LE CHARLATAN
Entrez, messieurs , criait ttaâi»oj^^ià9^féWîttf/''- ^^
Venez voif ce monstre marin ; "' ''
Venez voir ce monstre amphibie ,
Ce monstre natif d'Arabie ,
Ce monstre qui reçut la vie
Et d'une carpe et d'un lapin!....
Entrez , messieurs , entrez !.... Et la foule cre'dule
Se poussait pour voir l'animal.
Quand elle avait paye, l'aboyeur, bien ou mal,
Lui disait , bravant tout scrupule , En lui montrant un grotesque portrait : Ce fameux amimal est peint là trait pour trait ; Chez un naturaliste , un savant , mon confrère, A Versailles, connu pour un homme de bien , Il est depuis hier; mais vous n'y perdrez rienj Je vais vous faire voir et le père et la mère j
Et soudain cet homme montrait
Une carpe dans un baquet ,
Un gros lapin sur la litière , Fuis reprenait son audace première :
Ce monstre sans e'gal , cet animal , messieurs , Qui se fait admirer de tous les connaisseurs, Et que j'aurai demain , s'il revient de Versailles ,
Est dans les moyennes grosseurs ;
Son habit, de poil et d'e'cailles,
Offre différentes couleurs :
Il a le ventre bleu, le dos d'un jaune pâle,
La tête d'un rouge carmin , Les nageoires café , les pâtes gris de lin j Nulle mauvaise odeur de son corps ne s^e&hale j Il est apprivoisé , sobre , vif et malin j , Mais , ce qui surprendra toujours le genre humaini En voyant les auteurs de ce monstre marin.
C'est que la carpe soit le mâle
Et la femelle , le lajîin
Tel est cet animal venu de l'Arabie
Et que je montre , en vertu d'un permis,
A l'honorable compagnie.
Si vous êtes contens de moi dans ce pays.
Messieurs et dames , je vous prie
D'en faire part à yos amis.