‹ Contagions Tuberculeuses Évitables Chez Les NourrissonsChapitre 27 sur 36 · LES ASSISTANTES SOCIALES · texte numérisé non relu

LES ASSISTANTES SOCIALES

La rôle de l’assistante sociale paraît encore plus important que celui de la sage-femme. En effet, plus et mieux que celle-ci, elle pénètre au cœur des familles, de n'importe quelle condition. Elle convainc et persuade. Elle est l’auxiliaire précieux et indispensable des médecins et des services hospitaliers. Instruite des moindres ressources de notre société actuelle, elle peut, plus que quiconque, dépister les contages, et en faisant des visites domiciliaires aux adultes malades rentrés chez eux, donner aux enfants le droit de vivre. |

La mère de la petite Monique F., obs. 6, a fait, quelque temps après la naissance de son enfant, une pleurésie tuberculeuse pour laquelle elle a été soignée à Tenon. On ne sait quels sont les conseils donnés par l’assistante sociale de l'hôpital Tenon. Sans doute, n’at-elle pas été revoir la mère chez elle et n’a-t-elle pas conseillé, lors même du séjour de celle-ci à l’hôpital, la séparation de l’enfant. Car l’assistante sociale de l'hôpital Hérold a obtenu de diriger les enfants vers des centres de placement.

L’assistante sociale doit, non seulement faire comprendre aux parents tuberculeux, la nécessité de se séparer de l’enfant ; mais encore elle doit retourner voir les adultes malades chez eux. Ainsi, à leur sortie de l’hôpital, elle-évitera les contacts possibles avec les enfants, même lorsque les adultes paraissent guéris.

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Ainsi le cas de Suzanne B., obs. 35. L’oncle maternel de l’enfant a eu une pleurésie. Si l’assistante sociale du service où il a été hospitalisé avait prévenu ce malade qu’il y avait danger à ce qu’il s’occupât d’un petit enfant, sa petite nièce, âgée de 4 mois, n’aurait pas été contaminée. Les tuberculeux sont, on ne saurait trop le répéter, des malades qu’il faut revoir.

L’exemple de la petite Jeanine M, obs. 41, est particulièrement intéressant. Cette enfant, ainsi que nous l’avons déjà vu, est morte à l’hôpital Hérold de méningite tuberculeuse. Elle a été en contact avec une jeune cousine de 17 ans, laquelle a été hospitalisée dans un des hôpitaux de Paris, pour atteinte bacillaire massive. L’assistante sociale de ce service aurait dû revoir cette jeune fille chez elle et rechercher s'il n’y avait pas d'enfants dans son entourage. Elle aurait alors, été à même, d'empêcher le contage ; la mort de la petite Jeanine et la haine immédiate qui s’en est suivie entre les deux familles, les parents de l’enfant morte accusant lourdement les parents de la jeune cousine. Tout un chapitre dramatique dans la vie des êtres que nos assistantes sociales devraient prendre plus à cœur.

Pour clore ce chapitre intéressant les assistantes sociales, donnons l’exemple d’Odette G., obs. 39, et qui meurt dans le service de pie-mérite tuberculeuse. Elle avait été en contact avec deux enfants : l’un qui a fait un séjour en sanatorium, l’autre qui présente une adénopathie médiastinale tuberculeuse. Ce que nous avons dit au sujet des adultes, nous le redirons, ici,

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à propos des enfants. L’assistante sociale aurait dû les suivre et empêcher tout contact avec d’autres enfants, même si les contacts sont discrets.

DiSPENSAIRES

Etudions maintenant le rôle des dispensaires. Ceuxci draînent actuellement une grande partie des malades tuberculeux. Ils rendent des services immenses car la plupart d’entre eux, installés dans des locaux spacieux, dirigés par des médecins compétents euxmêmes secondés par des infirmières visiteuses dévouées, dépistent les tuberculoses, empêchent les contages, conseillent les.familles, dirigent les adultes vers des services hospitaliers ou des sanatoria, envoient les enfants à de bons centres de placement.

Toutefois, nous avons pu relever quelques fautes commises par des dispensaires et, certainement quelques-unes de nos contagions auraient pu être évitées si les médecins consultants avaient été plus fermes, les infirmières visiteuses plus persuasives et plus dévouées.

Voici exemple de la petite I. Elise, obs. 11, qui est restée en contact permanent avec sa mère qui tousse et crache. Celle-ci a été suivie dans un dispensaire où on ne lui aurait pas conseillé la séparation parce que, à un examen de crachats, on ne lui aurait pas trouvé de bacilles. Il y a vraiment trop de monde

dans les consultations de dispensaires. Les locaux ne sont pas assez spacieux et, fatalement, les médecins consultants ne peuvent s'intéresser suffisamment à chacun de leurs malades.

Le père du petit B. Marcel, obs. 19, allait se faire soigner dans un dispensaire. Mais, de caractère acariâtre, il avait lassé les infirmières et l'enfant n’avait pas été séparé du père.

Si les infirmières de ce dispensaire avaient montré plus de fermeté, plus de persévérance et plus de dévouement, si elles avaient été voir le malade chez lui, l'enfant n’aurait pas été contaminé.

En effet, l’assistante sociale de l'hôpital Hérold, elle, a obtenu que l’enfant parte pour Brévannes.

Prenons l'exemple de Lucien C., obs. 21. Le père crache des bacilles depuis déjà deux ans. Le dispensaire a conseillé la séparation, mais trop tardivement. Quand le père s’est fait hospitalisé, le contact avait déjà été fait.

Encore une fois, pourquoi les infirmières de dispensaires ne font-elles donc pas de visites domiciliaires ? Plus à même de découvrir des enfants contaminés ou qui pourraient l’être, elles éviteraient ainsi bien des contagions.

Le père de B. Huguette, obs. 29, qui n'aurait pas demandé mieux que d'éviter de contaminer son enfant, était allé se faire également soigner dans un dispensaire. Mais les infirmières n’auront pas été assez catégoriques.

Il faudrait pourtant qu’elles sachent conseiller les

A IDACES

parents qui le désireraient et, qu’en même temps, elles leur indiquent la possibilité de diriger les enfants vers des centres de placement.

Nous avons encore à étudier dans ce chapitre deux grandes causes des contagions tubereuleuses : la promiscuité des crèches et des locaux ouvriers, et l’insuffisance de l'Education populaire. |

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