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CIRCULAIRE, SOUSCRIPTION NATIONALE

Monsieur^

Honorer le mérite civil, c’est donner aux enfants de la science de nobles encouragements, et faire comprendre aux générations qui s’élèvent jusqu’où peut aller le génie secondé par des institutions libérales.

Aussi, le Conseil municipal de la ville de Séez, dans sa délibération du 13 février 18^5, a-t-il pris la résolution d’ouvrir une liste de souscription nationale afin d’élever un monument à Conté , son compatriote , chevalier de la Légion d’honneur; ancien membre du Conservatoire des arts et métiers, peintre inspiré, chef des aérostiers de Meudon, chimiste distingué, habile mécanicien, l’un des trente savants de l’expédition cVÉgypte, chargé de recueillir les documents scientifiques qui devaient enrichir la patrie.

Le comité, déjà fort de l’appui du Gouvernement, organe du Conseil municipal de la ville de Séez, ose espérer. Monsieur, que vous voudrez bien, en faveur de cette œuvre, donner un témoignage d’adhésion dont la ville conservera le souvenir en inscrivant votre nom sur des tablettes déposées dans la salle de ses délibérations.

Séez, le 2 décembre 1845.

Les membres du comité :

Moloré de Fresneaux, Prodhomme, Pichon-Prémeslê.

Le Maire, Delangle.

SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR l’ÏNDCSTRIE NATIONAIE.

Extrait du rapport fait^ au nom d’une commission spèciale , sur la souscription pour un monument à élever à la mémoire de Conté.

« Le conseil d’administration a renvoyé au comité des fonds la proposition de prendre part à la souscription pour les mo-

iiuments qui vont s’élever à Séez en Thonneur de N.- J. Contée

et àBeaune, en l’honneur de Gaspard Monge J’ai été

chargé de faire en son nom le rapport suivant :

« Lorsqu’un homme a longtemps servi son pays avec éclat et désintéressement, et qu’en même temps , par son génie inventif, il a fait avancer une science ou un art, son nom survit à l’oubli ; il laisse sur la terre une trace ineffaçable , et le temps ne fait qu’ajouter à sa renommée,

«Tel {wi Nicolas- J acques Conté ^ mécanicien, physicien , ingénieur, artiste, déjà bien connu avant l’expédition française en Orient, et qui, dans cette carrière nouvelle , aussi difficile que périlleuse, acquit de nouveaux titres à une gloire pure et durable.

)) Conté est mort en 1805, dans la force de l’âge et du talent, la tête remplie d’idées neuves et utiles, le cœur plein de nobles pensées ; son nom sera toujours cher à ceux qui l’ont connu, toujours présent à leur souvenir, de même que les services qu’il a rendus à l’industrie française ne seront jamais oubliés, surtout par la Société savante qui, avec sa coopération active , s’est vouée , il y a près d’un demi-siècle , aux progrès de cette industrie.

« Conté , a dit un géomètre illustre , a toutes les sciences dans la tête et tous les arts dans la main. »

» Aussi , dans toutes les occasions où la patrie a invoque son secours, Conté a répondu à cet appel, et pendant près de quinze années il a justifié cet éloge flatteur.

))En 1801, Chaptal, notre illustre président, alors ministre de l’intérieur, lui écrivait , en Égypte , par ordre du premier consul : « Le gouvernement, informé des services que vous «rendez à l’armée d’Orient, me charge d’être auprès de vous «l’interprète de sa satisfaction. L’Europe vous devait desdé- » couvertes utiles, l’Égypte vous devra presque tous ses arts. » Telle est la destinée de cette précieuse colonie, que tout en «elle tient du prodige ; le génie et l’héroïsme paraissent s’être

"> réunis pour former des titres à l’admiratiori des peuples. U )) vous est glorieux d’attacher votre nom à tous les monuments »qui doivent à jamais illustrer l’Égypte; il est permis de » s’enorgueillir lorsque, comme vous, on peut dire : J’ai )) construit le premier moulin, j’ai formé la première fabri- »que, j’ai préparé le premier acier, j'ai fondu le premier « canon. »

»Et le ministre de la guerre, à son tour, écrivait à Conté : « Le dévouement et les talents que vous ne cessez de mani- )) tester vous donnent une part glorieuse au succès de la colownisation de l’Égypte, et vous assurent les droits les plus sa- ))crés à la reconnaissance du gouvernement. »

» Ces glorieux suffrages dispensent de tout éloge.

» A. de tels hommes, messieurs , tôt ou tard , le pays reconnaissant décerne des honneurs publics.

)jLa ville natale de Conté, Séez, ville peu riche, va lui élever un monument; il n’est pas un de ses citoyens qui n’y contribue , même parmi ceux qui sont les moins favorisés de la fortune; le gouvernement, rémunérateur équitable des services rendus à l’État, paraît avoir l’intention d’aider la ville de Séez à acquitter cette dette ; mais il appartient surtout à la Société d’encouragement de se joindre à cet hommage national .

» Conté fut, en 1802, l’un de ses premiers fondateurs. Tant qu’il vécut , il l’assista de son concours efficace. Bien que surchargé de travaux au bureau consultatif des arts et manufactures; organisant le Conservatoire des arts et métiers avec Molard et Montgolfier, et l’école de Compïègne avec Costaz; presque absorbé par un autre devoir public, comme commissaire du gouvernement pour la publication d’un ouvrage national, la Description de V Egypte, il trouvait encore assez de force et de temps pour imaginer nombre de procédés nouveaux et ingénieux, et les expérimenter lui - même , pour assister à toutes nos séances , rendre

compte avec équité des inventions des autres, et communiquer modestement les siennes qui semblaient intarissables . tant son esprit avait de fécondité. Et cependant, dès lors , ii était frappé mortellement d’une maladie du cœur ; mais c’est que rien ne pouvait refroidir ce noble zèle , cet ardent patriotisme, ce vertueux dévouement à tous les devoirs.

»Ge n’est pas ici le lieu de faire le tableau des travaux si multipliés, si divers de Conté; ce devoir a déjà été rempli avec talent au sein de la Société par son secrétaire général , et il le sera bientôt, encore une fois, dans une occasion solennelle.

» Le comité propose à la Société de consacrer une somme de 500 francs au monument qui va s’élever à Séez, comme elle l’a fait lors de l’érection du monument de Berthollet. »

JOMARD, rapporteur.

y^pprouvé en séance ^ le 15 avril 18à6.

(N) Liste des arts et métiers et des différents costumes dessinés

par Conté en Égypte.

Arts et métiers. Planche I [Description de V Égypte, État moderne , tome II) , fabrication de l’huile : le pressoir, le moulin , le fourneau à torréfier la graine. PL II , four à poulet, four à chaux, four à plâtre, four à poterie, four à verrerie, four à sel ammoniac. PI. IV et V, roue à pots. PI. VIII, charrue, machine à battre le grain. PI. X, le meunier, le boulanger, le pâtissier, le confiseur. PI. XI, le vinaigrier, le distillateur. PI. XII, moulin à huile. PI. XIII, le tisserand. PI. XIV, le passementier, le faiseur de cordonnet, le ceinturonnier. PL XV, l’arçonneur de coton, le fileur de laine, la dévideuse de laine , le tourneur en bois, le serrurier en bois. PL XVI, le teinturier, le cordier. PL XVII, le brodeur au tambour, le fabricant de feutre. PL XVIIl, le maçon, le cou-

vreiïr. PI. XIX, le charpentier, le menuisier. PI. XX, le faiseur (le nattes, le faiseur de couffes. PI. XXI, le chaudronnier, le forgeron, PI. XXII , atelier du fabricant de poteries. PL XXIII , le fabricant de bouteilles de verre. PL XXIV, le fabricant de sel ammoniac. PL XXV, rémouleur, le barbier. PI. XXVI, le taillandier, moulin à plâtre, atelier où Ton brûle le café, le maroquinier. PL XXVII, le faiseur de tuyaux de pipes , le pileur de tabac. PL XXVIII, la faiseuse de mottes, le chamelier. PL XXIX, le jardinier.

Costumes. PL A, le Sâys ou palefrenier, la femme du peuple. PL J , la femme riche, la femme franque, le saqqâ ou porteur d’eau, le marchand de bouse, le marchand de balais, etc., Lanier.

l’expédition d’égypte.

1. La Décade égyptienne. Imprimerie du Kaire, ans vii-viii , 3 vol. in-û.

2. Courrier de V Égypte. Imprimé au Kaire, ans vi-ix, 1 vol. in-4.

3. Ordres du jour de l’armée d’ Orient, ans vi, vu, viii, ix, 3 vol. in-foL

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