ACTE II, TABLEAU III, SCÈNE II
QUINAPALUS, furieux.
Uh ! ! !
MALVOLTO.
...Je descendrais vers dix heures et demie Et m'irais seoir dans le grand salon, sous le dais, Pour donner audience.
OUIXAPALUS.
0 le roi des baudets !
MALVOLIO
Là, drapé noblement dans ma robe à ramages, J'ouïrais mes vassaux présentant leurs hommages. Et l'on me baiserait les pieds sur un coussin. Puis, j'enverrais mes gens chercher mon cher cousin^ Ouinapalus, déjà dans les vignes.
QUIXAPALUS.
Le traître !
JACIXTA.
Silence ! Ecoutez donc !
MALVOLIO
Pour mieux faire paraître ^ilon mécontentement, je me rembrunirais Le visage, et d^un ton sévère, je dirais : Monsieur Quinapalus, vous êtes un ivrogne. Ne rougissez-vous point de vous rougir la trogne ?
QUIXAPALUS.
Ah ! chaînes et verroux ! !
MALVOLIO
Non, je ne dirais pas La trogne, car enfin c'est un tenne fort bas. Que lui dirais-je encor ? Que son habit me vexe, Et qu'il n'est pas, auprès des personnes du sexe, Assez respectueux.
QUINAPALUS, donmiiii un baiser à Jacinia. Il a ma foi raison.
MALVOLIO
Je réformerais bien des gens daiT^ la maison, Et d'abord Jacinta.
J.\CINTA.
Mais c'est une infamie !
QUINAPALUS.
Silence ! Ecoutez donc à votre tour, ma mie !
MALVOLIO
Sa langue est affilée et ne m'épargne point ; le ne sais pas de fille insolente à ce point ; Et quant à sa vertu... hem? hem?
JACINTA
Le misérable !