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ENFANTÉS PENDANT LA RÉVOLUTION

LoRSQU'en 1789 la Comédie Française changea de litre , il parut Tëpigrarame suivante :

Les comédiens français très-prudemment calculent.

En citoyens ardens,cesmessieurs s'intitulent:

ThéaLre de la Nation ; Titre seul qui promet à leur ambition

Une recette toujours riche.

Et comédiens du roi reste encor sur l'affiche,

Pour garantir la pension.

Un conseiller au parlement était de garde chez le roi. Que fais-tu donc ici , lui dit un ami? — Que veux-tu , reprit le factionnaire ; autrefois noue

faisions des remontrances au roi , et niciioteaaut nous lui montons deit gardes.

Yers la fin de 1790, on publia les couplets suivans :

Air : O ma tendre musette»

De l'aimable folie Prisez mieux les bienfaits j La sombre angloraauie Ne sied point aux Français; Soyez vifs et volages , Gardez vos anciens goûts ; Je vous crois assez sages Pour être toujours fbux.

Vos districts y vos gazettes y.

Vos graves députés , Vos riches épaulettes , Vos plans , vos arrêtés ,.

Vos canons, vos trompettes^ Valent-ils, mes amis.

Une des chansonnettes Que vous chantiez jadis-Z

Mirabeau rainé étant allé voir son frère , que de trop fréquens sacrificesa Bacchus retenaient dans son lit, lui dit: Est-il possible, mon frère, que vous ne rougissiez point d'un vice aussi crapuleux ?... Parbleu j mon frère j répondit le malade , c'est le seul que vous^ -m'ayez laissé,

*ji.u commencement de 1790 , on publia ces stances sur les deux frères Mi-^ rabeau :

. En France il est deux Mirabeau , Le comte et le vicomte; Et je vais peindre en ce tableau u^, Le vicomte et le comte.

Le bon peuple veut chaque jour

Lanterner le vicomte, Car il réserve son amour

Pour le vertueux comte (i).

(i) C'est le comte qui était député de lànoblesse à l'A'ssemblée constituante , et l'am-;* lagon istc de. l'abbé Maury- et de Gazalès*.

Quand on voit l'un , on dit : Hélas l

J'ai vu monsieur le comte.

Quand on voit l'autre , on dit tout bas

J'ai vu le gros vicomte.

Pour nous instruire , l'un écrit :

C'est le vertueux comte; Et l'on s'amuse lorsqu'on lit

Les écrits du vicomte.

Le Chàtelet est juste enfin \,

Il décrète le comte; Et l'affaire de Savardin

A fait fuir le vicomte.

On veut l'accrocher en chemin,

Parce qu'il est vicomte :

De la lanterne il fuit soudain,

En se disant le comte (t).

(i) Quelque tems après une mauvais»^ affaire que le vicomte de Mirabeau eut ai|f Palais-Royal avec un nommé Savardin, la* peur, ou toute autre raison, lui fit prendra la route de Mons.... — Qui va là? — Mirabeau. Aussitôt on saute dessus — Ah.

410US le tenons, nous le tenons ! à la lanterne. ..• -- Eh ! messieurs , vous vous méprenez.... — •

IMt

On veut alors chez l'étranger L'accrocher comme comte,

Il échappe au même danger En se disant vicomte.

Enfin , l'on a très-bien reçu

Le gros et gai vicomte Dans des lieux où l'on eût pendu

Le très-vertueux comte.

Sur la nomination du comte Hiquetti de Mirabeau au grade de cominan" dant de la section Grange-Batelière.

Depuis long-tems Riquetti , mon bijou , Beau commandant de Grange-Batelière , On desirait vous voir le hausse-cou ; Mais c'était d'une autre manière.

Oh ! oh î vous n'êtes donc pas l'ainé ? — Non , certainement. — En ce cas , c'est dif-

érent Le vicomte , reconnaissant du

service que venait de lui rendre son frère , et oulant s'acquitter envers lui, lui écrivit ce* nots : Si quelque motif ce portait àvoyager^. e te conseille d'éviter Mons ^ car j'ai ijian^. ué d'y être pendu pour toi.

On clemandait à Mirabeau pourquoi il avait toujours uue vache sur sa voiture lorsqu'il allait à rassemblée. — C'est, dit-il, parce qu'un homme qui marque dans une révolution doit être toujours prêt à prendre la faite ou à monter sur l'échafaud.

Le même disait un jour à la tribune des jacobins : la liberté ne prend racine que sur les débris des cadavres humains : elle ne s'élève qu'arrosée de sang et de larmes. Affreuse vérité qui confond toutes les idées philosophiques , et qui effraie la raison humaine.

L ABBE Maury, sortant d^une séance orageuse où il avait vigoureusement soutenu les privilèges de son ordre, fut assailli par uue foule de gens , qui lui crièrent : A la lanterne! Eh bient leur dit-il , quand je serai à la lanlerue, j verrez-vous plus clair?

"Plusieurs dames de la Halle rencontrant le même député , qai allait à l'assemblée , une d'entre elles lui ^dit : Vous parlez comme un auge, M. l'abbé 5 mais malgré tout , vous êtes fou».. Bah ', leur dit l'abbé en souriant, vous savez bien , mesdames, qu'on ne meurt pas de ça.

Un colporteur , pour mieux piquer la curiosité du peuple, criait: Morù de Vàbhé Maury. L'abbé passe, l'entend, s'en approche , lui donne un vigoureux soufflet, et lui dit : Tiens , si je suis mort , au moins tu croiras aux revenans,

Yers la fin de 1790, on fit ces ver»

pour placer au bas de son portrait :

Il réunit ce qu'on ne vit jamais :

Savoir, génie, éloquence et courage; 11 est trop, au jourd'hui, méconnu des Français^ iMais la postérité vengera cet outrage.

Le décret qni ordonna la vente des biens ecclésiastiques excita les plus grands cris de la part des intéressés.

Chaque membre du clergé se levait, changeait de place à tout moment, pour augmenter le hruit que faisait son confrère. Une dame, impatientée de tant de brouhaha, s'écria : Messieurs, on veut vous rasej- ; mais si vous vous remuez tant, vous vous ferez couper.

D'un bataillon de sans-culottes tJn ancien officier fut nommé commandant; Mais ne pouvant sur eux prendre aucun ascendant.

Il les assemble un jour : Citoyens patriotes ^

Depuis assez long-tems, je crois,

J'obéis à toutes vos lois :

Or, comme un pareil joug me lasse ,

Permettez que, sans plus tarder.

Je me démette de ma place , Attendu que je veux à mon tour commander.

A M, *** , cordonnier , ojjicier muni" cipal.

Digne municipal , homme vraiment de poix , On sait que maint^ied'-/^/a^ blâme un si noble choix ;' Crie à propos de botte et répand mille injures. Qui pourtant, mieux que toi, sut prendre ses

mesures f Sut mieux , sans perdre haleine , abattre les tyrans ^ Mieux observer Uyôrme et les points importans ; Mais tu connais l'envie et sur quel /?/(?^ nous sommesj O père de nos corps ! prends pitié de tels hommes : Tu peux à volonté les tous estropier:

Sois grand jusques aux bouts , fais-leur encor

quartier ; Comme un second Orphée, enchaînant les oreilles y De la difficulté sachant trancher les nœuds , Par des armes de soie opérant des merveilles , Fais-les marcher plus juste au gré de tous nos vœux.;

On distribua clans plusieurs yilles des projets Je délibérations incendiaires ; on désignait quatre corporations qui devaient réclamer contre la révolution ; on disait que les cordonniers A^oulaient t ancienne forme; les tailleurs , les anciennes mesures; les perruquiers, les vieilles têtes, et les carrossiers, l'ancien train.

Un filoa ayant été pris sur le fait, fut conduit chez le commissaire da quartier, qui lui demanda si c'était la misère qui le portait à voler? Non, dit-il, je profitais seulement de la liberté de la presse.

LORSQUEla commune de Paris établit le comité des recherches, il parut le dialogue suivant entre le président de ce comité et la Vérité,

Air : Jardinier^ ne çois-tu pas?

LE PRÉSIDENT

J'ai de l'esprit et du goùt^ Par-tout je l'entends dire; Si l'on me vante beaucoup , C'est que je suis propre à tout.

LA VÉRITÉ

Détruire, détruire, détruire.

LE PRÉSIDENT

En tout lieu l'on doit savoir Combien je suis aimable ; Et chacun , fier de m'avoir, Donnerait tout pour me voir.

LA VÉRITÉ

l^w diable , au diable , au diable»

LE PRÉSIDENT

Dans ce pays agité J'ai semé la discorde ; Mais aussi , sans vanité.

De lui j'ai bien mérité.

LA VÉRITÉ

La corde , la corde , la cordcx

• LE PRÉSIDENT

Puisqu'à faire à tous la loi Notre^ sénat s'applique , Je puis régner, par ma foi.

Ayant déjà l'air d'un roi»

LA VÉRITÉ

De pique y de pique , de pique.

LE PRÉSIDENT

Enfin , de notre bonheur, L'édifice s'achève ; Comme je suis sénateur, Je mourrai comblé d'honneur.

LA VÉRITÉ

En grève , en grève , en grève.

Nota, Ces couplets sont une parodie d'une chanson de Pannard.

Deux jeunes gens montés dans un fiacre prirent de l'humeur contre le cocher , dont les chevaux rétifs ne voulaient pas partir. Marche donc ,

C '6i ) s*écrîèrent-ils , ou nous allons faire une motion sur tes épaules. — Eh \ messieurs, répondit le coclier avec dignité, attendez donc que je nie sois constitué sur inon siège et que j'aie organisé mes clievaux.

L'ordre du jour.

Sur nos législateurs ji'a-t-on pas droit de

mordre ?

Fort souvent h l'ordre du jour

Nousies voyons passer. Mais quand le jour ds

l'ordr»

Aura-t-il donc son tour ?

Philippe d'Orléans, donirambition perçait à travers l'hypocrisie, sentant ]a nécessité de s'éloigner de Paris , demanda du service au ministre de la guerre. On fit à ce sujet le quatraiis. suivant i

Pour fuir le coup qui le menace, Le duc d'Orléans va , dic-on.

Etre chef de division :

11 n'aura pas changé de place.

Ce misérable, qui affecta par la suite de prendre le nom à'Egalité, n'était déjà plus dangereux pour le public, qui lui donnait tout haut le nom d'ambitieux. Ses amis le défendirent, et voici des vers qu'on leur adressa :

Iniprudens qui, sans nul égard, Blanchissez d'Orléans,qui blanchiriezla peste^,

Vous êtes le papier brouillard :

Vou^ enlevez la tache, et la tache vous reste.

L'homme prudent,

Dialogue nationaL A.

Monsieur est-il aristocrate?

Non^ monsieur, je m'en garde bien,.

( iG5 ) A.

J'entends , vous êtes démocrate ?

Ali ! s'il vous plaît , n'en croyez rien.

Eh î mais , quel choix est donc le vôtre 7 Entre le^s deux partis flottez-vous suspendu ?

"Vous l'avez dit , je ne suis l'un ni l'autre , Pour n'être pendeur ni pendu.

Un particulier venant de payer sa contribution patriotique, s'écria avec sensibilité :

A tous les cœurs biens nés que la patrie esc

c/iére I

On reprochait à certaines femmes

cle ne pas porter de cocardes. Quel-

I qu'un voulut les justifier , en disant t

I Que ces dames avaient devancé la ré-

( '6', ) Yolulion pour être constîtutionnelîea ] qu'on pouvait les qualifier de citoyennes très-actives y connaissant par cœur les droits de V homme , ayant la -parole en m,am et un comité central en permanence.

Après l'expédition du brasseur Santerre dans la Vendée , on fit courir le bruit de sa mort : Un plaisant fit ainsi son épitaphe :

Ci git le général Santerre,

Qui n'eut rien de Mars que la hière.

LoRt5QUE Ton apprit que Robespierre et autres étaient nommés pour composer le tribunal du district de Versailles , quelqu'un répondit : u C'est y> sûrement cela que j'ai entendu ce « matin d'un colporteur qui criait t ■n Voici bientôt le moment où il faudra^ y> que la Justice s'exécute elle-même n »

( '65) [| UîS' honorable membre du club des jacobîns disait : « J'ai joué de bonyf heur aujourd'hui : un chien enragé n a passé entre mes jambes sans me n mordre r>. Cela n'est pas étonnant, lui répondit quelqu'un , c'est qu*il vous connaissait.

' Les Carmes furent dénoncés pour avoir chez eux cinq canons et vinglcinq arraes. La municipalité y alla faire une exacte perquisition , et on ne trouva que vingt-cinq Carmes et cinq ânons.

Les chemises a Gorsas.

Lors du départ de Mesdames

I ( tantes du roi ) pour le pays étranger,

' Gorsas fît à lAssemblée nationale un

long discours à ce sujet, dans lequel ,

en voulant faire entendre que ces

sortes d'émigrations dilapidaient la

fortane pnLlIque , puisqii'en pareil cas on emportait avec soi tout ce qnî ponvait se transporter , s^expriraa ainsi en se mettant à la place de ce bon peuple, si honteusement dépouillé :

« Oui j mesdames , tout ce que vous avez m'appartient , Jusqu'à vos che^ mises! Il est pénible de vous voir quitter ï^aris dans cet état , etc. » (i).

Cette phrase amphibologique donna lieu de croire à quelques patriotes des départemens qui la lurent , que Mesdames avaient effectivement emporté] les chemises de M, Gorsas.

Les habitans d'Arnay-le-duc , ins-l truits de cette aventure , et sachant] que Mesdames devaient passer par leurl ville , s'assemblèrent et décidèrent qu'il fallait les arrêter à leur arrivée ,

(t) Voyez le Courrier de Paris dans les quatre-vingt-trois départemens ^ par A. G; Gorsas j du 9 février 1791.

pour îenr faire rendre ce qu'elles avaient dérobé à M. Gorsas. A peine cette civique résolution est-elle prise , que l'on voit entrer dans la ville les deux tantes du roi avec toute leur suite. On les arrête de la part de la nation et de M. Gorsas 5 on les fait descendre de voiture , et les officiers municipaux, avec leurs ha])its noirs , leur gravité , leurs écharpes , leur civisme et leurs perruques , disent à Mesdames :

Air : Rendez— moi mon écnelle de bois.

Donnez-nous les chemises (i)

A Gorsas , Donnez-nous les chemises.

Nous savons , à n'en douter pas , Que vous les avez prises ; Donnez-nous les chemises

A Gorsas , Donnez-nous les chemises.

( I ) 11 y a dans ce vers une syllabe de trop ; onais ce n'est rien c|ue ça.

Madame Adélaïde , étonnée d'un tel propos , répond sur le même air que ces messieurs de la municipalité :

Je n'ai point les chemises

A Gorsas, '

Je n'ai point les chemises.

Cherchez, messieurs les magistrats,

Cherchez dans nos vaHses.

Je n'ai point les chemises A. Gorsas ,

Je n'ai point les chemises.

Dès que madame Adélaïde «eûl chanté son couplet , madame Yictoir( prit la parole et dit :

Air. : Rendez-jnoi mon écuelle de l/ois.

Avait-il des chemises,

Gorsas ?

Avait-il des chemises ?

Moi , je crois qu'il n'en avait pas j Où les anrait-il prises ?

Avait-il des chemises ,

Gorsas ? Avait-il des chemises?

. ( '69 ) -^ Messieurs les municipaux, qui connaissent de réputation les chemises de monsieur Gorsas , répondent avec une gravité toute municipale :

Même air.

Il en avait trois grises ^

Gorsas , II en avait trois grises , Avec l'argent de son fatras Sur le pont Neuf acquises.

Il en avait trois grises ,

Gorsas , 11 en avait trois grises,

( La municipalité se mit alors en devoir de fouiller dans les malles de Mesdames , en disant : )

Même air.

Cherchons bien \t^ chemises

A Gorsas, Cherchons bien les chemises.

C'est pour vous un fort vilain ca»,

Si vous les avez prises.' Mais où sont les chemises

A Gorsas , Mais où sont les chemises?

Enfin , ne pouvant distinguer parmi tant de cliemises , lesquelles appartenaient à M. Gorsas , et les tantes du roi , persistant à nier qu'elles eussent dérobé celles de ce grand écrivain , la municipalité d'Arnay - le - duc crut devoir garder à vue Mesdames jusqu'au retour du courrier qu'elle venait d'envoyer à M. Gorsas.

Notre législateur était dans son cabinet quand le courrier entra et lui annonça cette nouvelle. Ilmit aussitôt la main à la plume , et écrivit à la municipalité d'Arnay-le-duc la lettre suivante :

« Mes cliers concitovens , les cheri mises de Mesdames ne m'apparlien- ?» nent pas tout-à-fait , ainsi que je » l'ai dit dans un de mes derniers

rt numéros ; mais eomme elles sont h » la nation , dont j'ai l'Iionneinr de n faire partie , j'étais autorisé à les >» réclamer; cependant, je vous cnn gage à laisser continuer la roule à 7» ces dames ".

La municipalité reçut celte lettre.»

et leva lembargo.

Ainsi se termina cette aventure, que je ne rapporte ici que parce qtie c'est une de celles dont on s*esl amusé le plus en France, '

BaILLY fut \e premier maire ^Q la révolution; Pélliion, qui lui succéda, fut appelé le merdeux ( le maire deux).

VlCHir, député de Seine-et-Marne, eut une forte altercation avec Bourdon (de rOise), que l'on appelait - Bourdon- le- Roux j pai*ce qu'il avait les cheveux de cette couleur. Des paroles on en vint aux coups; et Vichy tint

( 172 ) Bonrdion-le-Roux en respect par «ne poignée de cheveux, qui lui resta dans la main comme trophée de sa victoire.

On dit, à cette occasion, qu'il était Lien étonnant qu'un représentant du peuple français se décorât ainsi d'un ordre étranger, et Vichy fut dénoncé comme chevalier de la toison d*or*

Cambon voyant le chaos financier s'emhrouiller de plus en plus , invita tous les citoyens de la république à l'aider de leurs lumières. Bah ! dit quelqu'un , Cambon est comme une servante qui ne crie au feu ! que quand elle ne peut plus l'éteindre.

Les assignats furent dépréciés de toutes les manières , et ceux qui rient de tout appelèrent le tems de leur durée rage du papier ( allusion à l'âge d'or).

( 175) Vers la Cm de 1792 , à liait heure»

tlu soir , une mère passait avec sa petite fille dans la rue Saint-Honoré^ devant le lieu où la société-mère tenait ses séances. — Mais , mainan ^ dit l'enfant, qu'est-ce donc que cette cloche qui fait gredin , gredin, gredin ? — Ma fille, reprend la mère, c'est l'appel nominal.

Les AH, EH, HI, OH, HU,

Ou les cinq exclamations jacohines^.

Air : Dans Paris la grand' ville^

Messieurs , allons bien vite Au sénat jacobite ; ( bis. )• C'est là que l'on médite Le bonheur de l'état.

Ah ! ah î ah ! ah !

Nous verrons Robespierre El Denton son confrère Eloquemment y faire L'éloge de Ma rat.

Akî ah! ah! ab 1

D'Avignon ou bien d'Arle , Lorsqu'un Lameth y parle, ( bis. \ Soit Alexandre ou Charle y On est tout transporté.

Eh! eh! eh! eh!

Quand Gorsas s'y présente ^ Jamais on ne plaisante , Pas même alors qu'il vante Sa rare probité.

Eh!eh!eh!ehr

Dans ce lieu respectable ,

Le plus fameux coupable , ( bis. y

Lorsqu'il a bonne table ^

Se fait plus d'un ami.

Hi ! hi ! hi ! hi !

Chabroud à la justice Vous ravit sans malice , Dites qu'il vous blanchisse y Et vous serez blanchi (i),

Hi! hi! hi! hil

(i) M. Chabroud entreprit de blanchiit rinfàme d'Orléans.

Maint auteur que l'on cite , S'il n'est point jacobite , ( bis, ) Malgré tout son mérite , Ne peut être qu'un sot.

Oh ! oh î oh 1 oh !

11 n'est qu*une ame abjecte Qui craint et qui suspecte Un sénat qu'on respecte , Dés qu'on sait ce qu'il vaut.

Oh! oh! oh! oh!

Ce sénat qu'on redoute ,

Dont on veut la déroute , ( bis, y

On l'aimera sans doute ,

Dès qu'il ne sera plus.

Hu ! hu ! hu ! hu !

Il faut de sa mémoire Décorer notro histoire Et mettre notre gloire A chanter ses vertus.

Hu!hu!hu!hu!

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