ACTE IV, SCÈNE IV
Elle s'agenouille et écoule. — Avec un soitjir de soulagcm-ent.
Ah ! rien qu'évanoui.
Combien il a perdu de sang ! comme il est pâle !
Elle lui bande le poignet avec son. mouchoir de dentelle.
O le charmant et pur visage !... Et cet air mâle, Que je n'y trouvais plus ce matin !
Elle va pour lui prendre la main gauche,
Mon portrait !
Celui que j'envoyai tantôt ! Il le serrait Sur son ovut, en tombant, ainsi qu'une relique ! Alors, s'il s'est battu, c'est pour moi? Tout s'explique... Ah ! s'il allait mourir, à présent, dans mes bras ! Mais non : ta blessure est légère, tu vivras, Tu vis : déjà ta joue éteinte se colore. Tes lèvres vont s'ouvrir, tes yeux vont se déclore... Oh ! qu'avant ton réveil je puisse, doux ami. Mettre un tendre baiser sur ton front endormi !
Elle baise au front Silvio, qui tressaille.
siLVio, sans otwrir les yeux, à mi-voix.
Ne me réveillez pas encore !... Que ce songe, Que ce songe, divin lentement se prolonge ! Sur mon front des baisers se posent et, tout bas, Chantent des mots d'amour... Ne me réveillez pas
Xl6 CONTE d'avril
Sur nu mouvemeni involontaire d'Olivia, il ouvre les yeux. La musique cesse.
OLIVIA
Qu'ai-je fait, imprudente ?
siLVio, se relevant à moitié, appuyé sur le banc, avec exaltation.
0 lumière immortelle !
Ce n'était pas un rêve, elle était là, c'est elle ! Sa bouche m'a baisé ! ses regards m'ont souri ! Ah ! maintenant, je suis guéri ! je suis guéri !
En finissant, il est debout.
OLIVIA, prêtant l'oreille.
Du bruit!...
SILVIO
Allons-nous-en : il ne faut pas qu'on sache...
OLIVIA
Non, vous êtes trop faible — et ce buisson nous cache.
Olivia est debout, aux écoutes. Silvio, retombé sur le banc, lui tic ut une main dans les siennes.