‹ Contagions Tuberculeuses Évitables Chez Les NourrissonsChapitre 29 sur 36 · GE · texte numérisé non relu

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Et, pour illustrer davantage encore ce que nous disions plus haut, nous apprenons que, lorsque les parents ont déménagé, la contagion était déjà faite.

Voici l’exemple de Louise D., obs. 44. Dans le même hôtel que la famille vivait un camarade du père, algérien, lequel, comme la plupart de ces coloniaux transplantés, faisait une tubercuivse pulmonaire. Si les comités d'hygiène sociale s'étaient inquiétés davantage du sort des familles nombreuses vivant dans les hôtels meublés et des promiscuités fatales qui en découlent, la petite Louise ne serait pas morte, dans le service de M. Debré, à l’âge de 14 mois, de bronchopneumonie tubercuieuse.

En effet, plus que tout autre logement, l'hôtel meublé est nuisible.

Il s’y noue quelquefois des relations inavouables mari travaillant tout le jour, mère lassée de ses devoirs trop accablants, ami du père en chômage. Relations fatales aux tout-petits, ainsi que nous le montre lPexemple du petit Alphonse M. obs. 46, qui à été en contact avec un voisin tuberculeux mais dont la mère s’est obstinément refusée à donner d’autres renseignements ; et, avec la même obstination, a refusé de déménager. La lutte contre les hôtels meublés ne doit cependant pas suffire. Il doit s’y joindre une lutte active contre les logements surpeuplés. Les familles nombreuses qui habitent, parents et enfants dans une même chambre (et il en existe !) sont trop heureuses de pouvoir parfois confier ceux-ci à une voisine aimable. Tel est l'exemple qui nous est fourni par lob-

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servation du petit Jacques B., obs. 47. Les parents ont cinq enfants et habitent un logement beaucoup trop petit. Le contact s’est donc fait par une voisine tuberculeuse, à laquelle on confiait l'enfant. Celui-ci, deux mois après son séjour à Hérold, meurt de bronchopneumonie tuberculeuse. Après la mort de ce petit, les parents disent, lamentablement, qu'ils vont « essayer » d'empêcher un contact entre les quatre autres enfants et la voisine. Mais la chose est difficile, la voisine est à leur porte et les pauvres gens n’ont guère les moyens de trouver un appartement plus salubre dans des conditions aussi modestes.

Nous ajouterons à ce chapitre les contagions qui ont eu lieu dans les crèches quoique nous pourrions rapprocher celles-ci du chapitre dans lequel il a été question de nos assistantes sociales. En effet, il s’agit ici. du personnel des crèches. Personnel infirmier ou autre que l’on devrait pourtant éduquer de telle sorte qu’il ne puisse contaminer un enfant; que lon devrait aussi, trier avec un tel soin et une telle sévérité que toute contamination deviendrait, non seulement évitable, mais impossible. Il devrait, en effet, être interdit d'entrer dans une crèche avant un examen préalable radiologique et clinique minutieux. D'autre part, il devrait y avoir une sorte de règle établie par laquelle on n’admettrait dans une crèche, aucun enfant dont l’état de santé pulmonaire pourrait être suspect.

Voici le seul exemple que nous ayons ici à fournir, celui du petit Robert M. obs. 48. Cet enfant est laissé: dans une crèche chaque fois que la mère se rend à

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son travail. Il a une petite sœur de trois ans qui n’y a pas été menée et dont la cuti est négative. Seul, Robert fait une invasion bacillaire massive et meurt dans le service, à l’âge de 2 ans, de piemérite tuberculeuse.

Donc, le contact a eu lieu à la crèche même. S’agitil d’un des membres du personnel ? S'agit-il d’un autre enfant déjà contaminé et qui auraït contaminé ce dernier ? La mère, profondément atteinte par la mort de son fils, refuse que l’on fasse une enquête. La question est donc demeurée sans réponse. Mais si les crèches étaient soumises à une surveillance rigoureuse, tant au point de vue personnel infirmier qu’enfants admis, le petit Robert ne serait pas mort.

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