‹ Contes, anecdotes, chansons et poésies diversesChapitre 12 sur 221 · L'EXPÉDIENT DE SAINT DENIS · texte numérisé non relu

L'EXPÉDIENT DE SAINT DENIS

En parcourant le sanctuaire Qui renfermait jadis la cendre de nos rois ,

Martin racontait à François Du patron saint Denis l'histoire mortuaire. Honni , les bras liés , des hommes inhumains , Le condamnant, dit-il , par ua arrêt injuste,

Lui tranchèrent sa tête auguste ,

Qu'il prit aussitôt dans ses mains....

— Ceux qui t'ont dit cela t'ont pris pour une bête,

Lui dit François , ou bien tu mens:

Les bras liés , comment ramassa-t-il sa têt€ ?

— Mais , c'est tout simple , avec ses dents.

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L'EFFET DU PROME,

ou LA CONVERSION.

Le cure de Falaise t à^ ce qu^on m'a conte ,

Prêchait selon la circonstance ,

Et prêchait toujours d'abondance.

Certain dimanche , étant monté

Dans la chaire de ve'rité ,

Il s'aperçut que l'auditoire Par des femmes du peuple (état le moins aisé)

Etait presque tout composé :

Il crut devoir parler d'un penchant trop notoire Auquel ces femmes-lix se livrent tous les jours , La loterie enfin, malheur sans nul recours;

Or, du haut de son oratoire,

Il leur adressa ce discours :

K Nourri d'un fol espoir, "bercé parle mensonge, m Votre esprit, tout entier k ce penchant fatal, « Trop avide du bien, n'aperçoit point le mal; « Il tourmente le jour, on le revoit en songe , a Et dès que le soleil vient éclairer les cieux, a On court chez sa voisine en se frottant les jeux;

« — J'ai rêve cette nuit un, sept , Irehe, et j'espère « Que ces trois numéros sortiront, au moins deux...

« Soyons de moitié , ma commère ;

« Chacune six francs... — Tiens, c'est dit....

« On court à ce bureau maudit,

« Source de maux et de misère j

« On y dépose le salaire

« Acquis à la sueur du front ,

« Et l'on se nourrit de chimère...

« Le jour du destin , joi^r prospère , « Arrive... et Ton n'a rien, rien du tout que l'affront,

« Déshonorant pour une mère ,

« Qui , privant ses enfans de pain ,

« Les expose à mourir de faim

ce Femmes sans cœur, mères coupables!

« Ouvrez donc les yeux , misérables ;

« Rentrez enfin dans le devoir ; « Que l'amour du travail soit votre unique espoir; « Renoncez pour toujours à ce calcul infâme,

« Et le Seigneur vous bénira...

« C'est ce que du fond de mon ame

« Je vous souhaite... et ccetera... »

Ici le bon curé s'apaise , Croyant ses auditeurs à ses vœux résignée ; Il descend ets'en va.. — Monsieur, ne vous déplaise , Excusez-moi, lui dit la commère Thérèse,

Mais n'est-ce pas un, sept et treize

Que yous nous avez désignés?

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