‹ Contes, anecdotes, chansons et poésies diversesChapitre 216 sur 221 · AU PALAIS -ROYAL · texte numérisé non relu

AU PALAIS -ROYAL

(i) Il y arrivr de huit à neuf heures du matin , et va successivement prendre sa tasse de café à la crème , ou de chocolat, lire le journal, lorgner dans toutes les boutiques, visiter les libraires, courtiser les marchandes , ponter à la rouge ou à la noire , faire un dîner sobre ou exquis , selon ses moyens , prendre la demi-tasse et le verre d'eau-de-vie , faire deux ou trois tours d'arcardes , donner un coup d'oeil ou dire un mot aux belles, paraître une minute au spectacle, monter un instant au café des Mille-Colonues, ou descendre À celui des Aveugles, avaler un orgeat, limonade ou ibierre, et jeter quelques écus au n** 9 ou n3 ; minuit -fionne , il se retire , le lendemain recommence.

, (2) Le temps use tout : il a usé le Palais-Royal. La dévolution a encombré dans son enceinte une telle abondance d'hommes et de choses , qu'il en résulte

une satiété complète , et la coufusion est si grande qu'on ne peut plus s'y reconnaître. Excepté les étrangei's qui y viennent par curiosité, les hommes qui y passent pour affaires ou par désœuvrement, et la jeunesse qui y trouve tous les plaisirs qui lui conviennent, peu de gens fréquentent le Palais-Royal.

La Bourse n'y est plus • les femmes de bon ton n'y vont plus ; comment ne serait-il pas désenchauté?

(3) En 1780 , feu M. le duc d'Orléans fit les changemens qui existent aujourd'hui au Palais-Royal; le • jardin s'étendait alors de part et d'autre jusqu'aux grilles qui communiquent des rues adjacentes avec celles de Richelieu , des Bons-Enfans et des Petits- Champs ; cet espace formait un jardin superbe, très bien dessiné , et planté des plus beaux arbres qui donnaient le plus bel ombrage. Lorsque M. le duc d'Orléans voulut faire les constructions actuelles, il épi'ouva , des propriétaires qui environnaient ce jardin et avaient droit d'y entrer, des difficultés très considérables, des procès sans nombre. Une opinion publique bien prononcée aurait dû peut-être éloigner Son Altesse du projet qu'elle avait conçu ; elle préféra surmonter tous les obstacles, dénatura tout ce sol, construisit les bâtimens qu'on y voit à présent, Jt porta dans l'ame de ses voi-

( »7 ) sins et de tous les habitués du Palais une douleur et une tristesse qui se maniteslèreut de la manière la plus e'videnle. Le jour où l'on porta la cogne'e sur le premier arbre fut un véritable jour de deuil pour la capitale , et l'on peut dire avec vérité que depuis ce moment ont fini les beaux jours du Palais-Ro^al.

(4) Les gens d'esprit n'ont pas le sens commun , il y a long-temps qu'où l'a dit; ce qui le prouve, c'est le nom de voltigeurs qu'on avait donné au retour du Roi , aux vieillards vénérables dont je parle, à ces vieux et bons Français qui -n'avaient jamais quitté sa personne ni cessé de partager ses malheurs, ainsi qu'à ceux qui , séparés du monarque et restés dans l'intérieur , ont toujours fait des voeux pour lui et pour sa race auguste. Ceux-là, sans doute, n'étaient pas des voltigeurs , qui ont toujours demeuré au poste de l'honneur, ou qui ont conservé les mêmes sentimens dans lesquels ils étaient nés et avaient été élevés. Ce titre ne conviendrait-il pas davantage à ceux qui , pendant vingt-cinq ans , ont voltigé d'un bout du monde à l'aulre , ou bieu à ceux qui, pendant cet espace de temps, ont chaugé vingt-cinq fois de sentimens , d'opinions et de conduite?

(5) A cette époque , tout ce qu'il y avait d'e'légaut et d'horames recherchés daus la capitale se rendait dans la grande allée du Palais-Royal , de deux heures jusqu'à quatre, L'Opéra , qui se trouvait alors placé dans l'aile gauche du Palais, permettait aux actrices qui venaient à la répétition , de se mêler aux promeneurs. Mademoiselle Guimard, première danseuse, et mademoiselle Arnoux étaient de ce nombre. Tout le monde sait combien cette dernière était aimable, et combien son esprit et ses qualités personnelles lui attiraient de courtisans et même d'amis.

Ou y voyait aussi , dans ce temps-là , des dames dont la beauté et les grâces faisaient la réputation [et attiraient la foule ; parmi elles étaient les Duthé, les Bonjour. Lorsque celte dernière paraissait, tous les regards se tournaient vers elle ; l'élégance et la richesse de sa mise la rendirent long-temps l'objet de l'attention et même le modèle des femmes de bon goût.

(6) Le café du Caveau , que nos poètes ont tant chanté et chantent encore, était au coin du Perron où se ix'ouve aujourd'hui la boutique du pâtissier Gcndron. C'était réellement un petit caveau fort noir, ioil humide, où l'on descendait par deux ou tioîs marches et daus lequel il y avait quelques mauvaises tables et

( ^9) des tabourçW forts lourds , rembourës de mauvais crin, et revêtus de mauvais cuir. On montait par un petit escalier qui était un véritable casse- cou , à une terrasse pas plus grande que la main qui donnait nuv le jardin. C'est là que se faisaient les joyeuses orgies et les jolies chansons dont nous nous rappelons, et que nous chantons toujours avec un nouveau plaisir.

(7) Rien n'était plus brillant ni plus agréable que les soirées du Palais-Royal. C'était particulièrement à la sortie de l'Opéra que s'y rendait la meilleure compagnie pour prendre le frais et les excellentes glaces du «afé de Foy ou du Caveau, qui n'avaient point dégénéré encore , et qui , sans contredit , étaient les meilleures de la capitale. La bonne musique qui se faisait 4enteudre dans le jardin , n'était pas un des moindres attraits pour y attirer.

Tout ce qu'il y avait de meilleurs artistes à l'Opéra; OU d'amateurs à Paris , se faisait un plaisir de venir «xécuter des morceaux charmans , sans autre intérêt que celui de se faire entendre et de plaire à tous les amis de l'art qui s'empressaient à les applaudir.

Le Palais-Royal n'était point alors rempli de cette foule de marchands dont il abonde présentement j cinq ou six boutiques seulement , mais très brillantes ,

étaient éparses dans le jardin ; elles e'taient toujours remplies d'acheteurs, parce que tout ce qu'elles contenaient joignait au bon goût la bonne qualité, et qu'on l'aurait cherché vainement ailleurs.

On avait, dans ces heureux temps, le plaisir de jouir de la fraîcheur jusqu'à minuit ou une heure, car c'était alors seulement que le jardin se fermait au public.

(8) Ce fait est véritable , et fut dans le temps connu de tout le monde 5 mais ce qui n'a pas été aussi public est la reconnaissance de cet enfant envers sa bienfaitrice. La marquise, forcée de quitter la France à l'époque de la terreur, se réfugia en Allemagne où elle acquit une propriété dans laquelle elle s'établit. Lors de la seconde invasion des Français en Autriche, le jeune protégé de la marquise était arrivé à un grade supérieur , et commandait une colonne dirigée vers le •canton qu'habitait sa mère adoptive. Déjà les troupes s'étaient emparées de sa demeure, et se préparaient à la traiter militairement , lorsque leur commandant entendit prononcer le nom de la marquise. Aussitôt il donne des ordres pour que les troupes se retirent j il se fait annoncer ; il se jette dans les bras de sa protectrice , et lui promet sûreté et repos. Il tint parole j et depuis celte époque, n^adame M. ...né, noa-

seulement n'éprouva aucun trouble, mais elle fut comhlée de respect et d'hommages de la pari de tous les officiers français.

(g) Les journaux ont retenti dans le temps de ce dramatique événement. Cette malheureuse Élisa , élevée au couvent des Filles-du-Calvaire , rue Saiut- Louis, au Marais, en sortit à l'époque où les communautés furent détruites. Ses parens, qui étaient au nombre des proscrits , n'ayant pu la réclamer, elle fut obligée de se retirer avec sa sœur chez une dame de leur connaissance ; là , séduite et tromjîée par un homme dont la probité était au moins aussi équivoque que ses mœurs, elle se vit successivement entraînée dans cette maison de prostitution où elle reconnut son malheureux père.

(lo) La rotonde du café du Caveau, qui forme un avancement dans le jardin , est lout-à-fait un petit temple j des colonues d'un ordre mixte soutiennent une coupole de la forme la plus agréable ; dans chaque entrecolonnemeut est au bas une caisse ou d'oranger, ou de myrthe, ou de grenadier, ou lauiier-rose ; dans le haut est suspendue une lanterne en cristal, surmontée d'un couronnement du meilleur goût j dans le mi-

( -ri )

lieu de la rotonde est un comptoir environne de glaces qui répètent le jardin , et dans lequel on a grand soin de faire siéger continuellement une jeune et jolie femme.

(il) Ce n'est que depuis la révolution que se sont établis ces nombreux cafés qui n'ont jamais pu ni surpasser ni même égaler ceux de Foy et du Caveau qui seuls ont survécu et traversé tous ces temps affreux sans perdre de leur réputation ni de leur excellence.

(12) A ces deux cafés ont succédé une multitude de cafés et de restaurans souterrains. Rien u'cst plus affreux ni plus malsain que ces caveaux. L'été on y étouffe, et l'hiver on y respire le plus mauvais air; cependant ils sont toujours pleins , grâce à une musique bruyante et à qcielqiies criards qui exécutent ou chantent assez mal de très bonnes symphonies ou des airs charmans. Celui des Aveugles est le plus fréquenté.

(i3) De ce nombre est le Cosmorama. C'est aux choses les plus simples qu'on donne aujourd'hui les noms qui le sont le moins. Le Cosmorama n'est absolument qu'une optique j mais il faut convenir que

touteR les vues et les tableaux qu'il représente sont pleins de goût, de vérité', et d'un excellent choix.

(i4) Le théâtre des Variétés était autrefois à la place qu'occupent les Fiançais. C'esl là où Volange dans les Pointus f Beaulieu dans Rico et Bordier dans Jeannot, commencèrent à créer ce genre exquis qu'ont perfectionné les Bruuet, les Tiercelin et les Potier, genre dodt tous les merveilleux rafl'olent , que les gens de bon goût ont déjà jugé , et que jugera encore mieux la postérité , si jamais il arrive jusqu'à elle.

(i5) Parmi tous les marchands de comestibles du Falais-Eoyal , M. Chevet est celui qui se distingue par la beauté, la rareté et la succulence de ses marchandises. Il est impossible aux gourmets, aux gourmands^ aux goulus mêmes, de trouver un autel sur lequel ils puissent sacrifier avec plus de plaisir et de succès.

(iG) M. Fortin a porté jusqu'à la perfection l'art de soulager les digestions difficiles qui se font au Palais- Royal. Il n'y avait autrefois dans la grande cour de ce Palais que deux mauvaises lunettes dont on n'osait se ««rvir que dans les besoins les plus pressans, et où l'on n'était introduit qu'avec beaucoup de précaution, et

presque hontensomont, par un vieux bonhomme auquel on donnait ce <pie l'on voulait, et qui toujours était satisfait. Aujourd'hui , M. Fortin occupe la moitié d'une galerie j dix ou douze cabinets sont toujours prêts à vous recevoir; une dame est au comptoir, et un porle-cotou se promèue dans la galerie et n'oublie jamais son devoir, et tout cela ne coûte que trois sols; mais il y a cette différence avec l'antique bonhomme , c'est qu'à un sou de moins vous ne seriez point admis à la séance : c'est ainsi que M. Fortin a baptisé la station que l'on fait chez lui.

(17) Je n'ajouterai rien à ce que j'ai dit sur la position du théâtre Français au Palais-Royal ; j'observerai seulement qu'il est impossible , aujourd'hui que Son Altesse Royale est rentrée en possession de celte salle , que les sociétaires puissent se flatter de la conserver longtemps 5 l'iolérèt public et l'intérêt du prince sont en opposition avec l'intérêt des comédiens. Peut-on penser que le gouvernement voie avec indifférence subsister au centre de Paris , dans un des quartiers les plus populeux , un théâtre qui est comme un volcan prêt à chaque moment d'incendier et de couvrir de ses laves tout ce qui l'environne? Peut-on penser que le prince ne veuille pas garantir le plus tôt possible son palais et

une partie de sa fortune du même danger? N'est-il ])as facile enfiu de juger que la salle actuelle des Français doit faire place un jour aux constructions que nécessite le plan du Palais et l'aile gauche de cet édifice sur laquelle ligne se trouve situé ce théâtre ? En un mot , serait-il convenable qu'on pût laisser le premier théâtre national , et le plus fréquenté, dans un endroit qui ne présente aucune place, aucune issue, aucun débouché^ et dont les avenues sont aussi dangereuses qu'incommodes pour les piétons et même pour les voitures ?

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POUR LE JOUR DE S^e ADELAÏDE, l5 DECEMBRE 1826, FETE DE MADAME DE B***.

Autour de nous , mon adorable Adèle, Tout est change' , tout , excepté mon cœur, Un souffle éteint une flamme nouvelle : De l'amitié rien n'affaiblit l'ardeur.

Les dieux jaloux , dont je suis le martyre , Ont pu m'ôter le plaisir de te voir; Mais m'empêcher de t'aimer, de le dire , Jamais , jamais ils n'auront ce pouvoir.

Tant qu'ici bas quelques gouttes de vie M'animeront , feront battre mon cœur, Au nom chéri de ma sincère amie J'éprouverai le charme du bonheur.

Que cet aveu soit pour loi le simbole Des sentimens que je t'offre en ce jour; Tu peux y croire , et mieux vaut la parole De l'amitié que les sermens d'amour.

^càe se la ^Aaùùe,

FABLE

Lise , à vingt ans , sprtant ile son village y Était venue habiter à Paris ;

Son cœur dans peu s'y trouva pris , (Chose fort naturelle et facile à son âge.)

Toute neuve et sans dc'tour, Elle crut aux propos « elle crut à l'amour. Le dieu lutin l'eut bientôt abuse'e ; Son se'ducteur l'eut bientôt délaisse'e , El Lise fut livrc'e au noir chagrin.

Depuis ce temps , soir et matin Par le travail Lise veut se distraire ; Mais plaisir et travail , rien ne pouvait lui plaire ,

Et , tout entière à ses malheurs , Elle se nourrissait de soupirs et de pleurs. Dans sa^maison était une petite châtie , Elevée à ravir, baisant , donnant la pale ,

Qui près tle Lise s'empressait , Tournait , se retournait , et puis la caressait.

Elle eut bientôt fait sa conquête :

Lise ne pouvait plus se passer de Minette ; Avec elle toujours elle se promenait ,

Jouait , parlait , même couchait.

Or, il advint un jour qu'en sortant de sa couche , Minette accourt l'embrasser sur la bouche , Puis (sans doute en badinant) Elle lui fait très joliment , Au milieu de la figure , Une fort large e'gratignure.

Lise aussitôt entre en fureur, La repousse... lui dit : Va , tu me fais horreur Comme celui qui m'a trompe'e !

Mais je ne serai plus dupée Par homme ni par animal.

Elle a tenu parole , et n'en est pas plus mal.

Hommes ^t chats ont grande ressemblance : Ils sont tous deux fort caressans , fort doux ; Mais de tous deux méfiez-vous :

Ils ^déchirent sans qu'on y pense^

«^ t^cielôj

QUI ÉTAIT VENUE ME FAIKE UNE VISITE A LA CAMPAGNE , AU GRAND MONT-ROUGE.

De ce bosquet charmant où tu vins l'autre jour Abjurer tes sermens , e'prouver mon amour , Adèle , je t'écris avec l'ame oppresse'e , Toi seule étant l'objet de toute ma pense'e.

Plains-moi d'être obse'dc' d'un tendre sentiment Qui jusques au tombeau causera mon tourment. En vain , dans les contours de mon riant asile. Je chercbe le repos qui me fuit à la ville ; Partout mon cœur te trouve et m'impose la loi De mourir dans ton sein et de vivre pour toi. / En vain du rossignol cache' sous le feuillage , J'e'coule avec plaisir et j'entends le ramage ; En vain de mon jardin j'hume de chaque fleur Et le parfum divin et la suave odeur, Une secrète voix me dit : Reste fidèle ]

Loin «lu momie on peut vivre , et non pas loin d'Adèle

Dieu puissant! prends pitié' de l'e'tat de mon cœur;

Que ta grâce m'éclaire et fasse mon bonheur.

Éloigne de ce cœur la coupable tendresse

Qui prit dans tous |es temps sa source en ma faiblesse ;

Ramène à ses devoirs l'objet de tous mes vœux ,

Inspire-lui pour toi cet amour vertueux

Que ton esprit fait naître et germer dans une ame ,

Que ton souffle divin agite , anime , enflamme ,

Et nous pourrons alors tous les deux à jamais »

Nous reposer enfm dans l'éternelle paix.

£woTÙei^2^ â(* t/^eÛ7na^

FABLE

Sous un modeste toit , aux rives «le la Seine , Ensemble demeuraient Ilortense et Scllma; Cliarmans enfans d'une belle inbumaine Qui se'duislt mes yeux et que mon cœur aima. On la nommait Rosine ou Rose ;

Elle fuyait les propos , les douceurs De ces diseurs de riens ou de fort peu de cbose , De lu femme du jour fades adulateurs.

A ses enfans tout-à— fait dc'voue'e , Elle aimait à s'unir à leurs jeux innocens, Et passait la journe'e

A leur donner les soins les plus touchans- Sëlima , douce et bonne , et plus jeune qu'Hortense » Fixait parfois un peu plus ses regards ; Pour Hortence parfois certaine prc'fe'rencc Se décelait en elle aussi de toutes paris.

Néanmoins aucune querelle Ne s'élevait jamais entre les sœurs.

Elles vivaient fort bien entre elles , Sans jalousie et sans humeur.

Advint un jour que Céline occupée A des pompons et des colifichets , Pour habiller et parer sa* poupée , Fit avec soin le plus beau des bonnets. Elle admirait , comme *on fait à son âge , De son travail la grâce et le contour , Applaudissait à son ouvrage , Et croyait voir Hortense applaudir à son tour. Mais quelle erreur! un grain de jalousie, En voyant ce bonnet d' Hortense s'empara ; D'en parer sa poupée elle conçut l'envie ,

Elle le prit et l'en para.

Lors Sélima survint qui fut fort offensée Du larcin que venait de lui faire sa sœur ; Elle cherche dans sa pensée Quelque remède à sa douleur.

Ses pleurs , ses cris mettent le voisinage Tout en rumeur, tout en émoi.

La mère accourt avec effroi , Et veut savoir la cause du tapage.

Elle l'apprend. « Cessons , dil-elle , tout propos. « Donnez-moi ce bonnet; donnez-moi des ciseaux. Non , non ! en sanglottant lors Sélima s'écrie ,

Qu'Hortense garde le bonnet.

Pour moi , dit la maman , la chose est e'claîrcîe ; Reprends-le , Se'Iima , c'est bien toi qui l'as fait. Après ces mots , Hortense , honteuse , abasourdie ,

Va se jeter dans les bras de sa sœur , Et lui dit en pleurant : Rends-moi , rends-moi ton cœur ,

Je suis assez punie.

La vc'rité se découvre aise'ment

Dans tous les temps, à tous les âges.

L'imposteur ou bien l'imprudent

Sont reconnus j de'joués par les sages.

typ tÂéadame t^m — l,

LE JOUR DE SAINTE ROSALIE , SA FETE , LE 4 SEP- TEMBRE 1826, EN LUI ENVOYANT UN PANIER DE RAISIN.

Lorsque Pété voit disparaître Flore , Ce sont les fruits qui succèdent aux fleurs ^ Et Pomone peut bien encore Par ses riches présens conquérir quelques cœurs.

Ah! si la froide vieillesse Du vôtre m'eût permis le glorieux larcin , J'aurais compté sur ce pampre divin Pour vous jeter dans une douce ivresse Dont mon bonheur aurait été la fm.

Mais le nectar ni le bon vin Pour moi ne peuvent plus opérer de miracles ; Le temple de Paphos m'est fermé pour toujours. Lorsque les ans éloignent les amours , De notre vie est fini le spectacle.

Mais l'amitic survit; vous savez l'inspirer;

J'en éprouve l'heureuse atteinte , Et je puis , belle Rose , aujoord'hut vous jufef Qu'après moi seulement elle peut être éleinlc

^e ûjarane SÇ^^n ^rè^'c.

Certain puîné de famille Gasconne Disait un jour à son cher frère aîné : Privé d'un oeil , et d'humeur assez bonne , Le Ciel t'a fait plus que moi fortuné ;

En mourant tu n'auras qu'un petit rien à faire.

— Qu'entendez— vous par là? dit le borgne à son frère — jVIon cher ami , tu peux t'en informer ;

Tu n'auras à ta mort , c'est facile à comprendre ^ Qu'un seul œil à fermer Et point d'esprit à rendre.

TABLE

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