HYMNE
A l'être suprême (i).
Par T. H. Désorgues j musique de Gqss£c.
XÈRE de l'univers, suprême intelligence , Bienfaiteur ignoré des aveugles mortels , Tu révélas ton être à la recounivissance , Qui seula éleva tes autels.
Ton temple est sur les monts , dans les airs,
sur les ondes ; Tu n'as point de passé, tu n'as point d'avenir^ Et sans les occuper tu remplis tous les mondes Qui ne {Peuvent te contenir.
Tout émane de toi, grande et première cause. Tout s'épure au rayon de ta divinité -, Sur ton culte immortel la morale repose , Et sur les mœurs la liberté.
(i) En 1793 , après avoir blasphémé la divinité de la manière la plus outrageante, Robespierre et consors lui donnèrent une fête,, cru'ils qualiûèreot : Féie à l'Etrs suprême.
Pour yenger îeur outrage et ta gloire oFfensée, L'auguste liberté , ce fléau des pervers, Sortit au même instant de ta vaste pensée., Avec le plan de l'univers.
Dieu puissant î elle seule a vengé ton injure 5
De ton culte elle-même instruisant les mortels ,
Leva le voile épais qui couvrait la nature,
Et vint absoudre tes autels.
O toi ! qui du néant , ainsi qu'une étincelle , Fis jaillir dans les airs l'astre éclatant du jour! Fais plus.... verse en nos cœurs ta sagesse
immortelle , Embrase-nous de ton amour.
De la haine des rois anime la patrie , Chasse les vains désirs,, l'injuste orgueil des
rangs , Le luxe corrupteur, la basse flatterie, Plus fatale que les tyrans.
Dissipe nos erreurs, rends-nous bons, rends^
nous justes ^ Règne , régne au-delà du tout ilHmité ; Enchaîne la nature à tes décrets augustes^. Laisse à Thomme la liberté»
HYMNE DES YERSAILLAIS ,
' Par Delrieu , musique de Girouts»
V^UELS accens ! quels transports ! partout la
gaîté brille :
La France est-elle donc une seule famille ? Aux lieux mêmes où les rois étalaient leur
fierté , On célèbre la liberté. (bis) Est-ce une illusion ? suis-je au siècle de Rhée? J'entends chanter partout d'une voix assurée i Nous ne reconnaissons , en détestant les rois y. Que l'amour des vertus et l'empire des lois.
Enfans , guerriers , vieillards , épouses , filles^
mères,
Le riche citadin , l'habitant des chaumières ,
Tous jurent réunis par la fraternité,
De mourir pour la liberté, (bis)
Eu chassant les Tarquins, Brutus ne vit que
Rome :
Pour réformer le monde, instruit par ce grand'
homme ^ Nous ne reconnaissons , etc.
(2t4) Quel spectacle enehanteur ! au nom de la patrie , Tout s'anime , tout prend une nouvelle vie ; Le vieillard semble encor , par sa vivacité ,
Revivre poilr la liberté ; ( bis ) Et l'enfan!: accusant la Faiblesre de l'âge , Sirrite d'être jeune , et chante avec courage ; IVous ne reconnaissons , etc.
Jadis d'un oppresseur l'injuste tyrannie Assouvissait sur nous sa fureur impunie ," Et riiorame vertueux dans la captivité
Soupirait pour la liberté, i^^-^} Maintenant riiomme juste abrisé ses entraves; Les Français indis:nes de s'être vus esclaves , INe reconnaissent plus , etc.
Peuples qui gémissez sous un joug tyxannique, Venez voir le Français à sa fête civique ; Comparez vos terreurs à la sérénité
Des enfans de la liberté. (^^^^) Comparez à vos fers ces guirlandes légères Que porte , en s'embrassant , tout un peupl*
de frères :
Tous ne reconnaîtrez , etc.