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qui recherchent et découvrent les sources de contagion, si minimes soient-elles. Car, s’il paraît établi qu’une contamination importante entraîne facilement de grosses lésions. tuberculeuses, alors qu'une contamination légère n’entraîne que des lésions discrètes, on a pourtant remarqué qu’il n'existait parfois aucun
‘apport entre la fréquence et l’intimité du: contact et la lésion bacillaire évolutive massive. D’où l’importance de ne négliger aucun contact, si minime soit-il
L’Assistante sociale tend donc ses efforts à dépister, non seulement des tuberculoses ouvertes graves, mais aussi des tuberculoses cicatrisées et:soi-disant guéries, et des contacts fugaces. Efforts souvent stériles, car ils s’opposent à la difficulté de l’aveu ainsi que nous avons pu le constater dans quelques observations relatées plus haut, à une sorte de pudeur familiale. Pour bien des gens, la tuberculose es une tare que l’on essaie de cacher. ;
Après avoir dépisté les sources de contage, l’Assistante sociale essaie de réduire les effectifs bacillaires. disséminés dans le milieu: familial.
Rôle difficile où pourtant nos Assistantes sociales excellent. Il faut convaincre les parents de l'utilité du placement des enfants ; leur faire admettre — et qui plus est : comprendre — la nécessité de séparations souvent longues. |
Eloigner le père ou les parents tuberculeux en les dirigeant sur des hôpitaux ou des sanatoria ; interdire les visites amicales, charitables, voire intéressées aux amis et parents éloignés : exiger des mesures de pré-
caution indispensables, assainir les logements. Rebutées par les familles, fatiguées par des courses à travers tout Paris, renvoyées d’hôpitaux en dispensaires, nos Assistantes travaillent pourtant, avec dévouement, à l’œuvre qui leur est confiée.
MOYENS QU'IL SERAIT SOUHAITABLE DE VOIR EMPLOYER POUR ÉVITER LES CONTAGIONS
Nous avons passé en revüe, rapidement résumées. les grandes mesures de prophylaxie actuelles. (Nous parlerons plus loin des centres de placement.)
Cependant, ces mesures paraissent insuffisantes, puisque les contagions tuberculeuses sont encore si nombreuses. Pour les éviter complètement, il nous faudrait envisager, ici, un certain nombre de mesures plus actives ou plus sévères.
Nous empruntons à M. Debré « Mortalité infantile et mortinatalité », la phrase suivante : « Il faut entreprendre un triple effort d’ordre sanitaire, économique ; et psychologique ; et en le menant à bonne fin, obtenir un triple succès : sanitaire d’abord, c’est-à-dire une organisation technique correcte de la protection maternelle et infantile ; économique ensuite, c’est-à-dire une prospérité suffisante pour que soient assurées à la presque totalité des familles des ressources suffisantes et une habitation saine ; psychologique enfin, c’est-à-dire une diffusion dans la masse de la population des notions d'hygiène qui triomphent de l’igno-
rance des femmes en couches et des mères et font disparaître les préjugés dangereux. »
Les causes sanitaires et psychologiques l’emportent sur les causes économiques, lesquelles, ainsi que Pa montré M. Debré, ne sont responsables que du tiers des décès.
Nous étudierons spécialement les premières.
Dans le premier cas, ainsi que nous lavons déjà montré, le rôle des sage-femmes et des assistantes scciales est prépondérant.
« L’infirmière-visiteuse est, à la ville comme à la campagne, la véritable cheville ouvrière de la mortalité infantile. » |
Découvrir les sources de contagion ; rechercher les contacts, même fugaces ; se souvenir que les sujets les plus sensibles sont les nourrissons ; surveiller plus spécialement les enfants fragilisés par une maladie infectieuse ou anergisante, par une pneumopathie aigué ; enfin, penser plus particulièrement aux transplantés, petits coloniaux ou campagnards. Mais, l’assistante sociale doit être aidée en cela par les médecins traitants, les médecins des écoles, eux-mêmes secondés par les instituteurs.
Pourquoi ne rendrait-on pas obligatoire lexamen pulmonaire systématique dans les écoles, dans les usines, en un mot dans toutes les collectivités. Examen clinique et radiologique permettant, non seulement de déceler une tuberculose ouverte, mais encore de dépister une tuberculose à son début. Le tuberculeux reconnu serait alors séparé d’une façon absolument
réelle et effective des nourrissons ét des enfants encore réceptifs.
Voici pourquoi il est indispensable de créer des pouponnières, à plusieurs fins : Séparation temporaire en attendant que l’adulte malade soit envoyé en sanatorium, mais aussi enfants chétifs qui ont besoin d’une surveillance spéciale, ou encore nourrissons que Îa mère ne peut garder, pour une raison ou une autre, et qui seront, ultérieurement, ‘envoyés dans des centres de placement. Ces pouponnières doivent-être parfaitement installées et tout doit y être prévu pour la bonne santé de l’enfant et même de la mère. Il-existe certaines chambres d’allaitement et certaines crèches d’usine qui sont bien installées.
Les crèches doivent être surveillées encore plus attentivement. En effet, on y conduit, non seulement‘des nourrissons, mais aussi des enfants plus âgés.
Ainsi que nous l’avons constaté dans quelques-unes de nos ‘observations, le danger des contaminations est un fait certain dans les crèches d'enfants. Les méde- -cins qui s'occupent de ces crèches doivent être d’excellents pédiâtres et la surveillance médicale ‘doit y être très importante.
D'ailleurs, les hôpitaux d’enfants doivent avoir également une installation impeccable.
Voici, emprunté au même ouvrage (Mortalité infantile «et mortinatalité) : « Les hôpitaux pour petits enfants ne contribuent à diminuer la mortalité infantile que sileur installation matérielle est bonne, leur per- ‘sonnel médicaliet infirmier spécialisé, leur service s0-
-cial organisé. Les épidémies de crèches hospitalières
causent -encore trop de décès. El est urgent que toutes les villes possèdent des hôpitaux pour pétits enfants, outillés et équipés d’une-façon parfaite et où il ne soit pas dangereux d'admettre un petit malade qui a besoin -d’être étudié, soigné ou opéré. Les nourrissons
ne trouvent à l'hôpital sécurité et bons soins que :
1° S'il existe pour eux des services absolument sé- -parés ;
2° S'il est prévu dans ces services'un dispositif permettant, éventuellement, de recevoir l'enfant avec sa mère;
3° Si toutes les précautions sont prises pour éviter la propagation des maladies contagieuses -d’enfant :à enfant et du personnel aux enfants, le personnel étant parfaitement bien éduqué à ce .point de vue ;
4 Si une excellente aération et une bonne température sont assurées .en toute saison par des installations.convenables ;
5° Si le nourrisson, dès-qu’il est entré -en convalescence peut quitter l'hôpital pour être reçu -dans une pouponnière spéciale. »
Quant aux consultations de nourrissons, elles devraient toutes être basées sur quelques principes fondamentaux : Dirigés par des pédiâtres instruits, dans des locaux spacieux, avec un nombre suffisant d’infirmières faisant venir les parents d’une façon régulière, pénétrant dans les logis afin de bien assurer l’exécu-
tion des jprescriptions.ét ‘enfin, en rapport étroit avec
des centres de placement ruraux.
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En effet, pendant que le tuberculeux adulte suivra sa cure sanatoriale ou hospitalière, ou bien encore dirigée par le dispensaire ou le médecin traitant, d’une façon rigoureuse et stricte, sa surveillance étant alors confiée à des personnes compétentes : Médecins de dispensaires spécialisés, phtysiologues, dont les infirmières suffisamment instruites feront des visites domiciliaires de contrôle et veilleront à ce que les mesures de prophylaxie soient appliquées, pendant ce tempslà, lés petits seront placés dans des centres ruraux spécialisés.
Ainsi que l’a montré M. Debré, c’est ici que doit se porter le plus grand effort. Un centre de placement bien compris sauve la vie des tout-petits. Les enfants doivent être confiés à des paysannes qui, elles-mêmes, sont soumises auparavant à un examen médical sérieux. Elles sont d’ailleurs surveillées par la direction du centre de placement. S’il est malade, l'enfant est soigné par la mère nourrice, sur les conseils du médecin et l'infirmière du centre fait de nombreuses visites domiciliaires afin que les ordres médicaux soient rigoureusement exécutés.
Parfois même, la mère est hébergée au centre avec son enfant, surtout si celui-ci n’a pas encore été sevré. Et, pour que le sevrage s’effectue convenablement, chaque centre de placement devrait donc posséder, ainsi que nous le démontre M. Debré :
— Un dispensaire où ont lieu la visite et la pesée régulière des nourrissons ;
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— Une biberonnerie pour la préparation des aliments distribués à chaque nourrice ;
— Une infirmerie pour les nourrissons malades ;
— Un lazaret pour les nourrissons mis en observation ;
— Une chambre d’allaitement pour le sevrage.
Signalons, ici, l'œuvre du Placement Familial des Tout-Petits, le modèle du genre, dont s'occupe activement le Professeur Debré.
Fondée en 1920, elle est construite de telle sorte que les enfants, séparés des sources bacillifères sont parfaitement soignés et suivis dans une atmosphère de calme et de grand air. Les petits sont séparés de leurs parents, soit dès leur naissance, soit plus tard. Dans ce dernier cas, ils sont soumis, comme nous Pavons expliqué plus haut, à divers examens cliniques et radiologiques répétés avant d’être dirigés sur des centres de placement. Ils sont alors confiés à des paysans sains qui se soumettent à certaines règles de Œuvre : Visites domiciliaires de contrôle sanitaire des enfants, faites par les infirmières sous la surveillance de médecins phtysiologues et pédiâtres. Parfois même, l’enfant est accepté avec sa mère lorsque celleci est bien portante.
L'œuvre du Placement Familial des Tout-Petits prend les enfants jusqu’à deux ans. Mais elle les garde jusqu’à 4 ans, et parfois au-delà.
Pendant leur séjour, les assistantes sociales s’occupent activement du foyer des tout-petits, afin que ceux-
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ci, à leur retour, vivent dans un milieu sain et à l’abri de toute contagion.
D'ailleurs, les enfants ne sont pas abandonnés car, chaque mois, après leur retour, ils sont soumis à une visite médicale et radiologique sévère. Ainsi compris, les centres de placement sont capables de réduire la mortalité infantile non seulement en sauvant les enfants qui y sont placés, mais aussi en instruisant Ïa masse sur l'élevage des nourrissons, dans les pays où ils sont créés.
L'éducation populaire devrait, en effet, prendre des proportions non atteintes encore jusqu’à présent. Car, le tuberculeux est un malade difficile à soigner. Pius que tout autre, il est susceptible. Aussi, les mesures prophylactiques doivent-elles être humanitaires et adaptées au milieu de chaque malade.
Voici pourquoi il est nécessaire d’instruire celui-ci suffisamment.
Tous ceux qui dirigent des collectivités d’enfantsou d'adultes devront être à même de les mettre en garde contre les dangers de la tuberculose.
Eviter les contages, surveiller les nourrissons d’une façon régulière et périodique, appeler le médecin précocément, autant de principes qui devraient faire la base de l’enseignement.
Que les instituteurs éduquent Les enfants en les familiarisant avec les données du problème, pour qu'ils sachent se défendre et pour que plus tard, ils ne se cachent pas commes des tarés.
Que les instituteurs eux-mêmes soient éduqués. L’en-
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seignement de la lutte contre la tuberculose doit être surtout développé dans les écoles primaires supérieures et dans les écoles normales d’instituteurs et d’institutrices. Leçons données alors, non seulement aux enfants mais aussi aux adultes, car les membres de l’enseignement primaire sont souvent secrétaires de mairie. Et comme ils ont montré en n'importe quelle occasion, le grand désir d’être instruits et dévoués, ils pourraient rendre aux médecins des services certains.
La lutte contre la tuberculose atteindrait ainsi, par les enfants des écoles qui deviendront des adultes, le cœur des campagnes les plus retirées.
Que les professeurs de lycée poursuivent aussi le même but. Que les recrues militaires soient également soumises au même enseignement.
Que l’on forme des infirmières visiteuses de puériculture. Qu’elles apprennent à aider les médecins avec dévouement, n’ignorant pas où s'arrête leur rôle, sachant qu’il faut toujours diriger les familles, en temps utile, vers les consultations médicales ou les médecins traitants. Qu’elles soient douées de la plus grande patience, car elles s'adressent souvent à des femmes ignorantes et méfiantes. Qu’elles soient en contact direct avec les familles, de façon à mettre en œuvre les lois de protection et les secours financiers, de façon à diriger habilement une propagande permanente.
Que des brochures, contenant toutes les instructions nécessaires soient distribuées dans les offices administratifs.
On a, de cette façon, commencé déjà depuis quel-