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E vent court sur la mer, pousse un i (Vf/^ navire qui file sur les vagues, toutes ^VVC! voiles gonflées. Les matelots s'émer- £?^5w^5^ veillent, réunis sur le pont, à voir sur une île connue un miracle en plein
jour : une ville nouvelle aux coupoles d'or, un port avec une forte jetée. Les canons du port tirent,
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ordonnent au navire d'atterrir. Débarquent sur la jetée les marchands; le Prince Gvidori les invite comme hôtes. Il les nourrit, les fait boire et leur enjoint de répondre :
— De quoi faites-vous le commerce, marchands, dit-il, et maintenant où vous dirigez-vous?
Les voyageurs de répondre :
— Nous avons parcouru le monde entier, faisant le commerce des zibelines et des renards argentés. .Maintenant, voici, nous sommes au terme du voyage; nous allons droit à l'orient, passant l'île Bouyane, vers le royaume du glorieux Saltan.
Le Prince dit alors :
— Bon voyage à vous, messires, sur la mer et sur l'océan, jusqu'au glorieux Tsar Saltan; saluez-le de ma part.
Les marchands se mettent en route et le Prince Gvidon, de la rive, l'âme triste, accompagne leur fuite lointaine. Soudain, sur les eaux limpides, le cygne blanc apparaît :
— Bonjour, ô mon beau Prince; pourquoi es-tu sombre comme un jour de pluie? De quoi t'affligestu? dit-il.
Le Prince tristement répond :
— La tristesse, l'ennui me rongent et accablent ma jeunesse. Je voudrais voir mon père.
Le cygne dit au Prince :
— C'est là tout ton chagrin? Ecoute, veux-tu sur la mer voler jusqu'au navire ? Sois, ô Prince, changé en un moustique.
Et, battant des ailes, il l'éclaboussé de la tête aux pieds. Le Prince devient petit comme un point et se change en moustique. Il vole, bourdonne, rattrape le navire sur la mer, s'y pose doucement et se cache dans une fissure.
E vent gaiement siffle. Le navire gaiement fuit, passant l'île Bouyane, vers le royaume du glorieux Saltan.
Et déjà de loin les voyageurs voient la terre désirée. Sur la rive descendent les marchands. Tsar Saltan les invite comme hôtes; derrière eux jusqu'au palais vole notre Prince hardi. Il voit: Tout resplendissant d'or, Tsar Saltan est assis dans le palais, sur le trône et sous la couronne. La tristesse est sur son visage. La tisseuse et la cuisinière, avec la vieille mère Babarikha, sont assises près du Tsar, ne le quittent pas des yeux. Tsar Saltan fait asseoir les marchands à sa table et leur demande :
— Eh bien, messires marchands, avez-vous été longtemps en route? Et où avez-vous voyagé? La vie par delà la mer est-elle bonne ou mauvaise? Et quelle merveille y a-t-il au monde ?
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Les voyageurs de répondre :
— Nous avons parcouru le monde entier. Par delà la mer la vie est bonne ; dans le monde il y a telle merveille : Dans la mer était une île escarpée, inhospitalière, inhabitée. Elle s'étendait déserte et plate. Sur elle avait poussé un chêne solitaire. Maintenant se dresse là une ville nouvelle et un palais, des églises aux coupoles d'or, des demeures et des jardins. Règne sur elle le Prince Gvidon et il t'envoie son salut.
Tsar Saltan s'étonne de cette merveille. Il dit :
— Si je vis, je verrai l'île merveilleuse et séjournerai chez Gvidon.
Mais la tisseuse et la cuisinière, et la vieille mère Babarikha ne veulent pas lui laisser voir l'île merveilleuse.
— En voilà une merveille ! dit la cuisinière en clignant avec malice de l'œil aux autres, une ville au milieu de la mer. Ecoutez, voici qui n'est pas une bagatelle : Un sapin dans la forêt, sous le sapin un écureuil. L'écureuil chante de petites chansons et grignote tout le temps des noisettes ; leur coquille est d'or, leur noyau, une émeraude pure. Voilà ce qu'on peut appeler une merveille !
Tsar Saltan s'étonne de cette merveille. Mais le moustique se courrouce, se courrouce, plante son dard raide juste dans l'œil droit de sa tante. La
cuisinière pâlit, s'évanouit, l'œil crevé. Les serviteurs, la mère et la sœur avec des cris poursuivent le moustique.
— Maudit moustique ! Que je t'attrape... JVlais lui, par la fenêtre, tranquillement vers
son royaume à travers la mer s'envole.
E nouveau le Prince marche au bord
de la mer bleue, ne détache pas les
yeux de la mer bleue ; il regarde.
C I Soudain sur les eaux limpides, le
cygne blanc apparaît.
— Bonjour, mon beau Prince, pourquoi es-tu sombre comme un jour de pluie, de quoi t'affligestu ? lui dit-il.
Le Prince Gvidon lui répond :
— La tristesse, l'ennui, me rongent. Je voudrais une merveille étonnante. Il est quelque part un sapin dans la forêt, sous ce sapin un écureuil, — une merveille vraiment, pas une bagatelle ! L'écureuil chante de petites chansons, et grignote tout le temps des noisettes ; mais les noisettes ne sont pas de simples noisettes ; leur coquille est d'or ; le noyau une émeraude pure. Mais peut-être les gens mentent-ils ?
Au Prince, le Cygne répond :
— Le monde dit vrai de l'écureuil ; cette mer-
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veille, je la connais. Cesse, Prince, ô mon âme, de t'attrister. Je suis heureux de te rendre service de bonne amitié.
L'âme apaisée, le Prince regagne sa maison. A peine est-il entré dans la large cour, quoi? Sous un haut sapin, il voit un écureuil qui devant tous grignote une noisette d'or; il en tire une petite émeraude, ramasse les coquilles, les range en tas égaux et, sifflotant parfois, chante devant les spectateurs honorables : "Au jardin, au potager. "
Le Prince Gvidon s'étonne.
— Ah, merci, dit-il, quel cygne ! Que Dieu lui donne d'être joyeux comme moi !
Puis le Prince construit pour le petit écureuil une maison de cristal, lui donne un peloton de garde et en même temps ordonne à un scribe de tenir un compte strict des noisettes. Au Prince le profit, à l'écureuil l'honneur.
E vent court sur la mer et pousse un navire qui nie sur les vagues, toutes voiles gonflées, le long de l'île escarpée, passant la ville grande. Les canons du port tirent, ordonnent au navire de s'arrêter. Débarquent sur la jetée les marchands. Le Prince Gvidon les invite comme hôtes. Il les nourrit, les fait boire, leur enjoint de répondre :
— De quoi faites-vous le commerce et maintenant où vous rendez-vous ?
Les voyageurs de répondre :
— Nous avons parcouru le monde entier; nous avons fait le commerce des chevaux, uniquement des étalons du Don. Maintenant nous sommes au terme du voyage. Kt notre chemin est long, passant l'île Bouyane, jusque chez le glorieux Saltan.
Le Prince Gvidon alors leur dit :
— Bon voyage à vous, messires, sur la mer et l'océan, jusqu'au glorieux Tsar Saltan. Dites-lui : Le Prince Gvidon envoie son salut au Tsar.
Les marchands s'inclinent devant le Prince. Ils sortent, se mettent en chemin. Le Prince est au bord de la mer et déjà le cygne se balance sur les vagues. Le Prince supplie; son âme implore. Un désir ardent l'emporte. Et de nouveau le cygne en un clin d'œil l'asperge entièrement. Le Prince est changé en une mouche. Il vole, il descend entre ciel et mer sur le navire et se cache dans une fissure.
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E vent gaiement siffle, le navire gaiement fuit, passant l'île Bouyane, vers le royaume du glorieux Saltan.
Et déjà de loin les voyageurs voient la terre désirée. Sur la rive descen-
dent les marchands. Tsar Saltan les invite comme hôtes ; et derrière eux vers le palais vole notre Prince hardi. Il voit : Tout resplendissant d'or, Tsar Saltan est assis dans le palais, sur le trône et sous la couronne; la tristesse est sur son visage. Mais la tisseuse et la Babarikha, et la cuisinière borgne près du Tsar sont assises et le regardent comme de méchants crapauds. Tsar Saltan fait asseoir les marchands.
— Avez-vous été longtemps en route ? Et où avez-vous voyagé ? La vie par delà la mer est-elle bonne ou mauvaise ? Et quelle merveille y a-t-il au monde ?
Les voyageurs de répondre :
— Nous avons parcouru le monde entier. Par delà la mer la vie est bonne. Dans le monde il y a telle merveille :
Une île est au milieu de la mer. Une ville sur l'île s'élève avec des églises aux coupoles d'or, des demeures et des jardins. Un sapin pousse devant le palais et sous le sapin une maison de cristal. Un écureuil est là apprivoisé; oh ! comme il est malin ! L'écureuil chante de petites chansons, tout le temps il grignote des noisettes ; mais ce ne sont pas de simples noisettes. Les coquilles sont d'or; le noyau une émeraude pure.
ES gens veillent sur l'écureuil; plusieurs domestiques le servent et un scribe est appointé pour garder un compte strict des noisettes. La garde lui rend les honneurs. Des coquilles ils frappent de la monnaie et la lancent dans le monde. Des jeunes filles versent les émeraudes dans le trésor en lieu secret. Tous dans cette île sont riches; nulle part des chaumières, partout des palais. Règne sur eux le Prince Gvidon et il te fait saluer.
Tsar Saltan s'étonne de cette merveille.
— Si seulement je vis, je verrai l'île merveilleuse et séjournerai chez Gvidon.
.Mais la tisseuse et la cuisinière avec la vieille mère Babarikha ne veulent pas le laisser visiter l'île merveilleuse. Ricanant en dessous, la tisseuse dit au Tsar :
— Qu'y a-t-il là de merveilleux? Un écureuil grignote de petites pierres; il rejette l'or et en tas il range les émeraudes. Tu ne nous étonneras pas avec cela. Est-ce vrai ou non ce que tu dis?... En tout cas, il est au monde une autre merveille : La mer se gonfle tumultueusement, bouillonne, pousse un hurlement, se lance sur la rive déserte, s'étale en une course bruyante et apparaissent sur la
grève, couverts d'écaillés étincelantes comme le feu, trente-trois héros, beaux et braves, de jeunes géants, tous pareils comme si on les avait choisis. Avec eux leur gouverneur Tchernomor. C'est une merveille. Voilà vraiment une merveille ! on peut le dire en vérité.
ES marchands avisés se taisent et ne veulent pas discuter avec elle. Tsar Saltan s'étonne de cette merveille ; mais Gvidon se fâche, se fâche, bourdonne et se pose juste sur l'œil gauche de sa tante. La tisseuse pâlit :
- Aïe !
Et du coup elle est borgne. Tous crient:
— Attrape, attrape, écrase-la, écrase-la! Ah, tu vas voir ! Attends un peu !
JVlais le Prince, par la fenêtre, tranquillement vers son royaume à travers la mer vole.
E nouveau le Prince marche au bord de la mer bleue ; il ne détache pas ses yeux de la mer bleue ; soudain sur les eaux limpides le cygne blanc nage.
— Bonjour, mon beau Prince, pourquoi es-tu
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sombre comme un jour de pluie, de quoi t'affligestu? lui dit-il.
Le Prince Gvidon lui répond :
— La tristesse, le .souci m'accablent. Je voudrais avoir dans mon royaume une merveille étonnante.
— Et quelle est cette merveille?
— Quelque part l'océan se soulève tumultueusement et pousse un hurlement; il s'élance sur la rive déserte, s'étale en une course bruyante et apparaissent sur la grève trente-trois héros, beaux et jeunes, des géants hardis, tous pareils comme si on les avait choisis. Avec eux leur gouverneur Tchernomor.
Au Prince le cygne répond :
— Voilà, Prince, ce qui te chagrine? Ne t'attriste pas, ô mon âme. Je connais cette merveille : ces héros marins sont mes frères. Cesse de t'affliger, rentre chez toi et attends comme hôtes mes frères.
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E Prince s'en va, ayant oublié son chagrin, s'assied au sommet de la tour et, vers la mer, il regarde. Soudain la mer s'agite à l'entour, s'étale en une course bruyante et laisse sur la berge trente-trois héros couverts d'écaillés étincelantes comme le feu. S'avancent les héros, deux par deux, et sous ses cheveux blancs leur
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gouverneur devant eux marche et les conduit vers la ville. Le Prince Gvidon descend de la tour, rencontre ses chers hôtes. Kn hâte le peuple accourt. Le chef dit au Prince :
K cygne nous a envoyés à toi et nous a donné l'ordre de garder ta ville glorieuse et de faire la ronde. A partir d'à présent chaque jour, ensemble et sans manquer, nous sortirons des eaux
marines et marcherons autour de ces murs élevés.
Ainsi nous nous re verrons bientôt. Cependant il
est temps pour nous de regagner la mer : l'air
terrestre nous est lourd.
Tous ensuite rentrent chez eux dans la mer.
E vent court sur la mer, pousse un navire qui file sur les vagues, toutes voiles gonflées, le long de l'île escarpée, passant la ville grande . Les canons du port tirent, ordonnent au navire de s'arrêter. Débarquent sur la jetée les marchands. Le Prince Gvidon les invite comme hôtes. Il les nourrit, les fait boire et leur enjoint de répondre : — De quoi faites-vous le commerce ? Et maintenant où vous dirigez-vous ?
Les voyageurs de répondre :
tu
— Nous avons parcouru la terre entière, faisant le commerce de l'acier, de l'argent et de l'or pur. Maintenant nous sommes au terme du voyage. Et notre chemin est long, passant l'île Bouyane, jusqu'au royaume du glorieux Saltan.
Le Prince leur dit alors :
— Bon voyage à vous, messires, sur la mer et sur l'océan, jusqu'au glorieux Tsar Saltan. Dites-lui: Le Prince Gvidon envoie son salut au Tsar.
,ES marchands s'inclinent devant le Prince. Ils sortent, se mettent en chemin. Le Prince est au bord de la mer et déjà le cygne se balance sur les vagues. Le Prince supplie ; son âme implore. Un désir ardent l'emporte. Et de nouveau le cygne en un clin d'œil l'asperge entièrement. Le Prince se change en un bourdon ; il vole, il bourdonne ; il rattrape le navire sur la mer ; doucement il se pose sur la poupe et se cache dans une fissure.
E vent gaiement siffle, le navire gaiement fuit, passant l'île Bouyane, vers le royaume du glorieux Saltan. Et déjà, de loin les voyageurs voient la terre désirée. Sur la rive descendent