L'EXPÉDIENT DE SAINT DENIS
En parcourant le sanctuaire Qui renfermait jadis la cendre de nos rois ,
Martin racontait à François Du patron saint Denis l'histoire mortuaire. Honni , les bras liés , des hommes inhumains , Le condamnant, dit-il , par ua arrêt injuste,
Lui tranchèrent sa tête auguste ,
Qu'il prit aussitôt dans ses mains....
— Ceux qui t'ont dit cela t'ont pris pour une bête,
Lui dit François , ou bien tu mens:
Les bras liés , comment ramassa-t-il sa têt€ ?
— Mais , c'est tout simple , avec ses dents.
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L'EFFET DU PROME,
ou LA CONVERSION.
Le cure de Falaise t à^ ce qu^on m'a conte ,
Prêchait selon la circonstance ,
Et prêchait toujours d'abondance.
Certain dimanche , étant monté
Dans la chaire de ve'rité ,
Il s'aperçut que l'auditoire Par des femmes du peuple (état le moins aisé)
Etait presque tout composé :
Il crut devoir parler d'un penchant trop notoire Auquel ces femmes-lix se livrent tous les jours , La loterie enfin, malheur sans nul recours;
Or, du haut de son oratoire,
Il leur adressa ce discours :
K Nourri d'un fol espoir, "bercé parle mensonge, m Votre esprit, tout entier k ce penchant fatal, « Trop avide du bien, n'aperçoit point le mal; « Il tourmente le jour, on le revoit en songe , a Et dès que le soleil vient éclairer les cieux, a On court chez sa voisine en se frottant les jeux;
« — J'ai rêve cette nuit un, sept , Irehe, et j'espère « Que ces trois numéros sortiront, au moins deux...
« Soyons de moitié , ma commère ;
« Chacune six francs... — Tiens, c'est dit....
« On court à ce bureau maudit,
« Source de maux et de misère j
« On y dépose le salaire
« Acquis à la sueur du front ,
« Et l'on se nourrit de chimère...
« Le jour du destin , joi^r prospère , « Arrive... et Ton n'a rien, rien du tout que l'affront,
« Déshonorant pour une mère ,
« Qui , privant ses enfans de pain ,
« Les expose à mourir de faim
ce Femmes sans cœur, mères coupables!
« Ouvrez donc les yeux , misérables ;
« Rentrez enfin dans le devoir ; « Que l'amour du travail soit votre unique espoir; « Renoncez pour toujours à ce calcul infâme,
« Et le Seigneur vous bénira...
« C'est ce que du fond de mon ame
« Je vous souhaite... et ccetera... »
Ici le bon curé s'apaise , Croyant ses auditeurs à ses vœux résignée ; Il descend ets'en va.. — Monsieur, ne vous déplaise , Excusez-moi, lui dit la commère Thérèse,
Mais n'est-ce pas un, sept et treize
Que yous nous avez désignés?
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