INTRODUCTION
J— iES peuples qui n'ont qu'nn livre, comme les Juifs , les Musulmans et les Guèbres , ne changent jamais d'opiuion.
Les Français qui ont vu la fin da règne de Louis XV , et qui ont vu se propager les maximes des J. J. Rousseau, des Voltaire , des Montesquieu et des Raynal , ont été les témoins de la nullité du roi, du gouvernement et de la nation.
Lorsque Louis XVI monta sur le trône , il y apporta un cœur bon , de l'attachement pour son peuple , et une répugnance pour la tyrannie. Dès sa jeunesse , il avait annoncé du goût pour la réforme des abus ; mais Tu-
sage àe la cour de France était d'écarter les héritiers du trône de la connaissance des affaires , afin de les tromper plus aisément et de gouverner sous leur nom. Telle a été la principale cause des événemens qui ont affligé la vie du plus malheureux des rois.
Le faste de la cour de Louis XIV , du Régent et de Louis XV , n'avait été que parcimonie en comparaison de la prodigalité de celle de Ijouis XVÏ. L'insouciance sur l'avenir empêchait d'examiner et d'où provenait tant d'argent , et ce qu'il en coûtait au peuple pour le donner.
Avec de l'instruction , Louis XVI aurait pu sauver l'Etat ; car , d'une part, il était naturellement économe, et de l'autre il n'avait rien tant à coeur que le honheur de ses sujets.
Tous les ressorts politiques étaient
uses : la corruption , Tintrigue et répuisement des finances éveillèrent enfin l'attention du monarque. Il voulut s entourer de conseils ; il ne les chercha que parmi des courtisans avides et des ambitieux déhontés (i). On convoqua une assemblée de notables ; cette assemblée nécessita celle des états-généraux , et
L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf, France de foux devint l'élite , Pour aviser si , par la suite , Charrette irait devant le bœuf.
Duport consulta Mesmer sur le succès de la révolution , et ce savant empirique lui répondit : « J'ai tâté le p pouls à l'Univers ; à la troisième n crise , le monde sera sauvé r> .
(i) L'ambition domine Philippe d'Orléans, disait-on au commencement de 17^9; et si le roi le décorait du cordon gris , il empêcherait la rgvolutioa.
Il est plus sûr de se fier à un cheval sans frein , qu'à des discours imprudens et désordonnés. Tout est perdu , quand les méchans servent d'exemple , et les bons de risée.
PlTHAGORE.
Un grand royaume est un vaisseau Dont le monarque est le pilote ; Gravons le bien dans le cerveau , Un grand royaume est un vaisseau.
Si le nocher tombe à vau-l'eau.
Au hasard le navire flotte :
Un grand royaume est un vaisseau Dont le monarque est le pilote.
ANERIES
RÉVOLUTIONNAIRES