‹ Conte de tsar Saltan et de son filsChapitre 3 sur 5 · TV · texte numérisé non relu

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les marchands. Tsar Saltan les invite comme hôtes et derrière eux vers le palais vole notre Prince hardi. Il voit : Tout resplendissant d'or, Tsar Saltan est assis dans le palais, sur le trône et sous la couronne. La tristesse est sur son visage. Mais la tisseuse avec la cuisinière et la vieille mère Babarikha près du Tsar sont assises. A elles trois, elles le regardent de leurs quatre-z-yeux. Tsar Saltan fait asseoir les marchands à sa table et demande :

— Eh bien, messires marchands, avez-vous été longtemps en route? Et où avez-vous voyagé? La vie par delà la mer est-elle bonne ou mauvaise ? Et quelle merveille y a-t-il au monde ?

Les voyageurs de répondre :

— Nous avons parcouru le monde entier. Par delà la mer la vie est bonne. Dans le monde il y a une merveille: Une île est au milieu de la mer. Une ville sur l'île s'élève. Et chaque jour une telle merveille se voit : La mer se gonfle tumultueusement, bouillonne, pousse un hurlement, se lance sur la rive déserte, s'étale en une course bruyante et apparaissent sur la grève trente-trois héros couverts d'écaillés étincelantes comme le feu, tous beaux et braves, de jeunes géants, tous pareils comme si on les avait choisis. Avec eux, leur gouverneur Tchernomor sort de la mer et deux par deux les mène garder l'île et faire la ronde. Il

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n'y a pas de garde plus sûre, plus brave, plus vigilante. Règne là le Prince Gvidon et il t'envoie son salut.

Tsar Saltan s'étonne de cette merveille.

— Si seulement je vis, je verrai l'île merveilleuse et séjournerai chez le Prince.

La cuisinière et la tisseuse restent bouche close, mais la Babarikha avec un sourire dit :

— Qui nous étonnerait avec cela? Des gens sortent de la mer et simplement font une ronde? Dit-on vrai, dit-on faux? Je ne vois là aucune merveille. Pourtant il y en a par le monde des merveilles ! Un bruit véridique court : Par delà la mer est une Princesse dont on ne peut détacher les yeux. De jour elle obscurcit la lumière de Dieu; de nuit elle éclaire la terre; un croissant sous sa tresse brille et sur son front une étoile scintille. Elle marche avec la grâce majestueuse d'une paonne et quand elle parle on dirait un ruisseau qui murmure. On le peut dire en vérité, c'est une merveille, voilà vraiment une merveille !

Les marchands avisés se taisent ; ils ne veulent pas se disputer avec la mère. Tsar Saltan s'étonne de cette merveille. JVlais le Tsarévitch, bien qu'il se courrouce, a pitié des yeux de la vieille grand'mère ; au-dessus d'elle il bourdonne, tourne vite et se pose directement sur son nez. Notre héros y

enfonce son dard. Sur le nez se lève une ampoule et de nouveau l'alarme est jetée :

— Au secours, pour l'amour de Dieu ! A la garde, attrape, attrape, écrase-le, écrase-le ! Ah ! tu vas voir, attends un peu, attends!

Mais le bourdon, par la fenêtre, tranquillement vers son royaume vole au-dessus de la mer.

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E nouveau le Prince marche au bord de la mer bleue, il ne détache pas ses yeux de la mer bleue ; soudain sur les eaux limpides apparaît le cygne blanc.

— Bonjour, mon beau Prince. Pourquoi es-tu sombre comme un jour de pluie? De quoi t'affligestu? lui dit-il.

Le Prince lui répond :

— La tristesse, le souci m'accablent. Les gens se marient : je le vois, il n'y a que moi qui reste seul.

— iVlais qui as-tu en vue ?

— Dans le monde, dit-on, il y a une Princesse, dont on ne peut détacher les yeux. De jour elle obscurcit la lumière de Dieu et la nuit elle éclaire la terre ; un croissant sous sa tresse brille et sur son front une étoile scintille. Elle marche avec la grâce majestueuse d'une paonne. Sa parole douce

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