ACTE I, SCENE VIII
OLIVIA
Hélas ! toujours transi !...
Encor, si vous trouviez quelque pointe nouvelle.
Je varierai... le jour où vous serez moins belle. Je vous aime !
OLIVIA
Je sais.
LE DUC
Et j'en suis fou !
OLIVIA
Je vois.
LE DUC
Amollir votre cœur !
OLIVIA
jModérer votre voix !
LE DUC
Du moins, Olivia, si dans votre demeure
Vous vouliez m'accueillir quelquefois, ri en qu'une heure.
Tous mes respects, tous mes...
' OLIVIA, l'interrompant.
Non, perdez cet espoir.
Mon veuvage est récent : je ne puis recevoir, Sans manquer de pudeur et de délicatesse, Un amant déclaré comme l'est Votre Altesse. Lorsque, le mois prochain, j'aurai quitté le deuil, Nous verrons... Cependant, me voici sur le seuil De ma porte. Le temps est chaud, le soleil darde, Et, pour ne point gâter... tous mes lys, il me tarde De rentrer au logis. Voulez-vous un conseil ? Ne restez pas non plus davantage au soleil. Au revoir, monseigneur.
Avec une révérence.
Je suis votre servante.
LE DUC, â pari.
O sphinx impénétrable ! 0 coquette savante !
Olivia se dirige vers le perron, gravit les premières marches, se retourne et aperçoit Viola, qu'elle prend pour son^ frère.
OLIVIA
Ah!... Vois donc, Jacinta!
JACINTA
Quoi donc, madame ?
OLIVIA
Lui, Notre jeune amoureux... Oh ! qu'il est charmant !