ACTE I, SCENE VIIT
JACLNTA.
Oui.
C'est un page...
OLIVIA, iroiivani le bouquet de Silvio.
Et voici la fleur qu'il m'a jetée !
Elle s'accoude à la rampe, suivant des yeux Viola, qui, avec Dario et Valentin, s'est rapprochée du duc.
LE DUC, toujours plongé dans ses réflexions. Plus ondoyante et plus diverse que Protée 1
Aux gentilshommes.
L'avez-vous entendue ? On ne m'a pas souvent A ce point maltraité.
A Viola.
Silvio, mon enfant, Pour montrer ton savoir la place est bien choisie : Dis-nous quelque chanson ou quelque poésie. Quelque chose de tendre et non pas de moqueur, Car tout ce persiflage a desséché mon cœur !
VIOLA, après avoir cherché un instant, dit les strophes suivantes.
Amants,. quelle erreur est la vôtre Quand vous vous croyez séparés !
Si vos cœurs sont faits l'un pour l'autre, Tôt ou tard vous vous rejoindrez :
26 COXTE d'avril
Ni le sort et son injustice, Ni les pères et leurs serments, N'empêchent que tout aboutisse A la rencontre des amants.
Quelquefois, c'est votre cœur même
Qui met un obstacle à vos pas :
Tel ne croit pas aimer, — il aime !
Tel croit aimer, — il n'aime pas !
Mais, comme il faut que les yeux s'ouvrent.
Un jour, après mille tourments.
Toutes les erreurs se découvrent
Pour la rencontre des amants.
Voici fleurir les giroflées.
Les anémones, les ajoncs.
C'est avril ! aux branches gonflées Viennent d'éclater les bourgeons ; Dans le jardin, dans la broussaille ' S'envolent des baisers charmants ; Tout sourit, tout chante et tressaille... — C'est la rencontre des amants !
LE DUC, avec effusion.
Ah ! Silvio ! merci ! Ta voix et ta ballade Ont fait du bien à ma pauvre âme si malade !
QUINAP.\LUS, à part.
Le traître ! Sa chanson me grise le cerveau!
OLIVIA, à part, avec passion.
Comme je l'aimerais !