coccus de Michel, le plus populaire, n’a pas justifié la foi qu'on avait en lui; Schmidt-Rimpler affirme ne l'avoir jamais trouvé dans les cas de trachome.

L'observation clinique, dit-il, serait absolument contraire à la contagion: on n’est pas arrivé à découvrir de microbe réellement spécial, parce qu’il n’en existe pas. Et nous ne croyons pas commettre d’exagération en disant qu’on a trouvé autantde microbes qu’il y a eu d’expérimentateurs.Le follicule et le trachome à ses divers stades s’expliqueraient aisément par les modifications que l’inflammation fait subir à l’épithélium conjonctival, par les altérations que présente le tissu œdématié sous-jacent. Toute inflammation de la conjonctive, quelles que soient sa nature et son intensité, pourrait,à certain moment, donner lieu au trachome typique ; aussi bien la conjonctivite catarrhale, la chronique conjonctivite folliculaire, que la blenorrhée chronique. etc...

La contagion trachomateuse serait basée sur un préjugé scientifique, si l’on en croit Mutermilch: un homme bien portant pourra prendre d’un granuleux une inflammation légère et plus ou moins passagère de la conjonctive, il ne prendra jamais des granulations.

Toutefois, on peut dire que la contagion du trachome est aujourd’hui admise d’une façon générale par les auteurs.

Les graves épidémies militaires l'ont solidement établi.

Les documents publiés sur la campagne d'Égypte, au point de vue médical comme au point de vue militaire, nous apprennent que les troupes françaises et anglaises, à peine débarquées sur les bords du Nil, furent atteintes par l’ophtalmie granuleuse.

Il importe de noter le nombre considérable d'étrangers, de Belges surtout, qui se trouvaient enrôlés dans l’armée française.

Cela nous permettra d'expliquer la rapidité avec laquelle se fit la propagation dans toute l'Europe .

De retour d'Égypte, les soldats étrangers quittèrent les rangs de l’armée française et ne tardèrent pas à prendre du service dans leur propre pays, apportant avec eux les germes de la maladie qui avait sévi avec tant de rigueur dans les régiments où ils s'étaient primitivement enrôlés. Non seulement les armées française et anglaise apportèrent dans leurs pays respectifs le mal dont souffraient leurs soldats, elles contaminèrent encore les pays qu’elles traversèrent, tels que Gibraltar, Malte, l’île d’Elbe, l'Angleterre, l'Italie, etc.

De plus, après la campagne d'Egypte, eut lieu la guerre européenne, dans laquelle les armées de Napoléon parcoururent!' Europe tout entière, trainant après elles la terrible maladie qu'elles semèrent partout sur leur passage. En 1815, l’armée anglaise, qui avait été si éprouvée par la maladie, se trouvait dans le camp des alliés, et, par son contact avec ces troupes, apporta un nouvel appoint au développement de la maladie. Cela nous explique pourquoi les troupes belges, prussiennes, autrichiennes, russes, espagnoles, italiennes, etc., furent si largement infectées. Détail curieux à signaler, l’armée française paraissait être relativement épargnée.

Nulle part, en France, il n'existait de foyer de l’ophtalmie qui sévissait avec tant de violence chez tous nos voisins. On aurait dit qu'après avoir puissamment contribué à la répandre un peu partout, les soldats français s’en fussent complètement débarrassés. On se demandait, en Belgique surtout, où cette maladie s'était propagée si rapidement et faisait tant de victimes, quelle pouvait étre la cause de cette immunité ; pourquoi l’armée française n’était pas frappée au même degré que les armées voisines.

Parmi les nombreuses causes invoquées pour expliquer cette immunité, la plus vraisemblable est la suivante: sur les 30,000 hommes qui faisaient partie de l'expédition d'Egypte, un tiers au

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moins était composé de Belges etd’Italiens,ce qui réduisait à 20,000 le nombre des soldats français. Sur ces 30,000 hommes, 10,000 à peine furent, après la capitulation d'Alexandrie, rapatriés par les Anglais et dirigés sur le nord de l'Italie, où ils apportèrent le germe de la maladie. Un seul corps, celui des Mamelucks, pénétra en France avec Napoléon et alla à Melun.

L'ophtalmie granuleuse sévit avec violence dans cette garnison parmi les soldats qui revenaient d'Egypte et parmi ceux nouvellement incorporés, qui étaient pour la plupart d'origine italienne : elle prit même, chez ces derniers, un tel développement qu'on fut obligé de les renvoyer dans leur patrie; mais elle resta limitée à ce corps.

Quant à la flotte, la plus grande partie fut détruite par Nelson à Aboukir. Quelques vaisseaux allèrent se réfugier à Malte ; ceux qui purent échapper à ce désastre servirent plus tard à ramener Napoléon à Fréjus.

Enfin l'expédition de Saint-Domingue et la bataille de Trafalgar firent disparaître à peu près complétement la flotte française. e qui pouvait en rester se vendit, à Cadix, aux Espagnols, en

La contagion ne pouvait donc venir du côté de la flotte, puisque aucun navire ne put aborder dans un port français et créer un foyer d'épidémie. Du côté de l’armée de terre, les Mamelucks seuls, que Napoléon ramena en France, furent sévèrement frappés. Mais la maladie ne se propagea pas.

Saus doute, il y eut alors en France quelques cas d'ophtalmie, mais ils furent assez rares : les foyers isolés ne purent d’ailleurs transformer la maladie en une véritable épidémie comme cela eut lieu pour la plupart des puissances voisines. Quant à l’appoint de contagion fourni par les armées alliées souffrant de la maladie, il fut peu considérable, car l'invasion fut de courte durée ; les armées alliées furent d’ailleurs plus souvent casernées que cantonnées, et leurs rapports avec les habitants du pays furent

peu intimes. Telle est la cause de l'immunité dont la France parut jouir vis-à-vis de l’ophtalmie granuleuse.

Quoi qu'il en soit, à partir de cette époque, les granulations ont régné d'une façon épidémique dans la plupart des armées d'Europe ; et ce n’est qu'à grand'peine, et grâce aux mesures les plus sévères, que l’on est arrivé, chez quelques-unes du moins, à en détruire complètement le germe. Depuis lors, les nouveaux foyers trachomateux sont généralement venus du dehors ; l'ophtalmie granuleuse a été importée et propagée dans les armées par l’arrivée des jeunes conscrits, ainsi que l’a tout récemment constaté Feuer pour l’armée austro-hongroise.

On s’est demandé toutefois si les granulations d'Egypte étaient identiques à celles que l’on observe aujourd’hui en Europe.

Dans un mémoire paru dans les Annales d'oculistique de janvier 1894, Démétriadés, étudiant l’ophtalmie purulente d'Egypte, son étiologie et ses rapports avec le trachome, établit que les granulations d'Egypte sont semblables à celles que nous observons en Europe ; mais en été elles se compliquent très souvent de conjonctivite purulente. Toutefois, la suppuration ne doit pas être considérée comme le symptôme imitial et dominant de l’ophtalmie d'Egypte; si sa présence révèle quelquefois la poussée granuleuse, il n’en est pas moins vrai qu'elle peut en être indépendante ; elle constitue une complication incidente des granulations :

Tous les granuleux d'Egypte n'ont pas une conjonctivite purulente, comme semblent le faire croire les descriptions faites par les médecins de passage en Egypte sur les granulations de la conjonctive. Il est d'observation journalière que l'ophtalmie granuleuse, en Europe comme en Egypte, évolue d’une façon lente et insidieuse, et passe souvent inaperçue, si des irritations un peu vives de la conjonctive ou de la cornée n’amènent le malade chez le médecin.

D'ailleurs, au point de vue histologique, lagranulation d'Egypte

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a une structure identique à la granulation d'Europe : on observe toujours le même entassement de cellules lymphoïdes et les mêmes transformations de ces cellules.

Ii est difficile d'admettre l'opinion de M. Kartulis, dont M. Abadie s’est fait le défenseur au dernier congrès d’ophtalmologie, à savoir que pendant l'hiver le gonocoque existe à l’état latent dans les conjonctives des granuleux, et qu'en été, sous des influences diverses, la virulence de ce microbe se réveille pour produire l’ophtalmie purulente. S'il en était ainsi, un sujet granuleux, vivant dans de bonnes conditions hygiéniques, loin de toute infection, devrait présenter aussi l’ophtalmie purulente.

L'observation de tous les jours démontre au contraire que le granuleux prudent, soigneux de sa personne et de ses yeux, ne présente pas d’ophialmie purulente. La suppuration n'a donc rien à faire avec le trachome: si cette ophtalmie survient alors que le trachome existe, c’est toujours par accident et par contagion. Un sujet peut avoir une ophtalmie purulente sans qu'il existe de trace de trachome et sans même que cette conjonctivite entraîne à sa suite l'apparition de granulations. Par conséquent, la purulence, soit qu’elle complique des granulations préexistantes, soit qu'elle précède ou accompagne leur apparition, est une maladie essentiellement indépendante et épisodique : les granulations d'Egypte sont, par leur nature et leur mode d'évolution, absolument identiques à celles d'Europe.

On s’est demandé aussi si l’ophtalmie militaire ancienne était semblable à l'ophtalmie actuelle. Des doutes sérieux ont été émis à ce sujet, notamment en Allemagne. Il semble néanmoins que l’ophtalmie chronique ou subaiguë, que nous traitons sous le nom de trachome ou de conjonctivite granuleuse, soit bien toujours la même ophtalmie militaire du commencement de ce siècle. Les formes peuvent différer, mais l’origine des lésions reste la même. D'ailleurs, ne voyons-nous pas aujourd’hui les granulations d'Egypte présenter une purulence excessive en cer-

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taines saisons et nulle en d’autres ? Ces granuleux diffèrent très souvent des nôtres, et on ne peut cependant nier l'identité de leur nature.

La contagion granuleuse a d’ailleurs été observée dans des agglomérations variées. Bader rapporte que, dans une école de pauvres, à Holborn, les 500 enfants qui s’y trouvaient souffraient du trachome. Hairion (1840), à l’orphelinat de Malines, a trouvé, parmi les 66 orphelins, 64 trachomateux. A Mons, sur 73 orphelines, 71 étaient atteintes de trachome. Dans le bagne de Dublin, de 1849 à 1854, on a compté pas moins de 134,838 personnes atteintes de trachome ; et tout récemment encore, à Saint-Louis, Alt a trouvé 59 granuleux sur 63.

Dans les navires, où l'équipage dispose de peu d'espace, le trachome peut se propager avec une très grande rapidité. Mackenzie a fait l’historique de l'épidémie granuleuse qui sévit en 1819 sur le négrier français le Rôdewr. Il rapporte que l’affection éclata au milieu du voyage, d’abord parmi les nègres entassés au nombre de 160 dans l’intérieur du navire. On leur permit un jour d'aller sur le pont prendre l'air frais, ce qui paraissait agir favorablement sur leurs granulations ; mais bientôt un des matelots, qui couchait sous le pont, près de la cloison à treillis qui communiquait avec la câle, fut atteint. Trois jours après, le capitaine et presque tout l'équipage furent eux-mêmes frappés, à tel point que le navire arriva à destination avec les plus grandes difficultés. Parmi les nègres, trente-neuf restèrent complètement aveugles. Quant à l’équipage, douze hommes sur vingt-quatre restèrent aveugles, et entre autres le chirurgien; quelques autres eurent des taies considérables de la cornée avec synéchie antérieure.

Auvray (thèse 1883) rapporte que l’ophtalmie granuleuse fut importée par un soldat infecté chez les pupilles de la marine à Brest; l'épidémie se propagea avec une telle rapidité et devint si violente qu’on fut obligé de licencier l’École.

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Enfin, dans ces derniers temps, quelques auteurs, s'appuyant sur des enquêtes, ont établi, au point de vue régional, l'existence et le degré de contagion du trachome.

Dans le courant de l’année 1888, Venneman, en Belgique, a réuni une centaine de cas d’ophtalmie granuleuse et a étudié leur contagion dans le cercle restreint et bien limité de la famille au milieu de laquelle vivaient ces ophtalmiques, Il à annoté indifféremment, comme ils se présentaient à la consultation, les individus mariés ou célibataires, pour lesquels il lui était possible d’avoir des renseignements positifs sur l’état des yeux des membres appartenant à leurs familles respectives. Il les a classés ensuite en deux tableaux, de cinquante chacun, comprenant: le premier, les granuleux mariés, le second, les granuleux célibataires.

Dans le premier tableau, il a recherché et noté avec soin la fréquence et le mode d'infection des deux conjoints entre eux d’une part, la fréquence et le mode d'infection des enfants par les parents d'autre part.

Dans le second tableau, il s'est demandé dans quelle proportion les parents, les frères et les sœurs du trachomateux étaient atteints de la maladie oculaire contagieuse, combien de fois et comment s'était faite la contagion.

Les cent familles observées par Venneman comprennent 597 personnes: l'infection s’est produite chez 40 seulement; 457 y sont demeurées réfractaires.

Sur les cent familles, 72 ont été épargnées. Parmi les 28 familles où la contagion a été observée, pas une seule fois l’infection ne s’est étendue à tous les membres du foyer.

Une seconde personne s’est trouvée porteuse de granulations palpébrales dans 19 familles. Deux cas de contagion dans une même famille sont signalés 5 fois.

Enfin, dans 3 familles, la contagion s’est étendue à trois membres du foyer.

Les conclusions de Venneman sont que la contagion est réelle, mais rare parmi les 497 personnes, puisque 40 seulement ont. été contaminées,; elle est rare aussi parmi les familles (28 sur 100).

Viger, en Algérie, a fait aussi une enquête granuleuse dans des conditions à peu près identiques à celles de Venneman : il en à publié le résultat dans les Annales d'oculistique (1894). Cette enquête porte sur 61 personnes, dont 30 granuleuses et 31 indemnes. La contagion s’est produite 9 fois, soit 57 °/ elle à été probable 1 fois, et négative 8 fois.

Elle à paru se faire des enfants aux parents, des parents aux enfants et du père à la mère.

M. le professeur Truc, dans des Bulletins annuels de la clinique de Montpellier (1887-93), dans la thèse d'Emery (1888), dans divers mémoires publiés dans le Montpellier médicaletles Annales d'oculistique et dans un travail paru récemment dans la Semaine médicale et sur lequel nous reviendrons un peu plus loin, à

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constaté la contagion de l’ophtalmie granuleuse dans la région de Montpellier.

L’exposé qui précède montre donc que l’ophtalmie granuleuse est une maladie contagieuse: sa contagiosité est attribuée à divers. éléments.

Pour de Wecker, la «contagion est directement liée à la sécrétion, celle-ci dépendant de phases inflammatoires plus ou moins accusées qui accompagnent la production du tissu néoplasique. »

Meyer accuse le contenu des granulations et la sécrétion conjonctivale.

Koch, Fuchs, Galezowski, incriminent le gonocoque. Pour Fuchs, l’origine serait blennorrhagique. Il se produirait tout d'abord une ophtalmie blennorrhagique qui passerait bientôt à.

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l'état chronique et, inoculée, donnerait lieu à la production du trachome. Dans les nombreuses recherches microbiennes qu'il a faites en Egypte, Koch a presque toujours rencontré le gonocoque dans le pus des granuleux. Ce serait d’ailleurs ce même gonocoque qui, d'après Galezowski, rendrait compte de la fréquence des granulations chez les blanchisseurs et les blanchisseuses de la capitale, Ces individus essuient leurs yeux avec des linges portant des tachesblennorrhagiques: le pus blennorrhagique s’inocule ainsi aux yeux et engendre soit des granulations, soit une ophtalmie aiguë.

L'élément génésique des granulations, l’agent contagieux est-il réellement spécifique et microbien ?

Déjà en 1831, dans une thèse soutenue à Montpellier, Eydoux parlait d’un agent hétérogène. Mais il faut arriver plus près de nous pour voir la question du microbe prendre de l'importance et être sérieusement étudiée.

Ce n’est guère qu'en 1881 que l’on commenca à rechercher l’agent de la contagion. À cette époque, Hirschberg et Krause trouvèrent des bactéries dans les sécrétions de l’ophtalmie granuleuse aiguë; mais les ensemencements de conjonctivite granuleuse chronique ne donnèrent aucun résultat.

La même année, devant la société d’ophtalmolosie d’'Heidelberg, Sattler décrivit, comme causes du trachome, des microcoques analogues à ceux de la blennorrhagie, recueillis dans la sécrétion conjonctivale et pouvant, après culture, reproduire la maladie chez les animaux.L'auteur retrouva ces mêmes microbes dans les granulations, la plupart du temps contenus dans les cellules non par deux, comme ceux de la blennorrhagie, mais par trois ou quatre.

Des inoculations auraient été également faites sur la conjonctive de l'homme, et deux fois les résullats auraient été positifs. Cette communication de Sattler suscita de nombreux travaux de contrôle, parmi lesquels nous citerons ceux de Weisser, Haab,

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et surtout celui de Leber, qui assigna comme siège aux microbes, non plus la substance granuleuse, mais le tissu sous-épithélial.

Dans un mémoire paru en 1883, Sattler vint confirmer sa précédente communication.

Cette même année, Koch profita de son séjour en Egypte, où il avait été appelé par ses recherches sur la tuberculose, pour se livrer à l’étude des granulations. Il examina des indigènes atteints d'ophtalmie propre au pays et annonça avoir trouvé plusieurs variétés de microbes: chezles uns, des gonocoques de la blennorrhagie; chez d’autres, des microcoques beaucoup moins dangereux ; enfin, chez certains, de petits bacilles très fins, très nombreux, qu’il aurait rencontrés à peu près constamment au milieu des corpuscules de pus. Ces bacilles fins n’ont pas été retrouvés depuis.

Poncet, de Cluny, examinant à son tour une plaque granuleuse au microscope, trouva des microcoques beaucoup moins gros que celui que Neisser a reconnu dans la blennorrhagie uréthrale. Jamais il n’a vu de bactéries en baguettes; celles qui ont été trouvées par Koch devaient venir probablement du dehors. En 1886, il fit, à la Société française d’ophtalmologie, l'exposé de ses recherches : il se rangea à l’avis de Sattler et plaça le siège du parasite dans les leucocytes du tissu granuleux.

L'année d’après (1887), parurent les travaux de Michel, de Goldschmidt, et de Koucherski.

Le professeur Michel, de Wurtzhourg, fit ses recherches à propos de l'épidémie de conjonctivite granuleuse qui sévit à l’orphelinat d'Aschaffenbourg. IL trouva, non plus un microcoque, mais un diplocoque ayant pour lieu d'élection le tissu même du follicule muqueux. Ce coccus affectait la forme d’un pain; ilétait très ténu, etse colorait par toutes les couleurs d’aniline ; il était privé de mouvements de déplacement, mais animé d’une rotation et d’une oscillation manifestes. Dans les cultures en pointe, il se développait sous forme d'un gazon blanc gri-

sâtre au début : jamais la gélatine ne se liquéfiait. Le développement du microbe était accéléré par une température élevée, Get auteur inocula ces cultures à l’homme et déclara avoir réussi à provoquer une conjonctivite granuleuse type.

Goldschmidt, à l’aide de forts grossissements, a trouvé le même diplocoque. Il a réussi par des inoculations à provoquer 16 trachome chez l’homme.

Koucherski x trouvé dans la sécrétion de la conjonctive trachomateuse beaucoup de petits bacilles, mais pas de microcoques. La culture de la sécrétion, dans le cas de trachome aigu et chronique, a donné ordinairement des bacilles et des microcoques. L'examen microscopique de follicules trachomateux à démontré la présence de petits diplocoques très nombreux entre les cellules. La culture du contenu du follicule a été faite dans 13 cas, et, dans 8 cas, l’auteur a obtenu une culture pure d’un inicrocoque qui, macroscopiquement, se caractérise par la liquéfaction de la gélatine et la formation d'un précipité au fond du tube d'essai. Sous le microscope, cette culture consistait en ‘iplocoques semblables au staphylococcus pyogenes albus et aux autres microbes qui se trouvent dans l'air. Ces cocei se trouvaient tantôt isolément, tantôt en groupes, tantôt sous forme de chaines eourb $s où du chiffre 8.

En 1888, Stadérini à publié des observations du plus vif intérêt, Comme Michel, Goldschmidt, Koucherski, il admet aussi le diplocoque comme l'agent principal des granulations. Mais le point le plus intéressant de sa communication, et sur lequel il a le soin d’insister tout particulièrement, est le suivant : en portant des cultures de ce microbe dans le cul-de-sac conjonctival d’un lapin, il obtient un résultat négatif, si l'animal est bien portant, bien nourri et bien logé, et positif lorsque l’animal est affaibli, malade, mal nourri ou tenu dans un espace plus ou moins confiné.

Cette même année, Pétresco, de Bucharest, vint décrire un

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