ACTE î, SCKNE II. Ï
BERTRAND
Quelle singulière aventure.
FLORVAt.
Etourdi!
GERCOD R.
Il était trop dangereux de revenir sur mes pas. Je m'abandonne à mon destin ; nous courons la nuit< je verse dans un fossé, le cabriolet se brise... Je laisse le postillon pestant, jurant , fort surpris de reconnaître enfin que je ne suis pas son maître, et je fuis à travers champs. Au jour, j'ai aperçu cette ferme , et je me suis décidé à venir j chercher un asile.
FLORVAL , riant.
Comment diable , mais c'est le chapitre premier d'un nouveau roman. î
GERCOVR.
Tu ris... Je meurs de faim !
FLOR VAL
Je vais te donner à déjeûner.
BERTRAND
Et moi, pendant ce tems-là, je vais aller voir ce qui se passe sur la route; il serait possible qu'on courût après vous.
FLORVAL.
Excellente idée! Va, Bertrand, nous comptons sur toi.
icj8 LA. JOUKNÊE AUX AVENTURES.
SCÈrsE lîl.
GERGOUR, FLORVAL.
F L OR VAL
Et comment nommes-tu ion adversaire ?
GERCOUR.
Dan ville.
Banville! Ce nom ne m'est pas connu.
GERCOUa.
Mais^ à Ion tour, pourquoi as-tu quitté Paris ? Que diable fais-tu dans ce pays et sous cet accoutrement?
FLORVAL, avec mystère.
C'est une mise de rigueur.
Une intrigue?
FLORVAt.
Oui , des créanciers. Fatigué de leur assiduité et craignant leurs douces étreintes, je me suis décidé à venir passer la belle saisoQ dans cette ferme.
CERCOtJR.
Fruit de les éccwiomies!
I ACl-E I, SCÈNE III. 199
FtORVAL.
Moi , (les économies ! nh ! quelle injure ! La ferme est à cet hoiiiiêle Bertrand que tu viens devoir, et qui s'est arrondi au service de mon père. Du reste brave homme , il m'est tout dévoué.
GERGOUB.
Ainsi, Monsieur garde Vincognlto... et pas la moindre consolation!
FLORV AL.
Je croyais en avoir trouvé une.
CEBCOVR.
Quelque dame des environs ?
rLORVAL.
Non, une petite paysanne qui demeure au villaj^e voisin chez un de ses oncles; aiais, par malheur , elle vient de se marier.
Par malheur!... Est-elle jolie?
FLORVAL.
Charmante!