UN MOT DE MILTON
CHAcuîf sait que Milton , d'immortelle mémoire , Dans l'âge où Thommesent encorles feus d'amour , Fut à jamais privé de la clarté du jour.
Déjà pour lui, si l'on en croit l'histoire , L'Hymen avait deux fois allumé son flambeau , Et déjà sommeillaient dans la nuit du tombeau Deuxfemmes dont l'amour, toujours pur , toujoursbeau. Avait fait jusque-là son bonheur et sa gloire. Milton voulut une troisième fois Serrer les nœuds du mariage ; y si ad
Soudain l'espiègle dieu s'arma de son carqaois , Et le petit aveugle et le grand firent choix D'un tendre objet, paré des charmes du bel âge j Mais l'on n'est pas toujours heureux dans son ménage j ! Et la femme qu'il prit pour embellir ses jours , Ne fit qu'en abréger le cours , Par son humeur et méchante et volage.
Un jour certain milord , tout rempli de fadeurs, Qui faisait à l'Hymen de fréquentes rapines. Comparait cette belle à la reine des fleurs. « Je n'en puis, dit Milton , juger par les couleurs, M Mais j'en juge par les épiocs. »