ARC STEPHANE ET SON ŒUVRE DE PAMPHLÉTAIRE
Parmi les écrivains d'une époque où tout est à vendre ou à louer, il convient de citer Marc Stéphane comme le dernier des pamphlétain est une joie exquise poul-
ies mécontents, et ile sont nombreux, que de lire des pages aussi violentes, un amusement pour les timides que ces hardiesses savantes, une revanche pour toi rifles,
-et ils sont légion.
C'est la défense du droi la justice méconnus en
ces jours de marchandages et de gabegies Ou devine que ce farouche et brutal pamphlétaire déverse les flots de sa verve abondante parce qu'il sonffi -nient
l'assister à regorgement de la Vertu....
Paul Brunette. Revue Mm
... Il y a de ton\t dans ces macédoines au picrate . . et bien d'autres choses encore. En dépit de quoi ce mélange est très savoureux: ; il suffit, pour l'assimiler, de ne pas trop redouter les épices
Marc Stéphane est un grand démolisseur et un écrivain terriblement irrespectueux... On lui passe volontiers toutes ses haines parce qu'on sent très bien qu'elles contiennent beaucoup de générosité et de sincérité.
. . , Lisez les propos subversifs de ce libertaire pythagoricien. Ils vous amuseront sûrement et peut-être vous instruiront-ils. Marc Stéphane est très désabusé : il n'est pas pessimiste. Il n'a jamais peur des idées ; je lui demanderais,pour ma part, d'avoir quelquefois peur des mots... Tantôt simple gavroche et tantôt philosophe, il fait avec une verve truculente la critique de nos snobisines et de nos lâchetés... Etc.
Jean Tribaldy. (Progrès de la Somme).
... Mrc Stéphane ose dire ce qu'il croit la vérité, et il le dit sans ambages. Eare, très rare mérite : c'est pourquoi je l'aime.
Robert de la Villehervé [La Province).
Ennemi du Peuple et des Lois, M. Marc Stéphane ne l'est du moins pas de son lecteur, car il le désopile, quand il lui serait si facile de l'ennuyer.
L'Opinion.
Marc Stéphane, toujours d'humeur peu bénigne, continue de se montrer un satirique très verveux. Sans doute le voudrait-on plus tendre parfois ; mais qu'on partage ou non son avis sur certaines personnalités, on ne s'ennuie point à le lire.
Pierre Vanneur. (Le Penseur).
La pétulance de Marc Stéphane est infatigable, et voici qu'elle prend ses amusants et terribles ébats dans un nouveau livre, recueil, ou plutôt pêle-mêle de hautes pensées, d'apostrophes truculentes, d'observations pointues et de verdeurs drolatiques.
La sagesse et l'audace du jugement, les attaques virulentes et hardies, la force cinglante de la satire font de ce livre trè? significatif, une lecture instructive et gauloisement hilarante.
Il faut louer, en cet effarant Marc Stéphane, la verve vitriolante et le verbe pimenté, ainsi que la richesse et la volubilité de sa langue très bien pendue.
Marcel Eieu. (Pan).
Marc Stéphane, l'ami d'il y a dix ans, m'a envoyé un livre : La Cité des Fous, souvenir de son séjour à Sainte- Anne. Je m'attendais à un livre complètement détraqué, c'est au contraire, un livre très raisonnable, infiniment plus curieux que le roman de Xau, couronné par l'Académie Goncourt.
Léon Bloy. (L'Invendable).
Petit livre détestable et curieux de Marc Stéphane : Mémoires d'un camisard sur les Dragonnades — Mais ce Stéphane a quelque chose.
Du même, même ouvrage.
... Vous êtes un très pardonnable diseur de vérités. Et comme je suis de ces imbéciles qui ont des principes, j'accepte toutes ces vérités et je me réjouis toujours da voir démolir le mur des conventions — surtout lorsque l'ouvrage est fait par un talent tel que le vôtre. . . Moi,
je suis un journaliste très sage? un poète très humble,
mais je suis effrayé lorsque je descends en moi-même....
Vous valez cent fois mieux que moi : vous osez dire où
je n'ose que penser.
Lettre d'un journaliste à l'Auteur.
. . . Votre hardiesse même un peu précieuse, même un peu savante, ne peut que vous attirer des sympathies.... Des hommes comme vous sont utiles clans une République comme celle des Clemenceau. Tout y est vendu, méprisable, ignoble et sale.
Autre lettre d'un autre journaliste à V Auteur.
L'auteur de ces brochures singulières... se plaint qu'on ne daigne même pas les annoncer. Il ne peut vraiment s'en prendre qu'à lui, ces livres exaspérés, violents, grossiers, étant faits pour déplaire à tout le monde(1).Les deux nouvelles séries nous semblent pires encore que les deux premières. On y trouve sans doute quelques bonnes vérités, quelques-unes finement dites, mais noyées dans un flot d'ordures et même d'obscénités qui rendent ces brochures insupportables et illisibles aux honnêtes gens (9, à qui il ne peut être agréable de se commettre en pareille compagnie. Elles nous apportent un terrible témoignage contre la société d'aujourd'hui telle que la Révolution l'a faite ; mais l'exagération et la grossièreté de la forme enlèvent à ce témoignage la meilleure part de son autorité. L'auteur s'y montre l'ennemi de tout le monde ; mais les hommes du jour, ceux là mêmes qui nous gouvernent, paraissent, avoir tout spécialement le don de l'irriter, probablement parce qu'ils sont vainqueurs. Cette attitude nous inspirerait quelque sympathie pour l'homme, qui a beaucoup souffert sans doute, et qui, à ce titre, mérite au moins de la pitié ; mais tout de même ses rancœurs, justifiées peut-être, pourraient s'exprimer sous une autre forme : celle qu'il a malheureusement adoptée ne relève pas de la critique littéraire (1).
Edouakd Poxtal. (Polybiblion).
Il sera beaucoup pardonné à Marc Stéphane parce qu'il a beaucoup aimé . . . sa vérité, et parce qu'il a beaucoup de talent. Son nouveau recueil est tout plein
^1) Ça, par exemplo, c'est épatant. (Commentaire stéphamien).
de ce que l'on appelle conventionnellement des « propos subversifs ». L'auteur de La Cité des Fous promène sa lanterne terrible dans tous les coins sombres où se joue la comédie Irumame.et il mange un tas de choses sociales accommodées à des sauces violences. J'ai quelque mérite à louer Marc Stéphane, car il ne ménage guère certains de mes amis. Mais ce serait grande faiblesse de né pas tout lire et de ne pas admirer l'indépendance de l'écrivain. Un conte étrange : La Réincarnée, clôt ce recueil, et ce serait grand dommage de supprimer cette page où l'on aperçoit un peu du cœur très doux (mais si environné de fulgurenees ! du pamphlétaire dilacérant et nosographe.
Gustave Gasser. (La Bourgogne d'Or).
Marc Stéphane, avec trois ou quatre plaquettes de ce genre, et l'isolement dont il s'éprend non à tort, moi, présentera certainement des garanties de perdurée artistique, plus denses que maint autre arriviste de sa, de notre génération. D'ailleurs, que lui importe, que nous importe a nous, qui ne comptons qu'avec le beau?
ÀtCÀNTER UE BliAHM.
Je suis loin de partager toutes les idées de M. Marc Stéphane, mais j'avoue que neuf fois sur dix ses critiques portent juste. Je me hâte de retirer le mot critique, c'est une épithète trop fade pour définir les coups d'étrivières que M. Marc Stéphane distribue à droite et à gauche avec maestria.
Quelle langue savoureuse ! quel riche vocabulaire ! C'est un vrai régal de lettré que ces satires, ces pamphlets, ces invectives où l'auteur est tour à tour Rabelais. Estienne ou d'Aubigné avec en moins la peur du bûcher.
Ce petit livre renferme aussi quelques ballades d'un mouvement preste et charmant et du plus pur esprit français.
M. Marc Stéphane se dit ennemi du peuple et des lois, mais il faut bien se garder de prendre à la lettre cette déclaration subversive. C'est plutôt un penseur libre, un peu bourru, à la mode de Paul Louis Courier, avec lequel il a plus d'un point de ressemblance.
Camille Beaulieu. (Renaissance Romantique) .
S*-Amand (Cher). — Imp. DANIEL-CHAMBON
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