ACTE IV, SCÈNE VIII I
LE DIX, avec stupéfaction.
Comment ?... Silvio !
Mon nom est Viola.
LE DUC
Viola ^
SILVIO
Ma sœur,
LE DL'c, à part.
filais... qui m'a dit ce nom-là ?
— Elle !... Je me souviens... je comprends !
Reprise de la musique jusqu'à la fin de l'acte.
VIOLA, à part.
0 torture!
Au duc.
Vous l'avez dit, c'est bien infâme. L'imposture, Le mensonge... voilà, dans mon indignité, Comment j'ai reconnu votre hospitalité. Pardon, car j'en mourrai peut-être. Je m'exile, Loin, bien loin de vos yeux : je retourne en Sicile. Vers ces bords, que jamais je n'aurais dû quitter. Un navire cruçl demain va m'empoiler; ]\Iais, à ce châtiment tout près de me soumettre, Je vous dirai du moins mon excuse, ô mon maître,
Pour que vous n'alliez pas, me méprisant, bannir La pauvre Viola de votre souvenir.
Mon crime vous sera moins odieux, j'espère. Lorsque vous saurez tout : l'ordre absolu d'un frère, Un serment solennel, m'imposaient ces habits Qu'auprès de vous j'ai moins acceptés que subis. Sinon de vous tromper eussé-je été capable ? N'est-ce pas, monseigneur, que je suis moins coupable ? Et puis — car je peux bien tout vous dire en partant — J'étais si malheureuse... et je vous aimais tant !
Elle tombe à genoux en pleurant, la tête dans les mains... Le duc la relevé aussitôt et l'attire sur sa poitrine avec passion.
LE DUC
Xon, non : viens sur mon C( l ur, reste en mes bras penchée Violette d'amour, fleur modeste et cachée !
Lève tes grands yeux vers mes yeux!
Ai-je pu, dédaignant les fleurs humbles écloses, Préférer la senteur orgueilleuse des roses
A ton parfum mystérieux ?
Il la regarde avec tendresse.
Eh quoi ! tu pleures ? tu tressailles ?
VIOLA
Je vous aime... O divin moment !
LE DUC
Voici l'anneau des liançailles :
Comme toi je tiens mon serment.