‹ Contagions Tuberculeuses Évitables Chez Les NourrissonsChapitre 31 sur 36 · EVITER LE CONTACT AVEC LES TOUT-PETITS · texte numérisé non relu

EVITER LE CONTACT AVEC LES TOUT-PETITS

Nombreux sont les exemples que nous pouvons fournir où la tuberculose, considérée comme une tare, a

été soigneusement cachée. Nous avons pu remarquer en interrogeant les parents d’enfants, une chose typique : Dès qu’il y a désaccord entre le père et la mère, si l’on recherche un contact, la mère accusera d'emblée la famille du mari et vice-versa ; alors que, soigneusement, elle se montrera, elle-même et sa famille, de santé parfaite et « en dehors de tout soup- ÇOn >».

Tel est l'exemple fourni par l'observation de Stéphane F., obs. 8. La mère a accusé un ami du père, soi-disant tuberculeux, soit-disant fréquentant la maison. Elle s’est déclarée, elle-même, en bonne santé et « de réputation intacte », ne toussant ni crachant. Toutefois, malgré ses affirmations, on obtient de lui faire un cliché radiologique et l’on découvre une tuberculose ouverte.

Il en est de même du père du petit Cly B., obs. 20, qui tousse et crache et n’a jamais admis qu’il pouvait être malade, accusant du contact un voisin qui toussait.

Parents, également, qui, lorsqu'ils n’ont aucun étranger à accuser, déjouent l’enquête avec une habileté remarquable, car il leur paraît être aussi blämables d’être suspects de tuberculose, que d’être coupables d’une action malhonnète.

C’est ainsi que les parents de Suzanne L. obs. 24, avaient prouvé, lors d’une enquête pourtant minutieuse, qu’ils étaient bien portants. C’est, fortuitement, que l’on apprend que le père a fait quelques semaines auparavant, une hémorragie. Il l'avait cachée à tous,

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même à ses amis les plus intimes. Examiné dans le service, on lui trouve une tuberculose ouverte avec bacilles dans les crachats.

Et voici encore un autre exemple lamentable, relaté dans l'observation 34. Comme on s’en souvient, l’enfant avait été en contact avec un oncle, mort quelque temps auparavant, de tuberculose puimonaire. Mais les parents, solidaires cette fois, sont furieux que lon « accuse » la mémoire du disparu. Is nient le contact, se refusent eux-mêmes à tout examen, et accusent une petite voisine de 11 ans qui, d’ailleurs, a déménagé.

Si tous. les parents dont nous relatons ici le triste exemple avaient été suffisamment instruits, s’ils ne s'étaient pas cachés d’être tuberculeux, lon aurait peut-être pu les soigner et éviter ainsi les contacts multiples. Quand donc apprendra-t-on aux adultes que le fait de cacher une tuberculose est un acte criminel car les contacts sont ainsi multipliés. Les instituteurs peuvent nous être ici d’un grand secours. Le droit de vivre des tout-petits réclame linstruction des adultes. :

Mais si le fait d'apprendre aux adultes que la tuberculose n’est pas une maladie honteuse est important, il n’est tout de même pas suffisant. Ne pas se cacher d’être tuberculeux serait inutile si l’on ne se faisait examiner.

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Et voici le deuxième point essentiel :

2° Tout individu présentant des troubles de l’état général qui paraîtront suspects, devra se faire examiner au plus tôt.

La mère d’Yvonne M. obs. 15, malade depuis de longs mois, jugeait pourtant inutile de se faire examiner. Ce n’est que lorsque son état l’oblige à se faire hospitaliser à Lariboisière qu’elle accepte d’abandonner son travail, pour mourir d’ailleurs peu de temps après. Si cette femme avait su qu’il était indispensable d’aller se faire examiner au plus tôt, elle ne serait peut-être pas morte «et l'enfant n’aurait peutêtre pas été contaminée.

Il en est de même pour le père d’Auguste G., obs. 22, qui se fait examiner trop tardivement. En contact avec l’enfant pendant les huit premiers mois de sa vie, il l’a contaminé et le petit est mort à l’âge de neuf mois de broncho-pneumonie tuberculeuse. Ce décès aurait certainement pu être évité si le père, étant allé se faire examiner plus tôt, et sa tuberculose diagnostiquée, on avait pu séparer l'enfant de la source de contagion.

Dans les usines où travaillent les ouvriers, qui ont passé l’âge des enseignements scolaires, il devrait exister de véritables cours où seraient donnés les principes essentiels des problèmes si graves des contagions tuberculeuses.

Le père de Josete N. obs. 23, travaillait durement

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et, comme les autres parents, non prévenu, remettait du jour au lendemain sa visite à un dispensaire. S’il avait été prévenu, le père se serait certainement soumis à un examen précoce, car il est compréhensif. D'ailleurs, à Hérold, il accepte le placement de l’enfant à San-Salvadour.

Quant au père de la petite Denise L., obs. 27, comme il ne crachait pas il toussait depuis de longues années), il avait jugé inutile de perdre son temps dans un dispensaire !

Le troisième point de l’éducation populaire consiste à expliquer aux parents :

3° Le danger des contacts et la nécessité des séparations.

En effet, il est des parents qui acceptent de se faire soigner mais qui refusent toute séparation, car ils craignent obscurément pour leurs enfants.

Ce point de léducation populaire paraît plus facile à atteindre que les points précédents car les malades sont alors plus proches des médecins qui les traitent, des infirmières qui les suivent. Les explications sont donc plus faciles à donner et, avec la persévérance dévouée des assistantes sociales, l’éducation populaire pourrait faire de grands progrès.

Il faut donc apprendre aux adultes tuberculeux qui, naturellement, ne veulent pas se séparer de leurs enfants, qu’ils sont de véritables dangers pour les tout-

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