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DECLARATION

Des Droits de la femme (i) et de la citoyenne»

Quand on le sait c*"est peu de chose , Quand on l'ignore ce n'est rien.

Article premier.

Les femmes naissent , mais ne demeurent pas égales en droits ; les distinctions qui se trouvent eu elles viennent du plus ou moins d'exercice de ces mêmes droits.

II. Le Lut de toute association avec les femmes tient aux droits impres-

(i) Cette pièce n*est autre chose qu'une parodie des droits de Vliomme et du citoyen ^ qui faisaient partie de la constitution de 179^^ (Voyez cette pièce pour la comparer avec celle-ci. ^

(■77) erlplibles da beau sexe ; ces droits^ sont la beauté, la propreté , la fermeté , rélasticité et la résistance modérée.

III. Le principe de la souveraineté réside essentiellement dans la personne des maris , mais les femmes ont droit de leur persuader qu'ils sont les maîtres absolus dans le ménage , tandis qu'ils ne doivent faire réellement que les volontés de leurs femmes.

IV. La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas réellement à autrui ; lainsi, l'exercice des droits naturels de cbaque femme , n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société l'exercice de ces mêmes droits.

Y. Toute citoyenne appelée ou saisie en vertu des lois de Tamour, ne doit pas obéir à Tinstant , mais Iclle se rend coupable par trop de résistance.

Vï. Les hommes ayant reçu par la constitution le droit d'exercer le plus saint des devoirs , les femmes ont le droit de pratiquer le plus doux des penchans.

VIT. La libre communication des pensées étant un des droits les plus sacrés de la femme , toute citoyenne aie droit de penser, et sur-tout de parler tant qu'elle voudra , sauf à répondre par signe quand elle ne pourra s'exprimer autrement.

Vin. Les femmes ont droit de demander compte à leurs maris de l'administration de leurs facultés ; il est permis à la femme de nommer un suppléant, dans le cas de maladie.»

démission, négligence ou forfaiture.

IX. Tout amant ou mari qui ne peut pas remplir convenablement ses devoirs , n'a point de constitution.

X. L'assemblée voulant établir partout les grands principes de liberté et

( KO ) d'égalité parfaites", décrète que toute femme pourra choisir librement pour amaut ou pour mari celui qui lui conviendra le mieux , pourvu qu'il soit dans les principes d'une bonne constitution ; elle abolit toute espèce de parure, comme inutile dans Tassociaition, et ordonne de se détacher de I tous les cordons , comme gênant I l'exercice des droits naturels.

XI* Il n'y aura plus aucune vénalité pour aucun individu ni pour aucune partie, mais toutes les associations se feront désormais de gré à gré , et but à but.

XII. Les lois ne devant établir que des peines strictement et évidemment nécessaires , nulle femme ne peut être punie par son mari , que par un châtiment doux et légèrement appliqué.

XIII. La loi ne garantit plus de fceux ni aucun autre engagement qui

serait contraire anx droits naturels de 'la femme , ou à sa constitution.

XIV. Il sera permis à toutes les femmes de s'assembler paisiblement, et sans armes , pour satisfaire aux lois <le leur constitution,

XV. Toutes les contributions de l'amour seront réparties entre toutes les femmes , aussi également qu'il sera possible , en proportion de leurs facultés.

XVI. Comme la constitution garantit l'inviolabilité de toutes les propriétés ^ toute femme aura droit de réclamer l'amant ou le mari qu'une autre femme lui aura enlevé , ou d'exiger un remplacement de valeur aa moins égale, comme juste et préalable indemnité.

XVII. Les dames du Palais-Roval, ci-devant destinées à des services <d' utilité publique, sont à la disposition. 4e la nation. j

( '8i ) "XVill. Il sera créé et organisé un établissement général de secours publics pour le soiilagemeiU des femmes trop valides qui manqueraient d'occa* pation.

Un jacobin voyant au spectacle un particulier qui lisait un journal, lui cria de loin : Frère, quand tul^ auras lu^ tu me le passeras. Le liseur ne répondant rien, le jacobin se leva, et alla lui frapper sur l'épaule en Vappelant encore frère. Pardon, dit celui-ci , je ne croyais pas que vous vous adressiez à moi , car je suis fils unique.

Robespierre descendait, dit-on^ de Damiens. Un jour qu'il reprochait à un de ses collègues d'être tiré à quatre épingles , celui-ci , de mauvaise humeur, lui répliqua sèchement , que cela valait mieux que d'être tiré à quatre chevaux*

( i82 ) Un jeune homme voyageait par la «diligence avec v.u frère et ami. Après tjuelqiies jours de route, la ])ourse de ce dernier se trouvant épuisée : Frère, dit-ii au jeune homme , paye pour moi , ic te le rendrai à Lyon. — Je ne le puis pas. — Comment! ne sommesnous pas frères ? — Hélas ! oui 5 mais nos bourses ne sont pas sœurs.

On arrêta dans le faubourg Saint- Honoré M. Monchenut, âgé de quatre-vingt ans , en le traitant A'agitateur : hélas 1 répondit le vieillard , je ne puis m'agiter moi-même. On dor na des ordres pour qu'il fut relâché.

On parlait d<î l'indemnité que les membres de la Convention s'étaient iiccordée : quelqu'un dit, ce n'est pas trop', car ils ne sont ni blanchis fii éclairés.

( i83 ) Apologuf. publié en 179s,

Guillot conduisant sa charrette Par trop négligeait d'aller droit.

Dans une ornière elle s'arrête , Et s'embourbe au fatal eadroit.

De manans un troupeau novice Veut relever le char crotte ; Mais eux, loin de reaidre service , Le versent de l'autre côté A quatre pas d'un précipice^

Pourquoi doue que les révolutionnaires se ressem})ient tous? demandait-ou à ***. C'est tant simple , répondit-il 5 ne yoyez - vous pas c|ue c'est un air de convention ?

J'avais affiiire auprès de Saint* Eustache , disait un bonhomme nouvellement arrivé à Paris ( en ^79^ ), et ne sachant si j'en étais encore loin, je m'en informai à la première per-

âonne que je rencoulrai : c'était un homme couvert d'uu mauvais habit bleu à collet rouge , ayant au chapeau ciré, les cheveux gras , et portaut uu baudrier de cuir noir d'où pendait un large sabre qui heurtait le pavé à chaque pas qu'il faisait. Pourriez vous, lui dis-je , m'indiquer l'église Saint- [•^ustache ? — Je ne connais aucun saint , me dit-il en fronçant le sourcil et en relevant sSOn sabre, qui s'embarrassait entre ses jambes : denjande ton Saint-Eustache à ceux qui l'ont canonisé. — Oh! oh! dis-je en moimême , on n'aime pas les saints dans ce pays , abstenons-nous d'eu parler.

Comme je faisais cette réflexion, vint à passer une femme de bonne mine, qui portait devant elle une espèce de corbeille couverte d'un cuir et remplie d'eau servant de vivier à cinq ou six poissons ; je me hnsardai de l'arrêter , et je la priai le plus honnê'^

( «85 ) tenient possible de me dire où étail Véglise Eustache. — Eiistache ! eU mais î voyez comme il traite le saint de notre paroisse ! il ne manquait ù dëbaptispr que celui-là!... Apprends, "visage à croquignoles , que Saint-Eustache était saint avant que tu fusses né, et qu'il le sera encore après que tu seras pendu !

Dans cette perplexité , ajoutait le bonhomme , pour ne désobliger personne , je me contentai d'aller vers le lieu où j'avais affaire , et je demandai le nom de chaque église que je voyais.

Muscadin est le nom donné par les jacobins aux jeunes gens qui , ncî professant pas le sans-culotisme , se mettaientdécemment.TJn de ces démagogues blâmait un jour M. *** sur son peu de fraternité patriotique et sur sa mise recherchée. Celui-ci , pour gagner les bonnes grâcfes du sans-culotte j

improvisa sur- le-cliamp le couplet suivant, sur l'air :

On doit soixante mille francs,.

Fraternisons , cher s. jacobins j Long-tems je vous crus des coquins

Et de faux patriotes.

Je- veux vous aimer désormais.

Donnons-nous le baiser de paix \

J'oterai ma culotte.

A cet époque , un échappé des galères jx)uait le patriote , afin de faire oublier ses crimes passés ; il allait dans les maisons pour y faire retourner les plaques des cheminées sur lesquelles il y avait des fleurs de lys ; un particulier, à qui cette conduite déplaisait , lui dit : Si tu tiens à les faire disparaître de partout , retourne donc aussi tonxuir.

A la nouvelle de la fermeture du «lub des jacobiûs (les 2i et 22 hru-

maÎFe 1794 )i un de ces. messieurs s'écrit d'uu ton douloureux : O mon.

pays !... voici rinstant de déclarer la pairie en danger ! -^ — Non pas la patrie , répondit un vrai pa.triole , mais Lien les grandes routes.

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