ACTE II, TABLEAU II, SCÈNE I
Bruit d'une dispute dans la coulisse.
Des querelles, déjà !
JACINTA
Toujours.
Entre Quinapalus poursuivi par MalvoUo, qui tient une bouteille à la main.
MALVOLIO
C'est une honte.
Seigneur Quinapalus ! Mais je vais rendre compte A Madame, sans plus tarder, de ce larcin. ■ — Comme elle doit rougir d'avoir un tel cousin !
QUINAPALUS, goguenard.
A votre aise 1 Parlez en toute confiance.
OLIVIA
Monsieur Malvolio, je vous donne audience.
JACINTA
Monsieur Malvolio, nous vous écoutons tous.
MALVOLIO
Mais... je n'ai pas besoin que vous m'écoutiez, vous!
A Olivia, solennel.
Madame, pardonnez si j'ose à vos oreilles Exposer...
OLIVIA
AUez !
MALVOLIO
Il s'agit de deiLX bouteilles De votre plus vieux vin, d'un vin digne d'Hébé, Que le seigneur ici présent a dérobé A l'office. Je l'ai surpris: il buvait celle Que je tiens ; l'autre était derrière la vaisselle. Nous l'avons, par malheur, en l'appijrtant ici. Cassée.
QUIXAPALIS.
Elle était vide à peu près, Dieu merci !
OLIVIA, à Quinapahis.
Mon cousin, trop longtemps j'ai toléré vos frasques, Mais je perds patience.
QUIXAPALUS.
Ah! pour deux pauvres fiasques Qui, tout au fond d'un noir caveau, loin du soleil. Vieillissaient tristement dan< leur poudreux sommeil 1
MALVOLIO, levant les yeux au ciel.
Se griser !
QUIXAPALUS.
■Vous, buveur d'eau claire, on vous récuse. Se grise-t-on avec du vin de Syracuse ? D'ailleurs, vous nommez rat ce qui n'est que souris ; Je suis gai quelquefois, je ne suis jamais gris !