LA PRINCESSE DE LA CHINE
Le seul trait qui tienne un peu du merveilleux dans cette nouvelle, est cet amour subit, que fait naître le portrait parlé, si Ton peut s'exprimer ainsi, d'une femme.
Le n° 29, H., est rempli d'aventures extraordinaires, ayant un point de départ analogue. Le prince, qui en est le héros, a pour ami non pas le fils d'un grand vizir, mais d'un simple pêcheur, qui passe pour son frère. 11 s'amourache de la femme d'un orfèvre, rien qu'en entendant vanter sa beauté par des jeunes gens, dans une ville qu'il traversait, après avoir déjà commencé ses voyages
Au n° 64, variante 3, un portrait peint a le même effet sur un jeune prince, qui Ta trouvé dans la quarantième chambre où (comme dans Barbe- Bleue, etc.) il lui était interdit de pénétrer.
Au reste, un pareil ressort, plus ou moins modifié, n'est pas étranger, il s'en faut, à une multitude de fictions plus prétentieuses. C'est ce qu'on a appelé le coup de foudre , la passion foudroyante
et irrésistible. Avec un peu de bonne volonté, peut-être pourrait-on en faire remonter l'origine jusqu'à ces passions fatales, dont l'Aphrodite des Grecs, Vénus, tout entière à sa proie attachée, frappait comme d'un châtiment ceux qui l'avaient dédaignée.